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Infrastructures : les raisons du dernier recrutement d’Allen & Overy

La cabinet a accueilli en mars dernier Driss Bererhi, avocat-associé ayant une double casquette en infrastructures et financement. L'expert est en charge des nouveaux projets, domaine impacté par les choix des gouvernements.
Driss Bererhi
Driss Bererhi

Avant d’intégrer Allen & Overy en tant qu’associé, Driss Bererhi, a dû répondre à une méthode de recrutement très précise. C’est le bureau historique de Londres qui centralise ce type d’arrivées de hauts niveaux, lesquelles doivent ensuite être validées par tous les associés du cabinet d’avocats. Parmi les diverses fourches caudines à passer : celle des chasseurs de têtes, dont le rôle est de vérifier que les clients valideront ce choix. Par ailleurs, la maison s’est assurée qu’il y avait de la place pour un nouvel homme -ici expert en infrastructures et financement-, qui viendrait en appui des compétences déjà réunies au sein du bureau parisien. Mais au-delà de ce processus très normé et de la nécessité de justifier ce recrutement d’un point de vue business, c’est avant tout le prisme humain et la capacité des uns et des autres à fonctionner ensemble qui a été à l’origine de ce choix.

Le travail de Driss Brerhi -qui a notamment sévi au titre de partner depuis 2014 chez Bird & Bird- est suivi depuis de nombreuses années par les avocats de son secteur, à savoir celui des infrastructures. Le chemin du nouvel entrant a ainsi croisé dès 2006 celui de Romaric Lazerges, associé en charge du département de droit public et droit de l'environnement du bureau de Paris, dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPE) pénitentiaire. « L’adhésion aux valeurs du cabinet est fondamentale, notamment notre approche très collaborative. C’est pourquoi on promeut beaucoup en interne. Lorsque nous faisons des recrutements latéraux, il peut y avoir un risque que la personne n’adhère pas au fonctionnement collégial. Avec Driss, on savait ce risque minime », explique Romaric Lazerges. L’œuvre du nouvel associé a également pu être jaugée par Roderic Cork, qui a une casquette plus bancaire. « En tant que spécialiste de financement, Roderic pouvait apprécier sa technique et savoir ce que les clients pensent de lui », ajoute Romaric Lazerges.

Driss Bererhi ne remplace personne chez Allen & Overy. Il vient compléter le panel d’expertises, et est attendu sur le segment des projets entièrement nouveaux (dit « greefield »). « Nous avions déjà des spécialistes en droit public et en M&A mais il nous manquait encore un associé financement entièrement dédié au secteur infra/énergie. Nos clients notamment français estimaient qu’il y avait un petit ‘gap’ dans notre offre », explique encore Romaric Lazerges. Driss Bererhi fait notamment partie des avocats à avoir planché sur la ligne à grande vitesse Bordeaux-Paris, inaugurée en février dernier. Un projet titanesque qui a coûté près de 8 milliards d’euros et dont le nombre d’acteurs autour de la table en faisait un dossier complexe.

Si entre 2004 et 2014, les partenariats publics-privés de ce type ont fleuri, le recours à ces montages n’a pas toujours été compris par le contribuable ni soutenu par le gouvernement socialiste. « Le secteur des infrastructures est cyclique. Aujourd’hui, il y a moins de projets greenfields mais ceux qui sont en cours font néanmoins l’unanimité, comme l’investissement dans le très haut débit, et ne devraient pas être remis en cause par la présidentielle », rapporte Driss Bererhi. D’autres projets seront, eux, beaucoup plus dépendants du prochain locataire de l’Elysée, comme les plans pour les prisons, les hôpitaux ou encore les universités. « Aujourd’hui, nous travaillons plus sur des reventes d’actifs infra/énergie et/ou régulés, et des refinancements de projets etc. », précise Driss Bererhi.

Outre, les infrastructures, Allen & Overy veut conserver sa place de cabinet full service de référence qu’il s’est faite ces 20 dernières années à Paris. Pour ce faire, la maison réfléchit à l’après Aurélien Hamelle, qui a rejoint récemment Total après avoir passé deux ans chez eux en qualité d’associé en charge du droit pénal des affaires. Paris est également l’une des portes d’entrée du cabinet vers l’Afrique. « Les fonds français et les industriels vont chercher la croissance là où elle est, comme en Afrique. Allen & Overy est très présent sur le continent les synergies sont donc évidentes », conclut Driss Bererhi.

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