AccorHotels : un conseil d’administration aux multiples visages
Le conseil d’administration d’AccorHotels a évolué ces dernières semaines. Nicolas Sarkozy, ex-Président de la République, est devenu administrateur, tandis que Sheikh Nawaf Bin Jassim Bin Jabor Al-Thani, président du conseil d'administration de Katara Hospitality, a été coopté. Il remplace Ali Bouzarif, directeur des investissements de Katara Hospitality. Il s’agit du deuxième représentant Qatari, puisqu’un homme du ministère des Finances de l’Emirat y siège également. Pour mémoire, la Qatar Investment Authority détenait au 31 décembre 2016 10,36% du capital. Ce qui en fait le deuxième actionnaire du groupe.
En revanche, la société chinoise, Jin Jiang, présente à hauteur de 12,56% du capital, n’a toujours pas de représentant. Le groupe d'hôtellerie rappelle que l'investisseur n'a pas émis de demande en ce sens et que si cela était le cas, celle-ci serait bien évidemment examinée. Néanmoins, il se murmure que la firme de l’Empire du Milieu cravache pour s’imposer. La nomination de Nicolas Sarkozy, proche du PDG Sébastien Bazin, ne serait d’ailleurs pas totalement indifférente à ces tractations, qui pourraient déboucher, faute d’un accord, sur une montée au capital des Chinois. « L’objectif d’AccorHotels est de faire peur à l’actionnaire Chinois et éviter qu’il ne monte trop au capital. C’était cela tout l’enjeu de ce recrutement. Mais c’est faire peu de cas des Chinois que de croire qu’avec Nicolas Sarkozy ils vont renoncer à monter au capital », explique une consultante.
Autre arrivée notable de ces derniers temps : celle de la nouvelle administratrice référente et vice-présidente, Iris Knobloch. Docteur en droit et diplômée de l’Université Ludwig-Maximilians de Munich ainsi que de l’Université de New York, elle est avant tout une spécialiste des médias et du divertissement. Elle préside aujourd’hui Warner Bros. Entertainment France, société dans laquelle elle a occupé diverses fonctions pendant 18 ans, après avoir exercé dans des cabinets d’avocats. Iris Knobloch a remplacé Philippe Citerne, qui a été administrateur d'AccorHotels durant 12 ans. Douze-ans correspondant au seuil du nombre d’années à ne pas dépasser.
Heureusement pour le groupe hôtelier, Philippe Citerne continue de garder un pied dans le board, puisqu’il en est devenu censeur. Il fait ainsi partie des grands pontes du board qui peuvent distiller leurs précieux conseils à la société, comme Jean-Paul Bailly, président d’honneur du groupe La Poste. On retrouve également d’autres personnalités de taille, comme Patrick Sayer, président du directoire d’Eurazeo (société également présente au capital) ou Bertrand Meheut, administrateur indépendant et vice-président de SFR.
Sébastien Bazin a également misé sur des profils plus jeunes pour parfaire ce conseil d’administration très hétéroclite. Il a appelé à ses côtés Vivek Badrinath, regional CEO Africa, Middle East, Asia-Pacific de Vodafone Group. Ce dernier est également l’ancien patron du digital et du marketing d’AccorHotels, société qu’il a quitté l’an dernier. Il peut ainsi suivre la stratégie qu'il a initiée. Parmi les hommes d’AccorHotels, on note également la présence de Iliane Dumas, administratrice représentante des salariés et chef du projet Filières au sein de la direction Talent & Culture.
Enfin, des figures d’autres sociétés siègent au conseil. C’est le cas de L’Oréal, avec Sophie Gasperment, DG, communication financière et prospective stratégique et de Mercedes Erra, présidente exécutive de Havas Worldwide. Moins expérimentée, Isabelle Simon, est secrétaire générale et membre du comité exécutif de Thales. Elle a notamment fait partie des nominations permettant au groupe de respecter le quota de 40% de femmes prévu par la loi (41% ici). Sarmad Zok, PDG de Kingdom Hotel Investment et executive board director de Kingdom Holding Company ainsi que Qionger Jiang, directrice générale et artistique de Shang Xia, font partie des étrangers du conseil. Pour terminer, la brillante Natacha Valla, chef de la division politique économique et stratégique à la Banque européenne d’investissement, clôt le bal. Elle a une expérience publique et privée prisée par les grands groupes est est présente au conseil de LVMH.
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