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Départ évoqué du patron Volkswagen: en écho avec Deutsche Bank

Volkswagen a annoncé mardi qu'il pourrait remplacer son président du directoire, Matthias Müller, dans le cadre d'une évolution de sa structure de direction. Celui qui a pris les rênes de l'entreprise au pire moment a connu les affres d'un scandale.
Volkswagen
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En 2015, il a quitté l'un des fauteuils les plus confortables du monde de l'automobile, à savoir la présidence de la marque Porsche, pour récupérer le pire d'entre eux en plein "dieselgate". L'actuel président du directoire de Volkswagen, Matthias Müller, serait aujourd'hui sur le départ. Le groupe "étudie une évolution future de sa structure de direction, qui serait également associée à des changements au sein du directoire", a fait savoir la firme hier via un communiqué. Le conseil de surveillance doit se réunir vendredi, jour où le couperet pourrait tomber. Et c'est le nom de Herbert Diess, patron depuis 2015 de la marque Volkswagen - plus grande contributrice au chiffre d'affaires du groupe -, qui est évoqué pour remplacer Matthias Müller.

Ce changement de têtes fait écho à celui annoncé dimanche par Deutsche Bank, qui se sépare de son patron arrivé en 2015 en pleine tempête, soit la même année que le dirigeant du constructeur automobile. Ces évolutions résonnent d'autant plus fort que les deux groupes sont des piliers de leurs secteurs en Europe, et sont tous deux Allemands. Si les départs ont un recto nuageux, le verso semble plus appréciable puisque la Bourse a accueilli positivement les nouvelles. Le titre Deutsche Bank a gagné 4,23% à l'ouverture lundi dans le sillage du communiqué, tandis que le cours de Volkswagen a clôturé hier à plus 4,46%.

Autre élément comparatif, dans ces deux dossiers qui ont également des différences, les patrons sont arrivés dans des moments très difficiles pour l'entreprise et n'ont pas fait de réelles vagues supplémentaires. Du côté de Deutsche Bank, ce sont les tensions au sein des hautes sphères de l'établissement sur son avenir qui ont été évoquées ainsi que les trois années de pertes consécutives affichées par la banque. Pour Volkswagen, le quotidien Bild affirme que les principaux actionnaires, les familles héritières Porsche-Piëch détentrices de 52% des droits de vote, ont "planifié ce changement depuis plusieurs mois" en tenant informé le président du conseil, Hans Dieter Pötsch. Si sur le plan financier le groupe se porte bien, le dossier du "dieslgate" n'est pas encore refermé par les justices américaine et allemande et les problèmes de culture d'entreprise pas entièrement contenus. Contrairement à John Cryan qui est arrivé de l'extérieur chez Deutsche Bank, le nom de Matthias Müller est évoqué dans le scandale des moteurs truqués.

Qui devrait remplacer Matthias Müller ? Un professionnel de la réduction de coûts, qui ne craint pas le conflit. Sous la houlette de Herbert Diess, la rentabilité de marque VW a plus que doublé en 2017 grâce à la réduction des investissements en recherche et développement, à la baisse des coûts de production et la hausse des ventes de SUV, véhicules à plus forte marge. Le patron pressenti est un ancien de BMW. "Les investisseurs apprécieront son solide bilan et sa compréhension de la mobilité 2.0", a expliqué Arndt Ellinghorst, analyste d'Evercore ISI, rapporte Reuters. "Pour faire court, nous ne voyons pas de meilleure alternative (...) pour préparer le groupe à l'avenir en soldant certaines activités anciennes et en réalisant les bons investissements dans les technologies."

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