Les femmes en finance : toujours aussi peu nombreuses y compris aux US
CFA Society France, l’association des professionnels de l’investissement, vient de renouveler pour la deuxième fois le mandat de Myriam Ferran qui s’est fixée une série de priorités pour les mois à venir : « Nous allons continuer à promouvoir la place des femmes dans le secteur financier en France à la fois en connectant nos membres entre elles et en rencontrant les jeunes étudiantes qui sont à l’heure des choix de carrières. Nous nous appuierons sur nos liens forts avec les Universités et Grandes Ecoles en France pour partager nos expériences et montrer un visage plus féminin du secteur. C’est un sujet important en France et ailleurs ».
C’est dans cet esprit que le CFA Institute, dont CFA Society France est un affilié, vient de réaliser une importante étude sur le thème de la diversité et du poids des femmes dans les métiers de la finance. « En France, 21% de nos membres certifiés sont des femmes et nous souhaitons que cela continue de progresser », précise Myriam Ferran.
Si l’on regarde dans le monde, il est intéressant de noter que dans certains pays, la féminisation du travail ne va pas forcément de pair avec la proportion de femmes au sein du CFA Institute local, démontrant le déficit d'image et d'attrait de la profession financière chez le « sexe faible ». C’est donc le cas en France, dans la plupart des pays européens, au Canada (avec seulement 19,7% de membres féminins face à un marché du travail quasiment à parité), aux Etats-Unis (16,4%), en Hongrie (13%), au Brésil, en Argentine (10%) et au Japon (9%). A noter, à l’inverse, que la proportion de femmes financières est plus importante que celle de la féminisation du travail en Egypte et au Liban. En queue de peloton, on retrouve logiquement des pays peu ouverts à l’émancipation des femmes : le Qatar et l’Arabie saoudite avec 5 et 3% de femmes certifiées CFA mais pour une population féminine au travail guère plus importante.
L’étude s’est ensuite intéressée aux différents profils des membres en fonction de leur genre. L’âge moyen est de 42 ans pour les femmes et 41,7 ans pour les hommes. Elles sont à 45% détentrices d’un bachelor, contre 38,7% pour eux. En revanche, ils sont plus nombreux à être à avoir master en poche (57%) que leurs homologues féminins (52%). Ils sont mariés à 79,4% (71,7% pour elles) ; elles sont divorcées à hauteur de 6,4% (2,5% pour eux) et elles sont à 20,4% célibataires contre 17% pour leurs homologues masculins. Détail particulièrement révélateur : 56% d’entre elles n’ont pas d’enfant contre 46% pour les hommes.
Autre statistique venant corroborer un phénomène déjà bien vérifié : les femmes décident de leur orientation professionnelle bien avant les hommes. Elles sont 40% à être fixées entre 18 et 21 ans (contre 36% pour les hommes) qui sont plus nombreux à le faire entre 22 et 26 ans.
Enfin, du côté des postes à responsabilité, 52,8% des femmes en disposent d’un, proportion qui monte à quasiment 60% chez les hommes. Si l’on prend en compte l’ensemble des membres du CFA Institute, elles sont seulement 9,8% à occuper un poste de CEO, 10,2% la fonction de CIO ou 11% à être directrice financière.
Enfin, l’étude a regardé quelle perception avaient les clients (institutionnels ou particuliers) de la mixité au sein des équipes. Parmi les membres du CFA Institute, la mixité est vécue comme un vecteur susceptible de doper la performance des investissements en raison de la multiplicité des points de vue. Chez les investisseurs particuliers ou institutionnels, ils n’y voient, en revanche, aucun avantage particulier.
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