Boards : la diversité appelle la diversité
Les entreprises dirigées par des femmes -qu’elles soient CEO ou présidente du conseil- ont près de deux fois plus de représentantes du sexe féminin dans leurs boards que les sociétés menées par des hommes. Cette conclusion est tirée du rapport de Deloitte, publié hier, sur la place des femmes dans les conseils d’administration. Les auteurs, qui ont analysé les données dans 64 pays, notent que le sexe dit faible est présent à hauteur de 29% dans les firmes conduites par des Eve, contre 15% pour celles qui ont à leur tête un Adam.
Le rapport a mesuré les efforts d’une année sur l’autre. Au niveau mondial, le taux de féminisation des conseils est de 15%, soit une augmentation « modeste » par rapport à l’édition de 2015 (12%). Sans surprise, c’est un pays du Nord qui remporte la palme des bonnes pratiques, puisque la Norvège fait état d’une proportion de 42%. La France -où la loi Copé-Zimmermann impose des quotas- n’a pas non plus à rougir, avec un taux de 40%. Ce qui lui permet d’être à la deuxième place, devant la Suède (32%) et l'Italie (28%). A titre de comparaison, le Royaume-Uni est 12ème (20%, contre 15,6% auparavant). Le pays à avoir enregistré la plus belle progression est la Nouvelle-Zélande. Le taux d’administratrices y est passé de 18% à 28% sur les périodes étudiées et celui de présidentes du conseil de 5% à 11%.
Dans le détail pour l'Hexagone, le rapport s'est penché sur le SBF 120. Seulement, 2,7% des conseils sont présidés par la gent féminine et 1% des CEO sont de sexe féminin. A noter également que 354 sièges d'administrateurs sont occupés par des administratrices. Deloitte s'est aussi intéressé aux différents comités. On apprend que les femmes représentent 36% des membres des comités d'audit, 32% des comités de rémunération, 29% des comité de nominations ou encore 45% des groupes qui se consacrent aux risques. Autre enseignement : ce sont dans les services financiers que le sexe féminin est le mieux loti, avec un taux de présence dans les conseils de 42%.
« Alors que les organisations gèrent les changements technologiques et sociétaux qui conditionnent le travail futur, les boards vont avoir un rôle fondamental à jouer. La diversité de pensée et de personnes va être critique pour s’assurer que les administrateurs explorent les défis sous tous les angles et apportent sans cesse un nouveau point de vue », explique Nick Owen, président de Deloitte North West Europe.
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