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Le géant financier US qui a décidé de se battre pour la mixité des boards

State Street Global Advisors, troisième plus gros gérant d’actifs au monde, demande aux 3 500 entreprises dont il est actionnaire d’œuvrer pour plus de mixité dans les boards. Il a installé une statue en bronze de fille face au fameux taureau de Wall Street, à New York.
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Au milieu de la cohue du Financial District, à New York, les financiers pressés ont été surpris de trouver mardi matin la statue en bronze d’une fille effrontée et judicieusement placée face au fameux « taureau » de Wall Street, qui symbolise la force du rallye boursier. Cette œuvre est accompagnée d’une inscription au sol : « connaître le pouvoir des femmes leaders ». Cette icône a été installée la veille de la Journée Internationale de la Femme par le géant financier américain, State Street.

Et la firme a accompagné ce symbole d’un geste fort : sa filiale de gestion d’actifs State Street Global Advisors, numéro trois mondial avec 2 500 milliards de dollars sous gestion, a indiqué qu’elle allait prendre des mesures pour inciter les sociétés à intégrer plus de femmes au sein de leurs conseils d’administration, et voter contre les nominations si les sociétés ne montrent pas d’efforts dans ce sens. L’investisseur, qui se spécialise dans les fonds indiciels passifs, ne compte pas imposer de quota, mais sanctionner les entreprises qui ne justifient pas qu’elles n’ont pas pu recruter de femmes dans leurs conseils.

« Il y a eu beaucoup de discussions sur ce sujet, mais la tendance n’a pas vraiment changé », a ainsi déclaré Lori Heinel, deputy chief investment officer chez State Street. L’investisseur ne veut pas se montrer radical : « nous n’allons pas voter systématiquement contre la société, mais nous voulons nous assurer que des mesures concrètes et tangibles sont prises », ajoute-t-elle. Selon Ronald O’Hanley, CEO de State Street Global Advisors, le groupe veut également que les sociétés qu’il finance, qui représentent plus de 30 000 milliards de dollars de capitalisation boursière, identifient les problèmes de procédures qui conduisent à un manque de femmes au sein des boards.

Les chiffres corroborent ce point de vue. Selon une étude faite auprès de 882 sociétés et publiée par PwC en octobre dernier, les femmes représentent seulement 20% des membres des conseils d’administration parmi le S&P 500. Et les sondés (qui étaient à 83% des hommes) sont plutôt satisfaits du statu quo : 43% d’entre eux estiment que la part optimale de femmes dans les boards est de 21 à 40%, soit la même proportion que pour ceux qui se prononcent pour une part de 41 à 50%. Cela alors même que les sociétés du Fortune 500 qui ont la plus importante part de femmes administrateurs ont historiquement atteint des performances financières nettement supérieures, en moyenne, que celles avec une plus faible représentation de femmes, selon les données de Catalyst.

Surtout, les femmes croient en la diversité et la promeuvent plus activement. Selon cette même étude de PwC, 93% des femmes sondées pensent qu’il existe suffisamment de candidats pour les boards du S&P 500, tandis que seuls 64% des hommes partagent cet avis. Enfin, le système souffre d’un cercle vicieux : les conseils d’administration cherchent leurs nouveaux membres parmi les CEO ou anciens CEO de grandes entreprises. Mais étant donné que seuls 4% des CEO du S&P 500 sont des femmes, cela limite leur choix à des hommes la plupart du temps. « Pour trouver des candidats plus diversifiés, les boards devront chercher ailleurs. Il y a souvent de nombreux candidats non sollicités, hautement qualifiés et diversifiés juste au-dessous des CEO – des personnes qui conduisent des stratégies, dirigent de grands pans d’activités et fonctionnent comme des CEO », préconise PwC.

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