Le patron de Sika dirigera LafargeHolcim
LafargeHolcim n’aura pas mis longtemps à trouver le successeur d’Eric Olsen, le patron du cimentier contraint à la démission dans le cadre de l’enquête menée sur le rôle de Lafarge en Syrie. Et la personnalité choisie en dit long sur le nouvel équilibre des forces franco-suisses (même si l'intéressé est de nationalité allemande) : il s’agit de Jan Jenisch, jusqu’à présent directeur général de l’entreprise suisse Sika et véhément opposant à l’arrivée de Saint-Gobain aux manettes de cette société de chimie de spécialité.
Eric Olsen, un ancien de Lafarge de nationalité franco-américaine laisse donc la place à un Suisse. Arrivée qui fait suite, en outre, au départ de Bruno Lafont, celui-ci n’ayant pas demandé à voir son poste d’administrateur et vice-président renouvelé. Bouleversements managériaux largement provoqués par l’attitude du cimentier en Syrie mais aussi par le conseil d’administration, bien décidé à remanier les cartes. Pendant ce temps, il est toutefois intéressant de remarquer que le groupe se porte bien, comme en témoignent les derniers résultats publiés : l'Ebitda opérationnel retraité a atteint, au terme du premier trimestre, 801 millions de Francs Suisses. En données comparables, il a progressé de 14,5%, tiré notamment par la croissance organique soutenue du chiffre d'affaires qui a, lui, augmenté de 5,3% à 5,63 milliards de FS.
Le choix de Jan Jenisch est manifestement très bien perçu par les marchés, le titre LafargeHolcim bondissant de plus de 7% ce matin à la Bourse de Paris et de Zurich. Investisseurs et analystes applaudissent, de toute évidence, la célérité avec laquelle le conseil d’administration a réussi à s’entendre pour trouver le nouvel homme fort du groupe. Jan Jenisch a rejoint Sika en 1996, où il a occupé diverses fonctions de management dans différents pays. En 2004, il a été nommé membre du Management Board en tant que responsable de la division Industrie. De 2007 à 2012, il a assumé la fonction de président Asie-Pacifique. Il a fait ses études en Suisse et aux Etats-Unis et est titulaire d’un MBA de l’université de Fribourg, en Suisse. Il est administrateur non exécutif de la société cotée Schweiter Technologies SA ainsi que de la société privée Glas Troesch SA.
Cette arrivée rebat, en parallèle, les cartes de la lutte opposant les dirigeants et actionnaires de Sika à Saint-Gobain. Jan Jenisch était effectivement à la tête de la fronde organisée par l’entreprise suisse pour s’opposer à l’arrivée du Français. Son départ ne va-t-il pas affaiblir cette position ? L’action Sika, perd, elle, plus de 2% ce matin, même si l’entité suisse a tout de suite indiqué qu’elle avait déjà nommé un nouveau directeur général en la personne de Paul Schuler, directeur régional de Sika pour l'Europe, l'Afrique et le Moyen-Orient. A voir maintenant, si d’autres remaniements vont avoir lieu chez LafargeHolcim à la lumière d’autres conclusions des enquêtes.
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