Essilor/Luxottica se cherche déjà un nouveau patron
Comme Xavier Rolet, le patron de la Bourse de Londres qui avait prévu de partir dans l’hypothèse où le mariage avec son homologue allemand aurait été scellé, le PDG d’Essilor, Hubert Sagnières, a expliqué ce week-end au Financial Times qu’il entendait tirer sa révérence dès que son rapprochement avec Luxottica serait officiellement enclenché. Sans donner de calendrier précis, il a quand même lancé l’idée d’aller chercher à l’extérieur un nouveau CEO pour diriger l’ensemble, s’estimant « trop vieux » pour rester aux manettes. Longtemps dirigé par Xavier Fontanet le groupe de verres correcteurs a vu arriver Hubert Sagnières (62 ans) dès 1989 où il a occupé de nombreux postes avant d’être nommé directeur général en 2010 puis PDG à partir de 2012.
En attendant de trouver la perle rare, le leader d’Essilor mais aussi l’actionnaire principal de Luxottica, à savoir le richissime Leonardo Del Vecchio continueront, bien-sûr d’assurer leurs responsabilités. L’Italien est bien connu des Français pour être actionnaire de Foncière des Régions, l’une des principales sociétés immobilières cotées hexagonales. Leonardo Del Vecchio (81 ans) est réputé pour être attentif à ses actifs sans être omniprésent. Et lorsque le besoin se fait sentir, il est prêt à remettre au pot.
Dans le deal signé entre les deux groupes, il était d’ailleurs prévu que même si c’est Essilor qui lance l’OPE sur Luxottica, ce soit l’italien qui obtienne la plus importante participation (31 à 38%) et la présidence du nouvel ensemble, Hubert Sagnières obtenant le poste de vice-président. Mais clairement, il était établi dès le début que l’opération serait l’occasion pour l’un comme pour l’autre d’organiser leur succession. Le nouvel homme fort devra toutefois être adoubé par les deux parties. Ce qui prendra, effectivement, peut-être du temps.
En attendant, le closing de la transaction risque de prendre plus de temps que prévu, la Commission européenne ayant décidé de suspendre le 25 octobre dernier son enquête sur le projet de fusion entre les deux groupes. Apparemment, ces deux géants de l’optique n’ont pas fourni les informations qu’elle demandait. Du coup, le lancement de l’OPE initialement prévu d’ici à la fin de l’année n’aura très certainement pas lieu. Essilor comme Luxottica se disent toutefois sereins sur l’issue du deal compte tenu de son indéniable intérêt stratégique. Le compte-à-rebours a d'ailleurs repris le 8 novembre, puisque les parties ont apportés les documents réclamés par Bruxelles.
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