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Les cyberfraudes de plus en plus sophistiquées
Pour la quatrième année consécutive, Euler Hermes, le spécialiste de l’assurance fraude, et la DFCG, l’Association des directeurs financiers et des contrôleurs de gestion, ont interrogé trois cents directions financières sur leur exposition, leur ressenti et leurs mesures de prévention face aux différentes facettes de la fraude.
Si en 2016, 8 entreprises sur 10 déclaraient avoir été victimes d’une tentative de fraude, elles sont 7 sur 10 à avoir été visées par une attaque en 2017. Ce qui pourrait paraître comme une amélioration ne l’est en fait pas, puisque 30% des entreprises interrogées ont été victimes d’au moins une fraude avérée en 2017, contre seulement 25% en 2016. "Les pirates tentent moins, mais avec un meilleur taux de réussite dans leurs démarches frauduleuses", notent les auteurs de l’étude, qui ajoutent qu’aujourd’hui, "les fraudeurs disposent de technologies qu’ils maîtrisent parfaitement, et mènent des enquêtes approfondies sur leurs cibles potentielles, dont ils savent décrypter l’organisation".
Une entreprise interrogée sur trois déclare ainsi avoir constaté une recrudescence des tentatives de fraude en période de vacances ou de week-end. Les fraudeurs savent qui, comment et quand attaquer pour optimiser leur chance de succès.
La mode de la fraude au « faux président » est passée. Alors qu’elle occupait la tête du classement des tentatives de fraude les plus courantes l’an dernier, elle recule au 4ème rang, citée par 42% des répondants. La fraude au « faux fournisseur » prend la 1ère place (54%), l’usurpation d’identité arrive en deuxième place avec 50%, les « faux banquiers, avocats ou commissaires aux comptes » se classent 3ème (43%) et les « faux clients » clôturent le top 5 (35%).
Si 70% des directions financières interrogées craignent encore une accentuation du risque en 2018, 73% d’entre elles jugent pourtant leur dispositif de protection contre la fraude satisfaisant ou très satisfaisant. Quels moyens mettent-elles en œuvre en ce sens ?
Signe encourageant - ou inquiétant, cela dépend comment on le prend : « L’étude montre que c’est le collaborateur, dans une réaction ou une initiative personnelle qui, dans un cas sur deux, a permis de déjouer les tentatives de fraude externe », remarque Bruno de Laigue, président de la DFCG. Les procédures de contrôle interne n’arrivent qu’en deuxième place et, loin derrière, les dispositifs de sécurité des systèmes d’information. Un podium qui démontre bien à quel point la mise en œuvre d’un dispositif structuré, informatisé n’est pas encore le plus efficace. « Ces chiffres appellent clairement à continuer d’investir sur l’intelligence des collaborateurs, tant par la sensibilisation que par les procédures, mais tout autant à investir massivement en sécurité IT. »
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