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Le Japon recalé
Les « Abenomics », cet ensemble de réformes structurelles conjuguées à une politique monétaire et budgétaire accommodante instaurées en décembre 2012 par le nouveau premier ministre japonais, ne sont visiblement pas la panacée pour le Japon, qui vient d’être dégradé d’un cran par la troisième des principales agences de notation. Ainsi, après Moody’s et Fitch qui avaient respectivement abaissé la note du pays en décembre 2014 et avril dernier, S&P vient à son tour de descendre la note du Japon de AA- à A+. L’OCDE a d’ailleurs abaissé les prévisions de croissance du pays de 0,1 point pour cette année à 0,6% et de 0,2 point pour 2016 à 1,2% par rapport à ses anticipations de juin dernier, preuve que les agences tout comme les institutions ne sont pas très confiantes dans la capacité du pays à reprendre le large.
S&P souligne tout d’abord la baisse du revenu moyen des japonais, passé de 47 000 dollars annuels à 36 000 dollars entre 2011 et 2014, reflétant certes la dépréciation du yen par rapport au dollar mais surtout une hausse faiblarde du PIB et une situation proche de la déflation. « Malgré des débuts prometteurs, nous pensons que les Abenomics ne seront pas en mesure d’inverser la tendance dans les deux à trois ans à venir », explique l’agence dans sa note.
Si l’agence souligne cependant la force du système institutionnel et de gouvernance du pays qui lui assure une certaine stabilité politique et a notamment permis aux autorités de faire accepter aux citoyens un programme de réformes ambitieux, la lenteur de la mise en œuvre des mesures est dommageable. Le pays souffre également d’une population vieillissante et d’un niveau de prix extrêmement faible. En revanche, la situation extérieure du pays est bonne notamment grâce à une devise qui reste une monnaie de réserve reconnue et stable ainsi qu’un système financier stable et une liberté de circulation des capitaux, et enfin un marché des capitaux liquide et important.
Les japonais continuent d’être largement excédentaires en épargne, à la différence de l’Etat dont la dette devrait atteindre 135% du PIB e 2018 contre 128% cette année. Et c'est là l'une des grandes faiblesses du pays que pointe du doigt S&P. Certes, cette hausse de la dette publique résulte en partie des dépenses relatives à l’accident de Fukushima, mais elle est surtout due à la hausse continue des dépenses de sécurité sociale nécessaires pour faire face au vieillissement de la population. L’agence regrette du coup que la seconde hausse de la TVA, initialement prévue pour le mois prochain et qui aurait permis de faire rentrer des nouvelles recettes dans les caisses de l’Etat, ait été décalée à avril 2017. Si pour l’instant le très fort endettement du pays n’est pas trop douloureux puisque la BoJ a acheté une grande partie des obligations japonaises (elle en détient 30%), ce qui a permis de maintenir les taux relativement bas, la facture pourrait être douloureuse lorsque la banque centrale resserrera sa politique monétaire, conclut S&P.
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