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Gouvernance - rémunérations / Banque-assurance / Fonds d'investissement

Les Zinzins comptent doubler leurs investissements dans l'ESG

Selon une enquête menée par BNP Paribas Securities Services, les investisseurs institutionnels comptent accroître la place des critères ESG dans leur stratégie d'investissement d'ici deux ans. Le manque de données détaillées sur le sujet ainsi que la difficulté à en mesurer l'impact sur leur rendement freinent cependant les zinzins.
BNP Paribas
BNP Paribas

La Cop 21 de décembre 2015 a visiblement permis d'instiller les critères ESG chez les acteurs de la finance, qui sont de plus en plus nombreux à les prendre en compte dans leur stratégie d'investissement. Ainsi, selon une enquête menée par les équipes de BNP Paribas Securities Services auprès de plus de 450 investisseurs institutionnels mondiaux, représentant environ 5400 milliards de dollars d'actifs sous gestion, les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance font désormais partie intégrante de leur décision de portefeuille.

C'est ainsi le cas de 79% des asset managers et détenteurs d'actifs interrogés par la banque française. Les premiers ont même déclaré à 54% qu'ils souhaitaient que la moitié de leurs produits soient ESG d'ici deux ans, tandis que 46% des asset owners ont affirmé qu'ils comptaient investir la moitié de leurs actifs dans des fonds ESG d'ici 2019. Une belle progression puisque à ce jour, moins des 25% des produits des asset managers sont ESG (selon 40% des répondant de cette catégorie) tandis que moins de 25% des actifs des asset owners sont ESG compatibles (selon 45% d'entre eux). "Les deux prochaines années pourraient représenter un véritable tournant dans la façon dont les investisseurs sélectionnent leurs produits", explique ainsi Sid Newby, head of asset manager and  asset owner sale chez BNP Paribas Securities Services. "Il est désormais largement reconnu que le fait d'intégrer les critères ESG dans les décisions peut être bénéfique aux rendements". Ainsi, 72% de investisseurs interrogés estiment que c'est le cas, selon l'enquête, mais la plupart estime que le facteur environnemental est celui qui aura le plus d'impact sur leur portefeuille par rapport aux deux autres critères, sociétal et gouvernemental.

Les investisseurs interrogés ont cependant cité plusieurs facteurs les ayant jusqu'à présent découragé d'investir davantage dans l'ESG : le manque de données solides sur le sujet tout d'abord. Ainsi, selon Jean-Philippe Hecquet, analyste risque et performance au sein de la banque, il est encore très difficile d'obtenir des informations détaillées sur les émissions de gaz à effet de serre de scope 3 (le scope 3 regroupe toutes les émissions qui ne sont pas liées directement à la fabrication du produit, mais à d’autres étapes du cycle de vie du produit carbone). Selon l'analyste, le manque de data fiables rend également plus délicate la modélisation dans le temps de l'impact des critères ESG sur les portefeuilles. "Les asset owners souhaiteraient obtenir des informations plus uniformes géographiquement et entre les différents types d'actifs (obligataire, equity, dérivés...)", explique encore l'analyste. Les investisseurs sont cependant visiblement optimistes sur le sujet puisque seuls 15% d'entre eux estiment que la question des data sera encore un obstacle dans deux ans.

Autre difficulté fréquemment citée par les investisseurs,  le fait que l'ESG n'est pas encore une priorité pour le senior management de leurs équipes, une statistique qui vient ternir le tableau a priori optimiste fourni par l'étude de la banque française. 

Si l'enquête dresse donc un constat plutôt encourageant de la prise en compte des critères environnementaux, sociaux et gouvernementaux parmi les investisseurs, il faudra sans doute l'incitation des pouvoirs publics, voire la mise en place de normes contraignantes pour que les intentions des zinzins se réalisent. A ce titre, l'article 173 de la loi sur la transition énergique adoptée par la France, qui oblige les gestionnaires financiers à communiquer sur les risques climatiques des actifs qu’ils gèrent, à évaluer la part des actifs verts de leurs investissements et à définir leur stratégie de réduction de l’impact carbone de leurs actifs, pourrait servir d'exemple dans d'autres pays. La seule façon sans doute pour que les bonnes intentions des investisseurs mondiaux ne soient pas un simple voeu pieu. 

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