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"Piketty et Cie se trompent"
« Grèce : un nouveau poker à plusieurs milliards avec les créanciers peut débuter », prévient le Handelsblatt. Après le vote du parlement sur les nouvelles réformes, « il devrait y avoir des négociations rapides, mais pour Tsipras, les échanges avec les créanciers devraient être tout sauf simples. Nowotny [gouverneur de la banque centrale autrichienne] attise entre temps le débat sur un allongement des délais pour la dette grecque ». Jens Weidmann, président de la Bundesbank, estime de son côté que les pays ayant engagé des réformes pourraient bénéficier d'un report de la maturité de la dette de trois ans, si un plan de sauvetage auprès du MES a été demandé.
« Piketty & Co se trompent », affirme le ministère des Finances allemand, dans une tribune écrite par l'économiste en chef, Ludger Schuknecht, dans les colonnes du Süddeutsche Zeitung. « Même les meilleurs économistes semblent de temps en temps oublier ce qui constitue le fondement de la croissance et de la prospérité en Europe », affirme-t-il. « Autant l'UE que l'union monétaire sont des communautés de valeurs, autour de la stabilité, la solidarité et la coopération à égalité ». Et pour lui, la stabilité est la condition du bien-être. Ludger Schuknecht estime qu'il n'y a pas d'alternative aux réformes structurelles, qui ont déjà réussi aux Pays-Bas, à la Belgique ou à l'Italie. Il défend la chancelière Angela Merkel face aux critiques de Paul Krugman, Thomas Piketty et Jeffrey Sachs, insistant sur la nécessité de remettre la Grèce sur un pied d'égalité par rapport aux autres partenaires. « La dépendance à d'autres pays est humiliante », estime-t-il.
Dans une tribune sur le rôle de leader en Europe, le Frankfurter Allgemeine Zeitung affirme que « l'Allemagne ne doit pas se laisser intimider ». « L'Allemagne se donne du mal pour maintenir ensemble les pays européens – et se retrouve face à des forces opposées, qui utilisent l'histoire allemande comme munition », déplore l'article. Son auteur, le journaliste Klaus-Dieter Frankenberger, déplore de voir revenir « la question allemande » et des « grotesques comparaisons historiques » au sein de l'UE. Selon lui, la cause à cela réside dans le fait que le ministère des Finances allemand, pendant les négociations avec la Grèce, a évoqué la possibilité d'une rupture avec Athènes. Pendant longtemps, poursuit le journaliste, le pays s'était « caché derrière l'UE et l'OTAN ». Pourtant, « dans les faits, l'Allemagne est aujourd'hui le pays le plus puissant économiquement d'Europe, sa compétitivité a encore augmenté, ce qui continue d'augmenter le fossé avec la France. En conséquence, son poids politique a également augmenté, Berlin se positionne au centre des efforts internationaux pour reprendre en main la crise de la dette européenne ».
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