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Brexit : Theresa May sur le mode cadeaux de Noël
Theresa May est intervenue à la conférence annuelle de la plus grosse organisation patronale britannique, CBI, à Londres ce lundi matin. Dans son discours, elle a n’a pas hésiter à employer les grands moyens pour mobiliser le sentiment national britannique. “Nous avons plus de lauréats au prix Nobel que n'importe quel autre pays après les États-Unis, mais trop souvent nos grandes idées finissent par être commercialisées ailleurs, a-t-elle déclaré. Nous avons des secteurs et des entreprises de rang mondial, mais l'investissement global des entreprises et des gouvernements reste inférieur à nos concurrents.” D’où son intention d’inverser la tendance par des mesures chocs.
Pour cela, comme déjà annoncé début juillet, le Royaume-Uni entend mettre en place une politique fiscale particulièrement attractive. L’objectif étant de proposer le taux de fiscalité pour les entreprises le plus faible des pays du G20 : moins de 15% contre 20% actuellement. Cette attractivité basée sur une faible imposition, qui fait le succès de son voisin irlandais, doit permettre de limiter l’exode tant redouté des grandes entreprises.
Dans son discours de ce matin, le Premier Ministre britannique n’a pas caché son plaisir d’annoncer quelques projets industriels susceptible de créer des emplois : « Nous avons déjà reçu des soutiens massifs qui montrent la confiance des sociétés parmi les plus innovantes ». Et de détailler une multitude d’exemples. Le secteur automobile s’affiche en première ligne. Ainsi le chef du gouvernement britannique a rappelé la décision de Nissan de construire deux nouveaux modèles dans son usine du Nord-Est du pays, assurant 7 000 emplois sur le site. Il a aussi mis en avant l’investissement de 500 millions de livres sterling de Jaguar Land Rover, soit 3 000 emplois supplémentaires. Il a aussi rappelé que Honda prévoyait d’investir quelque 200 millions de livres sterling. Le secteur des nouvelles technologies marque aussi son intérêt pour l’économie britannique. Après le milliard de livres sterling d’investissement de Google et 3 000 nouveaux emplois à la clé, c’est Facebook qui a annoncé ce matin l’augmentation de 50% des emplois au Royaume-Uni d’ici à la fin 2017, soit 500 postes, pour un effectif total de 1 500 personnes.
Mais la fiscalité n’est pas le seul levier que compte utiliser Theresa May. Elle entend aussi réduire à portion congrue les obligations des entreprises en termesv de gouvernance : “Bien qu'il soit important que les salariés et les consommateurs soient représentés, je peux vous dire catégoriquement qu'il ne s'agit pas de mandater des comités d'entreprise, ni de nommer directement des salariés ou des représentants syndicaux dans les conseils d'administration. Des entreprises peuvent trouver que ces modèles fonctionnent mieux pour elles, mais il existe d'autres voies qui utilisent les structures existantes, ou complétées par des conseils consultatifs pour s'assurer que tous ceux qui ont une participation dans une entreprise sont correctement représentés. Il s'agira de trouver le modèle qui fonctionne.”
Que faut-il comprendre derrière cette déclaration devant les chefs d’entreprises regroupés au sein de CBI et qui emploient quelques 7 millions de salariés ? Le Labour dénonce des avantages surdimensionnés aux élites super-riches. “Theresa May n'est pas en train de passer un gros contrat avec les entreprises, elle agit par pur désespoir, nuançait ce matin de son côté Susan Kramer, porte-parole du parti Libéral démocrate, avant le discours du chef du gouvernement britannique. Le Premier Ministre panique en réponse aux appels téléphoniques qu'elle reçoit d’entreprises lui disant que, dans deux ans, elles auront quitté le Royaume-Uni à cause des conséquences d’un Brexit dur.” De fait, Le Danemark vient de rejoindre la longue liste des pays européens qui annoncent des négociations dures alors qu’on pouvait penser qu’il serait parmi les plus modérés.
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