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Presse US : une élection volatile, le militant Mélenchon "rebat les cartes"

La presse américaine s’intéresse à la percée du leader d’extrême-gauche dans les sondages, qui crée de l'incertitude et fait trembler les marchés. L'ambiance délétère et les attaques entre candidats, sur fond d'affaires judiciaires, lassent de plus en plus.
Jean-Luc Mélenchon
Jean-Luc Mélenchon

« Les investisseurs ne savent plus à quoi s’en tenir. Ce devait être au départ un duel Le Pen-Juppé, puis Le Pen-Fillon et maintenant, c’est Le Pen-Macron », commentait Daniel Loughney, portfolio manager chez AllianceBernstein début février, lorsque le spread franco-allemand avait atteint un plus haut depuis 2013. Et aujourd’hui, la presse américaine souligne le nouveau « twist » qui vient d’avoir lieu dans cette élection hautement incertaine : Jean-Luc Mélenchon, qui est maintenant crédité de 18% des voix et a remplacé François Fillon comme troisième homme de la campagne. « De fortes performances pendant les débats télévisés et une capacité à rassembler des foules massives, avec ses promesses de hausses de salaires et de baisses du temps de travail, ont propulsé Jean-Luc Mélenchon à la troisième place dans certains sondages », analyse ainsi le Wall Street Journal, qui relève que le candidat « revêt une veste Mao » et « brouille les chiffres d’une campagne déjà erratique qui a mis en touche les partis politiques traditionnels ».

Ce dernier, qui a réuni 70.000 personnes à Marseille dimanche, compte capitaliser sur cette récente avancée avec un nouveau meeting demain à Lille. «Son message visant à restreindre les licenciements et prendre le pouvoir des actionnaires pour le donner aux ouvriers devrait résonner dans une région souffrant des fermetures d’usines et de la désindustrialisation », écrit encore le Wall Street Journal. Et, après avoir expliqué qu’il comptait taxer totalement les revenus supérieurs à 400.000 euros par an, offrir six semaines de congés et encourager la semaine de 32 heures – une aberration dans un pays qui n’offre que 10 jours par an - le journal finit par les mots d’un de ses partisans : « Il est celui qui dit la vérité ». Une réaction qui rappelle de manière frappante celle des Américains face à Donald Trump.

Si Emmanuel Macron semble pour l’instant pouvoir l’emporter face à Marine Le Pen, la montée de l’incertitude inquiète les marchés, et la presse américaine relève que la prime de protection contre la variation de l’euro-dollar à un mois a dévissé de -0,2% le 20 mars, à -4,3% mardi, le plus bas niveau depuis 2011. Ce qui signifie que les investisseurs sont prêts à payer plus pour protéger leur risque de change. Par ailleurs, le spread entre le Bund allemand et l’OAT français a de nouveau bondi à 77 pb, proche de son record de 86 pb début février, un niveau qui pourrait monter à 130-140pb si la BCE n’achetait pas des titres sur le marché, selon Daniel Loughney.

« Les faits et la fiction font de l’élection française un enjeu serré », titre un article de Forbes ce mardi, qui décrypte : « la vérité est victime de la guerre, et la même chose semble s’appliquer aux élections françaises qui prennent une dimension absurde. Cela rend difficile de prévoir le résultat entre les quatre principaux candidats d’autant que de nombreux électeurs indécis pourraient s’abstenir ». Le journaliste décrit comment François Fillon essaie de discréditer Emmanuel Macron en le surnommant « Emmanuel Hollande » ou via des posters non signés le représentant avec François Hollande. De son côté, ce dernier a affublé son adversaire de « François Balkany » en référence à ses affaires judiciaires, mais l’ex-Premeir ministre se défend en accusant un «cabinet noir » et juge que les sondages se trompent. « En d’autres mots, la campagne ne porte pas sur des programmes mais des dénigrements via les médias et réseaux sociaux ». « Ceux qui vérifient les faits travaillent plus pour rejeter ou vérifier les différentes déclarations des candidats, et parmi toutes  ces piques, les électeurs français entendent à peine les messages ce qui les exaspèrent. A seulement 12 jours du scrutin, 40% des sondés disent ne pas avoir pris de décision », prévient le journaliste.


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