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H-24 avant le texte de l'accord européen sur le Brexit

Les journaux britanniques ont amplement commenté les discussions des trois derniers jours entre David Cameron et les principaux représentants de Bruxelles. Donal Tusk devrait présenter d’ici à demain soir le texte de l’accord qui sera discuté au prochain conseil dédié au Brexit, le 18 février.
La City - Londres
La City - Londres

La photo de Donald Tusk sortant du Ten Downing Street hier soir, après une heure et demi de discussions avec le Premier ministre britannique, était en Une de nombreux journaux du pays aujourd’hui. Si David Cameron s’est montré confiant quant à l’issue des négociations, notamment sur la question des migrants, le président du conseil européen a préféré se donner 24 heures de plus pour négocier. Et ne devrait donc présenter le texte du compromis, initialement prévu pour ce soir, que demain mardi. Le document sera ensuite transmis à l’ensemble des Etats de l’UE avant le fameux sommet du 18 février, où le texte sera débattu entre les chefs européens.

Selon le think-tank Open Europe, le Premier ministre aurait obtenu de Donald Tusk le feu vert pour mettre en place un mécanisme de « frein d’urgence » concernant les aides sociales aux migrants, qui pourrait être appliqué dès le lendemain du vote sur le Brexit. L’une des requêtes les plus controversées de la Grande-Bretagne concerne en effet le gel pendant quatre ans des aides sociales à tous les nouveaux migrants arrivant sur le territoire britannique. Selon un haut responsable de Bruxelles cité par Open Europe, « la Commission a présenté un texte qui affirme clairement que les circonstances actuelles en Grande-Bretagne correspondent aux critères nécessaires pour déclencher le système de frein d’urgence ». Selon le Financial Times, l’équipe de Tusk devrait passer les 24 prochaines heures en France où le gouvernement est assez réservé quant à ce mécanisme relatif aux migrants, qui risque de remettre en cause, selon le gouvernement français, l’un des principes fondateurs du marché unique. Selon le Sunday Times, Tusk aurait également négocié avec les anglais la possibilité pour les parlements des Etats de mettre leur veto à toute proposition de loi européenne, si 60% d’entre eux y sont opposés. Ce qui donnerait davantage de poids aux législateurs nationaux des gros pays de l’UE, dont la Grande-Bretagne fait naturellement partie.

Les journaux se font également l’écho des différentes opinions de représentants britanniques sur l’appartenance de leur pays à l’UE. Le député conservateur Mark Pritchard, réputé pour son euroscepticisme et grand défenseur d’un vote sur le sujet, a retourné sa veste : dans une interview au Sunday Times hier, il a déclaré que la Grande-Bretagne devrait finalement rester dans l’UE : « que ce soit du point de vue de la sécurité intérieure de notre pays ou de la diplomatie internationale, la Grande-Bretagne et l’UE ont besoin l’une de l’autre. Dans un monde incertain, il est plus sûr pour notre pays de rester au sein de l’UE ». Le co-président des conservateurs britanniques, Steve Baker, a de son côté estimé que 50 à 70 parlementaires Tories feraient campagne pour le Brexit (David Cameron a demandé aux membres de son parti de ne pas prendre officiellement position tant que le texte de l’accord ne serait pas dévoilé).

Bloomberg cite pour sa part John Springford, chercheur au London’s Center for european Reform : « la stratégie de Cameron de négocier d’abord ses conditions de maintien dans l’UE puis de tenir un vote sur le sujet a été ressenti comme un pistolet posé sur la tempe par de nombreux Etats ». Le Financial Times a de son côté donné la parole au patron d’Axa Henri de Castries, selon qui l’UE possède effectivement « des dysfonctionnements importants » et « doit se réformer » mais a prévenu qu’une sortie de l’UE aurait des « conséquences très lourdes » pour la City. Le chef du parti irlandais Sinn Fein Gary Adams a également déclaré ce week-end dans le Irish Times qu’une sortie de la Grande-Bretagne de l’UE aurait des conséquences pour les Irlandais.

Pendant ce temps, un sondage ComRes paru dans le Daily Mail samedi souligne que 54% des britanniques souhaiteraient rester dans l’UE, quand 36% voudraient en sortir, 10% des citoyens étant encore indécis. Cependant, selon un autre sondage publié par YouGov la semaine dernière, le camp du Leave EU serait en tête avec 42% d’intentions de vote contre 38% en faveur de l’UE….

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