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Emmanuel Macron, "un outsider pour diriger la France"
Bien qu'il se soit défendu à plusieurs reprises hier soir lors du JT de 20H de se présenter à la présidentielle de 2017 et d'avoir démissionné du gouvernement afin de mieux préparer sa campagne, les journaux anglais ne sont pas dupes et ont quasiment tous titré sur la candidature d'Emmanuel Macron ce matin. Même si sa démission du poste de ministre Français de l'Economie hier ne fait pas la Une de la presse anglo-saxonne, comme c'est le cas dans l'Hexagone.
"Emmanuel Macron démissionne dans la perspective de se présenter aux élections", titre ainsi le Telegraph. Selon le quotidien britannique, la démission du "réformiste et populaire ministre de l'Economie" a naturellement accru les spéculations sur sa possible candidature pour 2017. Le quotidien conservateur salue par ailleurs le tournant réformiste impulsé par l'ancien ministre au sein du gouvernement : "surnommé le Mozart de l'Elysée, l'ancien protégé du président a permis de donner un aspect plus libéral à la seconde partie de mandat de François Hollande, qui avait commencé avec une série de mesures 'anti-riches', qui ont donné une très mauvaise image de la France à l'étranger", commente le journal. Le média s'étonne d'ailleurs qu'Emmanuel Macron, qui a maintes fois critiqué certaines lois phares de gauche, telles que les 35H, soit resté si longtemps en poste (deux ans). "Le fait de garder Emmanuel Macron au sein du gouvernement a permis à François Hollande de booster ses propres mesures réformistes et libérales tout en laissant le ministre de l'Economie endosser ce tournant résolument pro-business", explique le quotidien. Une chose est sûre, sa démission représente "un coup de poignard" pour François Hollande, qui l'avait appelé à son gouvernement il y a deux ans alors qu'il était tout à fait méconnu en politique. Pour le journal, l'ensemble du pays est entré en campagne et chaque candidat affûte désormais ses armes.
Même son de cloche pour le Financial Times qui insiste d'ailleurs davantage sur le début de la campagne présidentielle que sur la démission d'Emmanuel Macron, qui représente ainsi un nouveau candidat pour 2017. "La France a 'basculé en mode campagne', avec les primaires de centre droite qui auront lieu en novembre et devraient opposer Nicolas Sakozy à Alain Juppé", explique le quotidien financier. "Si Hollande a déclaré qu'il se prononcerait sur sa candidature en décembre prochain, Arnaud Montebourg a de son côté annoncé la semaine dernière qu'il se présenterait et affirmé qu'Hollande avait trahi l'idéal de gauche avec ses mesures pro-business". Selon le FT, la démission d'Emmanuel Macron n'a donc rien d'une surprise, huit mois avant les prochaines élections, et "fait partie d'une tentative soigneusement orchestrée pour atteindre le poste de Président".
Pas évident cependant que l'ex-ministre parvienne à rassembler suffisamment d'électeurs d'ici le printemps, lui "qui n'appartient à aucun parti politique et n'a jamais été élu, ni ne s'est présenté à des élections", estime pour sa part The Guardian. Selon le quotidien, le jeune loup de 38 ans devrait cependant "capitaliser sur le mouvement actuel de rejet généralisé de la classe politique traditionnelle". En démissionnant, l'ex-ministre de l'Economie "ouvre la possibilité de se présenter comme un outsider pour diriger la France, jouant ainsi sur ce qu'il considère comme une désillusion des Français à l'égard des vieux partis". Le journal souligne qu'il y a cinq ans, "l'idée qu'un homme avec absolument aucun mandat derrière lui et aucune expérience en politique, puisse se présenter aux élections, était impensable". Mais selon le quotidien, Emmanuel Macron est un pur produit de la nouvelle ère : "un homme non politique qui souhaite faire de la politique", et qui possède "l'avantage de ne pas faire partie des vieilles structures".
Enfin, selon The local, un site d'information destiné aux Britanniques résidant en France, Emmanuel Macron va permettre de "tester si la France est prête à élire un président pro-business de moins de 40 ans". Son histoire est celle "d'un enfant prodigue qui pourrait bouleverser la scène politique française". Le site souligne que les nombreux ennemis de l'ex-ministre au sein du gouvernement et parmi les hommes de gauche, n'ont pas pour autant "fait dérailler son ambition". Une ambition dont Emmanuel Macron ne s'est pas défendu hier tout à la fin de son interview sur TF1 : "il serait hypocrite de dire que je n'ai pas d'ambition, j'ai de l'ambition", a-t-il avoué. "J'ai la volonté le matin quand je me lève d'aller de l'avant et de tout faire pour être à la hauteur des attentes des uns et des autres".
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