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Les électeurs européens se méfient de l'Europe

Les élections européennes effraient la population. Et même la présence de têtes de liste européennes « n'éveille pas l'intérêt ».
Martin Schulz
Martin Schulz

« Le pouvoir du Parlement européen croît – de nombreux électeurs restent méfiants », prévient le Frankfurter Allgemeine Zeitung. « L'idée que l'UE puisse un jour devenir les Etats-Unis d'Europe est de nature à effrayer la majorité », continue le quotidien, qui s'appuie sur des recherches. A tel point que les élections européennes sont présentées comme des « élections de second rang » par les citoyens. Même le fait d'avoir un candidat tête de liste européen, qui doit devenir président de la commission, « n'a quasiment pas éveillé d'intérêt supplémentaire des électeurs ».

Cependant, les médias allemands continuent à organiser des débats. La chaîne NDR a ainsi organisé un échange entre Martin Schulz et Jean-Claude Juncker, suivi avec attention par la presse écrite. « Poulets chlorés, privatisation de l'eau et protection des données ont été abordés pendant le débat, même si  l'accord sur le libre-échange TTIP a dominé. Les candidats principaux, Juncker et Schulz ont promis de défendre les valeurs de l'Europe face aux Etats-Unis. Juncker s'est montré décidé – mais parfois arrogant », estime ainsi le FAZ.

Le Spiegel se félicite de voir que dans le classement de l'OCDE, « l'Allemagne est le deuxième pays préféré pour l'immigration ». « L'Allemagne est, pour les migrants, pour la première fois, plus attractive que le Canada et l'Australie. Selon l'organisation internationale des pays industriels, l'OCDE, en 2012, près de 400.000 migrants durables sont arrivés au sein de la République fédérale. Seuls les Etats-Unis ont réussi à dépasser ce chiffre ». Dans les chiffres, l'OCDE compte l'ensemble des personnes qui viennent dans le pays pour plus d'un an, à l'exception des étudiants. Par rapport à 2011, le nombre fait un bond de 38%. « On peut ici parler sans exagération d'un boom », a déclaré Thomas Liebig, de l'organisation internationale. « Selon l'OCDE, les raisons de la nouvelle attractivité de la République fédérale proviennent surtout de la tendance économique à la hausse des dernières années, explique le Spiegel. Alors que l'Europe dans son ensemble souffre encore des conséquences de la lourde crise, l'Allemagne fait office depuis longtemps d'île des bienheureux. Ainsi, l'immigration a des racines essentiellement intra-européennes ». L'origine des migrants est essentiellement d'Europe centrale ou d'Europe de l'est ainsi que des pays en crise du sud de l'Europe. « Le meilleur effet secondaire de l'immigration vers l'Allemagne : presque sans rien faire, le gouvernement fédéral a soulagé grâce à elle le manque de main d'oeuvre souvent déploré dans plusieurs branches. En comparaison avec les migrants qui sont arrivés avant 2007, les émigrés actuels travaillent plus et sont souvent mieux qualifiés ».

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