Feuilleton de l'été / Du côté des décideurs
Feuilleton de l'été
Du côté des décideurs
Marc Ladreit de Lacharrière et Véronique Morali : Quand la vie et les affaires ne font qu'un
Là encore, un point commun entre eux : celui d’avoir foulé les mêmes bancs de l’ENA. Mais pas aux même dates : Marc Ladreit de Lacharrière est de la promotion Robespierre (1968-70) alors que Véronique Morali est de celle de Denis Diderot (1984-86). Deux brillants cursus scolaires qui leur ont permis de côtoyer tant de futurs dirigeants d’entreprise ou politique, comme Hervé Gaymard et Antoine Giscard d’Estaing (aujourd’hui directeur financier chez Casino) pour Véronique ; Jacques Attali, Philippe Seguin, Etienne Pflimlin, Louis Schweitzer ou Philippe Lagayette pour Marc. Bande de copains qu’il ne perdra pas vraiment de vue puisque l’on retrouve l’essentiel de cette belle brochette au sein du conseil d’administration de Fimalac aujourd’hui. C’est d’ailleurs en créant la Financière Marc de Lacharrière qui explique l’acronyme Fimalac qu’il va rencontrer Véronique en 1990. Après avoir été l’une des premières femmes nommées au poste d’inspecteur (trice ?) des finances quatre ans durant à sa sortie de l’ENA, elle devient en effet chargée de mission auprès de Marc. Leur histoire pouvait commencer. « J'ai toujours pratiqué l'endogamie, s’est-elle un jour confiée. Les affaires et la vie ne font qu'un ».
Une aubaine pour ce couple très en vue, tant leurs activités sont multiples et variées. Elle, après avoir été directrice générale de Fimalac jusqu’en 2007, décide de prendre du recul en ne chapeautant plus que la division développement. Et ce, pour mieux se consacrer à une cause devenue chère à ses yeux : l’épanouissement des femmes au travail. Avec la volonté de monter des réseaux susceptibles de faciliter leur réussite ou leur permettre de retrouver des responsabilités après 45 ans. Ce qu’elle fait en créant dès 2005 avec Françoise Holder et Anne Méaux (d’Image 7) l’association Force Femmes. C’est ce qu’elle réitérera, en 2008, avec le soutien financier de son compagnon, en créant le web magazine terrafemina.com. Ici, les thématiques sont plus nombreuses : culture, solidarité, droit, bien-être, santé, famille, et bien sûr le site permet de mettre en contact des femmes du monde entier en vue de monter un projet entrepreneurial.
Lui, a tout de suite dit non à une carrière publique en sortant de l’ENA. Il préférait, d’entrée de jeu, affronter le privé, quitte à se frotter à un univers plus rugueux, moins confortable, a priori. Histoire de réitérer les exploits de ses aïeux ? Ce parti pris l’a d’abord mené dans les cosmétiques où il va finir par devenir vice président de L’Oréal. Il va surtout lui révéler son goût pour le business, son plaisir d’acheter et de revendre des sociétés en empochant au passage de coquettes plus values. Ce à quoi il va s’adonner sans retenue avec Fimalac. Ce touche-à-tout en profitera pour aborder tous les secteurs, tous les univers, de l’édition aux sondages (il réalisera avec la Sofres l’une de ses plus belles opérations) en passant par la presse (groupe Expansion), l’immobilier (il a notamment dirigé la foncière Sefimeg), le mobilier et surtout la finance avec l’acquisition de l’agence de notation Fitch. Sans parler de ses innombrables postes d’administrateurs aussi bien dans des groupes industriels tels que Casino ou plus récemment Renault que dans des associations en tous genres : la Société des Amis du musée du quai Branly, l'Association des amis de Vaux-le-Vicomte, la fondation d'entreprise Culture et diversité, l'Association des Musées méconnus de la Méditerranée, pour n’en citer que quelques unes.
De quoi donner le tournis à sa moitié. Mais comme celle-ci vit au même rythme, cela donne des emplois du temps bien chargés. Et comme Marc s’invite de plus en plus souvent au capital de salles de spectacles (en association avec le groupe Lucien Barrière) et se veut mécène des arts et des lettres, ils ont finalement l’embarras du choix pour passer des soirées ensemble. « Je suis persuadé que le divertissement est un secteur d’avenir » estime-t-il. A voir si ce nouveau pari sera gagnant. Il s’est aussi lancé à fond dans le numérique avec l’ambition de devenir le tycoon français de l’entertainement et des médias numériques. Là encore, Marc Ladreit de Lacharrière compte sur son flair infaillible pour gagner de l’argent tout en irriguant un secteur qui a bien besoin de cash pour croître.
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