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éditorial / Yves de Kerdrel

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Yves de Kerdrel

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Nicolas Sarkozy croit toujours à un bouleversement des cartes au cours des trois dernières semaines avant le 22 avril
par Yves de Kerdrel

Meme si l'UMP a mis fin à l'inconséquente polémique sur la viande "hallal", et même si le passage de Nicolas Sarkozy sur France 2 a été un point déterminant, l'équipe de campagne du Président-sortant avoue ne pas avoir encore trouvé la clé pour faire baisser l'écart entre les intentions de vote des deux principaux candidats. A moins que Villepinte réserve des surprises !
11/03/2012 - 06:04 Temps Lecture 6 mn.
La semaine écoulée a été éprouvante pour les proches du Chef de l'Etat, notamment tous ceux qui étaient très inquiets de la dérive droitière menée par Claude Guéant avec comme "cheval de bataille" la polémique sur la viande hallal initialement lancée par Marine Le Pen. Jusqu'à mardi soir, tous les médias ne parlaient que de cela matin, midi et soir rendant inaudibles toutes les autres déclarations de Nicolas Sarkozy. Mardi matin, lors du petit-déjeuner des dirigeants de la majorité, ordre a été donné de recentrer les débats sur les thèmes de la vie quotidienne des français. De surcroit, Claude Guéant, a été prié de se faire oublier quelques temps. Ce qui explique "son silence prudent" depuis une semaine et la montée dans les médias de personnalités plus humanistes comme Alain Juppé, Xavier Bertrand ou Laurent Wauquiez. LE PARI DE VILLEPINTE Il reste que la dernière réunion de groupe parlementaire UMP de la session, mardi dernier, a été apocalyptique selon les dires de plusieurs députés. Le premier ministre a été pris à parti pour ses propos sur les pratiques "ancestrales et religieuses" qui ont soulevé un tollé chez les juifs et les musulmans. Les hiérarques du parti ont été agressés sur le "sentiment de désorganisation" donné par la campagne de Nicolas Sarkozy. Seul Pierre Méhaignerie a tenté de remettre de l'ordre dans les esprits en appelant à parler aux français et à leur parler d'eux et du monde tel qu'il est et des efforts qu'il nous impose. Une séquence très applaudie. Comme l'émission "des Paroles et des actes" de mardi dernier, sur France 2, a été jugée réussie, y compris par les médias de gauche, la réunion hebdomadaire du mercredi au Quartier-Général du 18 Rue de la Convention était plus détendue. Avec un gros ordre du jour sur Villepinte, où sont réservées un certain nombre de surprises. D'abord dans le nombre de participants. Une logistique importante a été mise en place qui pourrait réunir 40.000, voire 50.000 sympathisants, soit quatre fois plus que ce que François Hollande avait rassemblé au Bourget. Ensuite, dans les orateurs, avec aussi bien des interventions d'Alain Juppé que de François Fillon. (la présence de Jean-Louis Borloo est prévue entre les deux tours). Enfin avec des présences de stars comme Gérard Depardieu, et de sportifs ramenés par David Douillet. GLACIATION DES SONDAGES Du côté de François Hollande, la prudence est toujours de mise. D'abord parce que les derniers sondages ne donnent qu'un écart que de 2 à 3 points. Or cela ne tient pas compte du probable abandon de Dominique de Villepin (peut-être dés aujourd'hui) qui va redistribuer quelques cartes, et d'un effet Villepinte. Surtout les sondeurs ont le souvenir de ce qu'il s'était passé en 2002 avec une glaciation des sondages pendant des mois et un grand bouleversement au cours des trois dernières semaines. C'est ce qui justifie que le député de Corrèze prenne de moins en moins la parole et limite ses interventions à des visites-surprises ou à des "coups" médiatiques. La publication du livre de Nicolas Sarkozy est désormais maintenant programmée pour le milieu de la semaine suivante. Il a été rallongé par Emmanuelle Mignon, selon, les informations de WanSquare, La conseillère fétiche de Nicolas Sarkozy a personnalisé l'ouvrage et y a remplacé une grande partie de ce qui était "gestion de la crise" par du pur "pathos". EMBARRAS FRANCO-ALLEMAND Sur le front économique, l'actualité est à double lecture avec toute une série de bonnes nouvelles, notamment la crise de liquidité grecque qui se termine, pour le moment, après neuf mois de tergiversations peu glorieuses, avec les taux espagnols qui sont passés au-dessous des taux italiens, et avec des entreprises qui continuent d'afficher des résultats et des perspectives biens meilleurs que ce qui était prévu. La seconde lecture tient aux effets de l'austérité qui affectent toute une partie de l'Europe, et qui se traduisent par une casse industrielle, certes limitée en France, mais sans doute déterminante au moment des élections. La Zone Euro n'échappera donc pas à une récession cette année et toute la question est de savoir comment le couple franco-allemand répondra à la demande des douze pays conduits par l'Italie de relancer la croissance au plus vite. Du côté des affaires les ventes de blocs de titres se poursuivent, comme l'a montré avec brio, cette semaine, BNP Paribas pour une partie de ses actions Klépierre, vendues à Simon Property, après avoir longtemps discuté avec Unibail. Ce reclassement fait suite à l'opération Amadeus faite pour le compte d'Air France, la semaine passée, et la cession de titres Rexel. DES ADMINISTRATEURS RADINS A propos d'Air-France, compte tenu des résultats catastrophiques réalisés par la compagnie, un administrateur indépendant a suggéré qu'il n'y ait pas de distribution de jetons de présence. Une mesure à portée symbolique pour s'associer aux économies entreprises par Alexandre de Juniac. Quelle n'a pas été sa surprise, au moment du vote, de se retrouver seul à partager cette idée de bon sens ? En matière de private-equity un certain nombre de dossiers réapparaissent : les Salins du Midi, Belambra, ou Afflelou. Mais les banquiers semblent très prudents dans leurs crédits et ne prêtent que par micro-tickets. Ce qui oblige les acheteurs à constituer des pools complexes ou bien à concevoir des montages avec bien plus de fonds propres et bien moins de leverage. D'où une modification profonde de l'économie du private equity. Enfin dans les jours qui viennent on attend le résultat de la médiation concernant le dossier de la Financière de l'Arcouest. Cette société de la famille Bettencourt a investi 143 millions d'euros au sein du groupe de Stéphane Courbit. Ce qui lui a donné 20 % du capital et deux postes d'administrateurs, dont l'un est "occupé" par Michaël Zaoüi, l'ancien banquier vedette de Morgan Stanley. Mais lorsque Françoise Bettencourt-Meyers a découvert cette opération, elle a cherché à s'en défaire. D'où le recours à deux ténors du barreau : Jean Veil et Jean-Michel Darrois, et à deux médiateurs agréés. Ces derniers doivent rendent leurs conclusions d'ici une quinzaine de jours. Ce qui ne devrait pas empêcher le patron de Lov Group de se voir convoqué à Bordeaux par le juge chargé de l'affaire Bettencourt. Ne serait-ce que parce que dans ce climat pré-électoral, ce "proche" de Nicolas Sarkozy - invité de la fameuse soirée du Fouquet's - représente une cible visible ! Toujours est-il que les tenailles judiciaires se resserrent. Selon les informations de WanSquare, des proches de l'ancien patron d'Endemol France ont été perquisitionnés au cours des tous derniers jours.
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