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Yves de Kerdrel

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Semaine difficile pour Nicolas Sarkozy et pour "les riches"
par Yves de Kerdrel

Rarement, depuis le début de la campagne électorale, la semaine a été aussi nauséabonde. La proposition faite par François Hollande de taxer à 75 % les contribuables recevant plus de un millions d'euros de revenus - contre l'avis de Jérôme Cahuzac - a entraîné une escalade qui a duré toute la semaine
04/03/2012 - 08:00 Temps Lecture 7 mn.
C'est peu de dire que la réunion d'état-major au quartier général du 18 rue de la Convention qui s'est déroulée mercredi matin, dès potron minet, autour de plusieurs assiettes de chouquettes ne s'est pas passée dans une franche décontraction. Le bilan du début de semaine n'était pas vraiment positif pour le président-candidat. Son intervention sur RTL a été jugée plutôt brouillonne avec des attaques inutiles à l'égard de Matthieu Pigasse ou de Pierre Bergé. Ensuite ses propositions en matière d'éducation ont été considérées comme mal comprises. Ce qui a obligé le Chef de l'Etat à demander à NKM un point presse spécial afin qu'elle reprécise chacune de ces mesures. S'est ajouté à cela le retoquage par le conseil constitutionnel de la loi pénalisant les génocides. Et quelques petits cafouillages comme une mauvaise émission de télévision d'Henri Guaino ou une Nathalie Kosciusko-Morizet parlant, sur Europe 1, du ticket de métro à 4 euros au lieu de 1,7 euros, alors qu'il y a quinze jours elle était encore indirectement Ministre en charge des transports JEROME CAHUZAC FURIEUX De son côté François Hollande n'a fait qu'une seule chose : annoncer au cours de l'émission Paroles de candidat (qui a encore fait un mauvais score d'audience) qu'il entendait fixer une tranche marginale d'imposition à 75 % pour tous ceux qui perçoivent un revenu annuel supérieur à 1 million d'euros. Succès médiatique assuré. Cette idée, soufflée à la dernière minute par Manuel Valls et Pierre Moscovici - contre l'avis d'un Jérôme Cahuzac furieux - a littéralement préempté l'actualité pendant toute la semaine, obligeant Nicolas Sarkozy, lui-même, à réagir. Alors que sa stratégie initiale était, à l'inverse, de trouver une idée forte par semaine, pour forcer François Hollande à "sortir du bois". Tout cela, ajouté aux évènements et aux déclarations dans le Pays Basque, jeudi soir, expliquent pourquoi, dans la plupart des dernières enquêtes d'opinion, connues, François Hollande confirme son regain de popularité de ces derniers jours face à Nicolas Sarkozy : à 29 points contre 25,5 points. Désormais 3,5 points séparent le candidat socialiste du président-candidat au premier tour, alors qu'il y a dix jours ces mêmes enquêtes donnaient un écart d'un point seulement. S'agissant du second tour, le député de Corrèze grignote encore un demi-point sur le chef d'Etat sortant, à 57% des intentions de vote des Français sondés contre 43%, soit le score du 15 février, quand Nicolas Sarkozy est entré en campagne. SARKOZY ATTEND VILLEPINTE Deux sondages qualitatifs donnent une explication de ces variations. Selon l'enquête de CSA pour "Les Echos" seuls 26% des sondés ont été convaincus par les propositions de Nicolas Sarkozy, en matière d'éducation. A l'opposé, François Hollande engrange toujours les bénéfices de sa proposition choc au-delà d'un million d'euros. Pour preuve : plus de la moitié des Français (61 %) sont favorables à la création d'une tranche d'imposition à 75 %, selon un sondage TNS Sofres. Quelque 29 % des personnes interrogées se disent opposées à cette idée et 10 % se déclarent sans opinion. Désormais Nicolas Sarkozy va tenter de sortir de ces débats en revenant là où il est le plus à l'aise, sur le terrain des valeurs. On l'a vu hier à Bordeaux parler de République et d'immigration, et attaquer de front son adversaire, jusque dans son attitude. Tour de chauffe avant le grand meeting programmatique de Villepinte du 11 mars. Entre temps, mardi 6 mars, il devrait y avoir un débat télévisé l'opposant à Laurent Fabius. Ce dernier cherche de plus en plus à s'installer en premier ministre d'alternance. Mais l'entourage de François Hollande ne jure que par Jean-Marc Ayrault qui tient très bien le groupe parlementaire et a de bonnes relations avec la gauche de la gauche. C'est dire si l'optimisme monte avenue de Ségur. EMBELLIE ECONOMIQUE Le livre de Nicolas Sarkozy pourrait n'être finalement publié qu'au moment où le CSA va égaliser les temps de parole. De fait si les médias en parlent ou en font parler des éditorialistes, ce sera évidemment une bonne opération médiatique pour le candidat président. Dans ce cas sa mise en rayons n'interviendrait que vers le 20 mars, à un mois du premier tour. Heureusement il y a le front économique où la plupart des nuages se dégagent. Le sommet européen de la fin de la semaine a gravé dans le marbre un pacte budgétaire vivement souhaité par les allemands. Le plus important, c'est que la crise grecque appartient maintenant au passé. Surtout la baisse du taux de rendement des emprunts d'états comme l'Espagne ou l'Italie est spectaculaire. Ce qui témoigne du retour de la confiance des marchés dans des pays souverains et du retour de la liquidité dans le système bancaire européen. Comment en serait-il autrement après le succès du prêt à trois ans qui a séduit pas moins de 800 établissements pour un montant total de 530 milliards d'euros. En l'espace de trois mois, et sans rien dire, Mario Draghi a réussi à injecter un peu plus de 1.000 milliards d'euros dans le système bancaire européen. Au moment précis où celui ci doit "prendre ses pertes" sur la Grèce. Il n'y a donc pas à s'étonner que l'essentiel de cet argent se retrouve en dépôt à la BCE. En revanche, selon les informations de WanSquare, ce sont les banques italiennes et britanniques qui se sont montrées les plus gourmandes "au guichet de Francfort". LA CANDIDATURE DE ROMANET Dans le domaine des affaires, la remontée des eaux sur les marchés boursiers fait réapparaître de vieux projets de reclassements de titres (Amadeus, Rexel). Et ce mouvement devrait se poursuivre, comme en témoigne la spéculation continue sur la CFAO, filiale de PPR. Mais le groupe de François-Henri Pinault voit renaître de nouvelles offres sur son autre filiale Redcats. Concernant l'affaire Monoprix-Galeries Lafayette, si la mauvaise foi du camp Naouri n'a pas disparu, comme en témoigne la dépréciation de la valeur du "put Monoprix" dans les engagements hors-bilan sans justification, alors que la marge opérationnelle de Monoprix est double de celle de Casino et que l'enseigne bénéficie de très importants actifs fonciers qui n'ont pas cessé de se valoriser, la résolution de l'affaire va sans doute prendre encore du temps. S'agissant de l'autre feuilleton, celui de la CNP, un épisode supplémentaire a été dévoilé, puisque Augustin de Romanet a fait officiellement, vendredi dernier, acte de candidature, à la direction générale de la compagnie d'assurance-vie. Celui qui quittera, dans trois jours, la Caisse des Dépôts après cinq ans de mandat comme Directeur Général va devoir convaincre l'ensemble des membres du comité de sélection et des rémunérations que préside Henri Proglio. Il sera aujourd'hui l'invité de l'émission "les Clés de l'éco" sur I-Télé pour commenter cette candidature et tirer le bilan de son quinquennat Rue de Lille, où il a insuflé une culture de long terme à la Caisse. Culture qui est, évidemment, un atout très important pour gérer un assureur-vie de cette importance et de cette stature.
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