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Nicolas Sarkozy veut mener une campagne très dense pour replacer François Hollande en position totalement défensive
par Yves de Kerdrel

En dépit d'un lancement de campagne marqué par l'improvisation et quelques couacs, Nicolas Sarkozy est déjà parvenu, en quelques jours à créer une dynamique, grâce notamment au meeting d'Annecy. Il promet deux mois intenses, avec au moins "une idée forte" par semaine, de manière à replacer très vite François Hollande en position défensive.
19/02/2012 - 08:58 Temps Lecture 6 mn.
Contrairement à ce que l'on affirme officiellement dans l'entourage proche du Chef de l'Etat, c'est Nicolas Sarkozy et lui seul qui a choisi d'avancer le lancement de sa campagne présidentielle et donc sa déclaration de candidature, intervenue mercredi dernier sur TF1, devant près de 11 millions de télespectateurs. Cette décision a été motivée par deux raisons principales. D'abord le Président de la République a été très déçu par le débat entre Alain Juppé et François Hollande sur France 2 à la fin janvier. Emission pendant laquelle, le ministre d'Etat n'a pas réussi à déstabiliser son adversaire. Nicolas Sarkozy qui est impatient d'en "découdre" et qui est rompu à ce type d'exercice, s'est dit qu'il était impossible d'attendre jusqu'au 6 ou 7 mars pour continuer à maintenir un faux-suspense et envoyer "des doublures" à la télévision. Ensuite les règles sur le décompte du temps de parole changent à partir du 20 mars pour ses interventions en tant que Chef de l'Etat. Il s'est donc dit qu'il avait intérêt à utiliser la plus grande latitude possible offerte par ses activités régaliennes pour occuper l'espace médiatique. En fait, la petite équipe commando qui occupe le quartier général du 18 rue de la convention - inauguré hier par Nicolas Sarkozy - lui a concocté pour les deux mois à venir un véritable agenda de campagne, saturé de meetings, de déplacements en province, de visites et d'interventions thématiques. Bien sûr, Nicolas Sarkozy va rester Président de la République autant que de besoin, comme ce fût le cas ce vendredi avec le sommet franco-britannique à l'Elysée. Mais c'est le Premier Ministre et le Secrétaire Général de l'Elysée, Xavier Musca, qui vont gérer les questions quotidiennes de manière à permettre au Chef de l'Etat de mener la campagne de "proximité" qu'il souhaite faire, pour ne pas renouveler l'erreur de ce que fût la campagne ratée de Valéry Giscard d'Estaing en 1981. Avec comme base, un bureau sobre à son QG illustré seulement par une grande affiche de Jeanne d'Arc, incarnée par Ingrid Bergman et une lettre de Georges Mandel. LE CHOIX CONTESTE DE NKM Après Annecy jeudi dernier, avec un discours peaufiné avec soin par Henri Guaino, Marseille aujourd'hui - où Nicolas Sarkozy devrait s'adresser à un nombre inattendu de sympathisants - il sera jeudi prochain à Lille pour parler notamment sur le thème du travail et s'adresser notamment au monde ouvrier. Sans compter les déplacements en outre-mer. En revanche l'agenda du Président à l'international a été quasiment vidé de sa substance. Le point d'orgue des meetings devrait avoir lieu le 11 mars à Villepinte avec la présentation du projet. Autre étape importante : la publication du livre dont l'intéressé se refuse à faire le moindre commentaire. Nicolas Sarkozy qui avait débuté un premier texte à la fin de l'été dernier, en a confié la réécriture à Emmanuelle Mignon. En principe la version définitive devrait être disponible début mars. Et c'est Bernard Fixot, un proche du Président, qui en sera l'éditeur. Enfin dernier élément de cette campagne éclair, l'équipe. Comme nous le révélions dimanche dernier, c'est bien Guillaume Lambert qui va piloter tout le dispositif, après avoir quitté cette semaine son poste de chef de cabinet à l'Elysée. Le mandataire, c'est à dire le garant des comptes de campagne sera Philippe Briand. Surtout, c'est Nathalie Kosciusko-Morizet qui a été choisie comme porte-parole aux dépens de Laurent Wauquiez, un temps pressenti. Elle sera secondée par Guillaume Peltier, qui s'occupe des enquêtes d'opinion à l'UMP, et qui vient de la droite de la droite, ainsi que d'Eric Ciotti, qui incarne notamment les valeurs sécuritaires. A noter aussi la présence dans l'équipe de campagne de Jean-Baptiste de Froment, qui a rédigé avec Bruno Le Maire le programme de l'UMP, de Olivier Henrard, ancien conseiller culture à l'Elysée, et de Sébastien Proto, directeur de cabinet sortant de Valérie Pécresse. FABIUS SE VOIT DEJA A MATIGNON D'emblée, cette entrée en campagne, même improvisée, a eu tendance à replacer François Hollande en position "défensive". Et dans l'entourage de Nicolas Sarkozy, c'est le pari que l'on fait en martelant une idée majeure chaque semaine, voire plus. Cela s'est vu dés jeudi soir, lors de l'intervention du candidat socialiste sur TF1, obligé de se justifier sur ses déclarations. Cela s'est vu à nouveau à travers les propos de ses communicants. Malgré tout, on se rassure, avenue de Ségur, à son siège de campagne, en indiquant que presque tous les grands patrons du CAC 40 essaient de nouer rapidement des contacts avec l'entourage de François Hollande. Signe que les milieux d'affaires auraient déjà misé sur l'alternance, avec comme principal favori pour Matignon, Laurent Fabius. Il reste qu'en l'espace de quelques jours, les sondages marquent déjà un resserrement, signe qu'une dynamique a été créée du côté de Nicolas Sarkozy. Sur le front économique, le chapitre grec devrait enfin aboutir ce lundi avec la réunion de l'Eurogroupe qui doit décider du versement ou non du deuxième plan d'aide à la Grèce, de 130 milliards d'euros. La majorité allemande est toujours divisée quant au déboursement de la somme, sans parler de l'opinion publique outre-Rhin. Dans ces conditions, soit Angela Merkel parvient à convaincre sa majorité de valider le deuxième plan. Mais cela ne sera sans doute possible qu'à de très strictes conditions pour la Grèce, qui s'apparenteront à une mise sous tutelle, difficilement acceptable par les grecs et par l'Europe toute entière. Soit l'Eurogroupe procéderait à une sorte de jugement de Salomon en ne procédant au versement que d'une partie de l'aide. La Finlande, par exemple, souhaiterait que l'Europe ne verse que les 14,5 milliards d'euros qui seront nécessaires au remboursement de l'échéance du 14 mars, et attende l'issue des législatives grecques pour prendre une décision défintive. INTERET CHINOIS POUR LA CFAO La semaine sera marquée, à nouveau, par de très nombreuses publications de résulats. Parmi les plus importantes on relève celles de France Telecom, Schneider, Vallourec et Valeo mercredi 22 février. Ce qui donnera l'occasion pour Stéphane Richard de revenir sur ses démélés avec Free et de faire un premier bilan du lancement de ce nouveau concurrent. Journée très chargée le lendemain avec la publication des comptes d'Eiffage et sans doute du nouveau sur le refinancement de la dette de sa filiale Eiffarie (actionnaire d'APRR), avec les résultats du Crédit Agricole et de Natixis ou avec les comptes de Safran, d'Atos et de la CFAO. Si PPR a relancé les rumeurs sur une cession de sa filiale Redcats, il semble qu'un groupe chinois a exprimé récemment des marques d'intérêt sur cette autre filiale implantée en Afrique et très rentable.
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