WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

éditorial / Yves de Kerdrel

éditorial
Yves de Kerdrel

éditorial
La bataille électorale va vraiment débuter maintenant avec l'entrée en campagne de Nicolas Sarkozy mercredi soir
par Yves de Kerdrel

Le Président de la République a décidé de bousculer le calendrier. D'une part car les courbes des sondages restaient trop figées depuis quelques semaines. D'autre part car les enquêtes d'opinion montrent de plus en plus un effritement du corps électoral de François Hollande au premier tour. A cela s'ajoute l'hypothèse d'une Marine Le Pen privée de signatures. Ce qui bousculerait l'offre électorale.
12/02/2012 - 08:07 Temps Lecture 7 mn.
Enfin. le faux suspense devrait être terminé mercredi soir. Selon les informations de WanSquare, c'est au journal de 20 heures, que Nicolas Sarkozy aurait choisi de faire sa déclaration de candidature, comme l'avait fait, en 1988, François Mitterrand. A un moment, il a envisagé d'intervenir dés ce dimanche, à l'occasion du journal de 20 heures de Claire Chazal sur TF1, avant de se laisser convaincre par ses conseillers qu'à sur-occupper les écrans de télévision les dimanches soirs, il risquait de créer un effet de lassitude. Il n'est pas exclu, par ailleurs, qu'il profite de sa visite, mardi sur le site de PhotoWatt, où tous les emplois vont finalement être sauvés par EDF, pour faire un effet d'annonce, ou se laisser aller à une allusion dont il a le secret. La décision d'accélérer le tempo de la campagne a été prise à la fin du mois de janvier lorsque, lors de la réunion à laquelle participait Emmanuelle Mignon pour la première fois, les spécialistes des sondages présents (notamment Pierre Giacometti et Patrick Buisson) ont constaté que si Nicolas Sarkozy voyait sa cote grimper régulièrement s'agissant du premier tour pour dépasser maintenant 25 %, elle restait stable concernant le second tour (à 44 %). Cette entrée en campagne va donc accroître le phénomène de "bipolarisation" aux dépens de François Bayrou, dont la cote recule depuis la présentation de son programme économique et de Marine Le Pen, sur laquelle existe un vrai doute concernant la capacité à obtenir les 500 signatures. GUILLAUME LAMBERT PIVOT DE LA CAMPAGNE Toute la logistique du candidat Sarkozy est naturellement prête. Qu'il s'agisse des locaux que WanSquare a été le premier à révéler (au 18 rue de la convention). Qu'il s'agisse de la réservation des salles à Paris et en province pour les grands meetings fédérateurs. Il est d'ores et déjà question d'une grande réunion populaire à Marseille dimanche 19 février. Qu'il s'agisse de la publication de ce petit livre intime très attendu. Qu'il s'agisse enfin de la désignation probable comme coordinateur de la campagne de Guillaume Lambert, l'actuel chef de cabinet du Président de la République. Selon des informations obtenues hier soir par WanSquare dans l'entourage direct du Chef de l'Etat, c'est bien ce membre de la préfectorale, passé un moment au cabinet de Laurent Wauquiez, qui devrait jouer le rôle pivot que René Ricol a décliné, en dépit de l'insistance d'Alain Minc. De son côté, Emmanuelle Mignon, qui est très présente, sur le terrain des idées et du programme, a convaincu Nicolas Sarkozy qu'il fallait repartir à l'assaut sur les valeurs, laissées à l'abandon par la gauche, et surtout que le momentum était le bon car François Hollande était en train de s'épuiser et d'ennuyer les français avec des meetings thématiques d'où ne sortait finalement aucune idée directrice, comme on a pu le voir, cette semaine, sur l'éducation. Et à lire l'agenda du candidat socialiste, pour les semaines à venir, il y a de quoi désespérer Billancourt, voire même un peu plus ! RETOUR DE LA CONFIANCE De surcroit à l'Elysée, on estime bénéficier d'une légère éclaircie sur le plan économique. Le problème grec est en cours de règlement - en dépit de toute la mauvaise volonté de la classe politique locale - les plans sociaux semblent se calmer et Barack Obama, lui-même, vante la résilience économique de l'Europe. Bref l'horizon se dégage juste à temps. Cela ne signifie pas pour autant que le triptyque de valeurs proposées par Nicolas Sarkozy dans son interview au Figaro Magazine : "travail, responsabilité et autorité" fasse mouche auprès des leaders d'opinion de doite et des dirigeants d'entreprise. Si à gauche il n'y a aucun projet de société à long terme, de la même manière, les propos du Président de la République ne recèlent, hélas, aucune vision de longue échéance pour le pays. Il reste que la confiance revient pas à pas sur le front économique. Ce qui constitue un élément essentiel. Cela ne tient pas tant à la solution de la crise grecque - d'autant que celle-ci va coûter à la fois très cher à l'Europe, aux pays de la Zone Euro et naturellement à la Grèce - mais davantage à la détente générale des taux d'intérêt, à commencer par le 10 ans français qui se négocie à 2,82 % contre 3,15 %, le jour où la France a perdu son Triple A, ou aux très bons résultats des entreprises françaises comme on a pu le voir cette semaine avec Alcatel, Michelin, Publicis, Total, ou GDF-Suez. LES PREPARATIFS DE NAOURI Sur le front des entreprises, de belles opérations commencent à se dessiner. A commencer par l'annonce faite par Jean-Charles Naouri qu'il allait réduire sa participation dans la foncière Mercialys, de manière à récolter 800 à 900 millions d'euros. Une somme qui, pour ceux qui connaissent bien le patron d'Euris, ne devrait pas servir à se désendetter, mais au contraire à financer la très probable montée en puissance au capital de Monoporix. Depuis janvier, le groupe de Jean-Charles Naouri dispose d'une option d'achat de 10% d'actions supplémentaires. S'il l'exerçait, alors les Galeries Lafayette pourraient faire jouer une option de vente à Casino de leurs 40% restant. La participation des Galeries Lafayette dans Monoprix est estimée est estimée à 1,25 milliard d'euros dans les engagements hors-bilan de Casino, à réactualiser en fonction de la valorisation de l'immobilier. De la même manière, Axa semble disposé à emporter les activités d'assurances dommages mises en ventes par HSBC en France, dans certains pays d'Amérique Latine et en Asie. Le deal porterait sur 1 milliard de dollars et il n'y a plus qu'un seul compétiteur : l'américain ACE. L'opération pourrait finalement intervenir avant la vente d'Axa Private Equity (où HSBC est banque conseil) qui semble poser deux problèmes principaux : la gouvernance future de cette activité, et le financement de la dette, dans la mesure où les managers auraient une part importante. L'an passé le bénéfice d'Axa PE aurait bondi à plus de 50 millions d'euros, soit plus du double de ce qu'il était l'année précédente. Enfin, toujours en matière de private equity, le dossier Afflelou, évoqué par Wansquare ces jours-ci, suscite déjà de l'intérêt. Chez Eurazeo on reagrde la cible avec un vif intérêt. Mais surtout la Banque de l'Industrie voulue par Nicolas Sarkozy va voir le jour avant la fin de ce mois sous le nom d'Oseo-Industrie, avec des fonds propres de 1 milliard d'euros et donc une capacité à financer pas moins de 12 milliards d'euros de nouveaux investissements en France, notamment auprès d'une clientèle traditionnelle de PME. Le texte a été examiné lors du dernier conseil des ministres et devrait être voté par les deux assemblées avant la fin février. Quelques jours avant la fin de la session parlementaire fixée au 6 mars prochain.
précédents ÉDITORIAUX
précédents
ÉDITORIAUX