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Pas d'effet "Le Bourget" pour Hollande - Seul Bayrou monte - La majorité doute - Marine Le Pen sous les 300 signatures
par Yves de Kerdrel

Semaine politique intense avec la présentation du programme de François Hollande, plus plat et moins ambitieux que prévu. Nicolas Sarkozy s'exprime ce soir pendant plus d'une heure sur quatre chaines pour annoncer des mesures fortes face à la crise. Pendant ce temps, François Bayrou consolide ses positions à la fois en termes de popularité et de crédibilité.
29/01/2012 - 08:01 Temps Lecture 8 mn.
Curieuse semaine politique largement dominée par l'effet "Le Bourget" avec la très large couverture médiatique donnée au discours d'ouverture de la campagne de François Hollande. La France "qui vit à l'intérieur du périphérique" s'est vite emballée pour celui qu'elle moquait, il y a encore un an. Au point de guetter, toute la semaine de nouveaux sondages d'opinion. Mais en dehors d'un indicateur BVA, considéré comme peu fiable, aucune enquête parvenue au siège de l'UMP, et dans l'entourage de Nicolas Sarkozy montre le moindre mouvement de la popularité du candidat socialiste. Pire, le dernier indicateur qualitatif publié par le quotidien Le Monde fait toujours ressortir un très gros retard de la crédibilité de François Hollande par rapport à celle de Nicolas Sarkozy, et pas seulement sur les questions internationales, militaires ou de gestion de crises. Autre enseignement important de cette étude mensuelle inédite réalisée par Ipsos, le renforcement de la position de François Bayrou. A la fois en termes de popularité. Il se confirme que 60 % des nouveaux électeurs du patron du Modem viennent du parti socialiste, alors que 25 % seulement sont des déçus du sarkozysme. Et en termes de crédibilité. Comme nous le soulignions, dimanche dernier, c'est l'alliage original du candidat "anti-système" et de son attachement à la réduction de la dette ou à une très grande rigueur sur la question des finances publiques, qui justifient les ralliements de plus en plus de sondés. SECRET DE POLICHINELLE DU LIVRE Ce n'est un mystère pour personne que les parlementaires UMP distillent dans Paris une petite musique très négative sur le climat ambiant à l'Elysée. Il se dit, chez les députés de droite que Nicolas Sarkozy serait bien inspiré de laisser la place à Alain Juppé ou à François Fillon. Leur seule motivation est surtout de sauver leur siège aux prochaines législatives, en ignorant tout ce que le Chef de l'Etat a préparé pour rebondir dans les trois mois qui viennent. Le dernier secret de polichinelle serait la publication d'un livre à la manière de ce qui a permis à Jacques Chirac de l'emporter en 1995, alors que le 20 janvier, il pesait 13 % dans les sondages. Pour l'heure, les préparatifs de la campagne du Président sortant s'accélèrent. Après avoir hésité pour un local situé en bas de l'Avenue de Suffren, non loin de l'ex-Hilton, le quartier-général de Nicolas Sarkozy devrait être finalement 18, rue de la Convention dans le quinzième arrondissement de Paris. Selon les informations de WanSquare, il s'agit de locaux bien plus petits que ceux de François Hollande. Brice Hortefeux nous précise, qu'à ce jour, rien n'est encore signé. Mais l'adresse, la taille et la nature du local semblent convenir en tous points à ce qui était recherché : à la fois proche du nouveau siège de l'UMP, rue de Vaugirard, des quais et donc de l'accès au Parlement, et du domicile privé de Nicolas Sarkozy, Villa Boileau, dans le seizième arrondissement, juste de l'autre-côté de la Seine. RENE RICOL CONSACRE Il en sera sûrement question ce mardi 31 janvier à 19 h à Matignon à l'occasion de la cérémonie de remise des insignes de Grand Officier de la Légion d'Honneur à René Ricol, le Commissaire Général à l'Investissement, pressenti pour être le directeur de la campagne, même si c'est toujours le préfet de Paris, Daniel Canepa, qui tient la corde, pour ce rôle qui nécessite un poids politique important afin de faire rentrer dans le rang des divas de la droite ou de l'entourage du Chef de l'Etat. Pas d'annonce de candidature à attendre de Nicolas Sarkozy ce soir, à l'occasion de l'émission spéciale qui sera diffusée en direct su TF1, France 2, I-Télé et BFM-TV de 20 h 15 à 21 h 30, avec comme interviewers Claire Chazal, Laurent Delahousse, Jean-Marc Sylvestre et François Lenglet. Le Parti Socialiste a fait courir la rumeur que le Président de la République profiterait de cette émission pour annoncer sa candidature. Mais à l'Elysée, on affirme qu'il n'en est pas question. Pendant la première partie de l'émission, Nicolas Sarkozy devrait tirer les leçons du sommet social du 18 janvier. Au cours de la seconde partie, le Chef de l'Etat devrait entrer plus dans le détail de ces mesures, une manière de répondre "en creux" aux propositions de celui qui se refuse à le nommer, comme le faisait déjà bizarrement, il y a cinq ans, son ex-compagne, Ségolène Royal. Un geste, qui avait été très mal percu par l'opinion. HAUSSES DE LA TVA ... ET DE LA CSG Selon les informations obtenues hier soir par WanSquare dans l'entourage du Président de la République, ce dernier aurait notamment prévu d'annoncer ce soir une hausse de la TVA de 1,6 point. Ce qui correspondrait à un rendement de 11,2 milliards d'euros. La TVA à taux normal passerait donc à 21,2 %, un record en France, permettant, de fait, d'alléger les charges pesant sur le travail. Cette TVA doit entrer en vigueur dans l'année. Les autres taux réduit de TVA à 5,5 et 7 % resteraient inchangés. Par ailleurs, Nicolas Sarkozy pourrait annoncer une légère augmentation de la CSG sur les revenus du patrimoine et de placement. En revanche, l'Elysée nous a confirmé, hier soir, qu'il n'y aura pas de hausse du taux de la CSG sur les salaires. Le chef de l'Etat devrait annoncer, par ailleurs, que les entreprises de plus de 250 salariés, seront désormais contraintes d'avoir 4 % de contrats d'apprentissage, à moins d'être soumises à fortes sanctions. Dernier élément sur cette semaine politique avec les confidences faites par Marine Le Pen à l'occasion de la première rencontre Ethic-WanSquare organisée pour les élections présidentielles : la candidate du Front National n'a pas encore atteint le nombre des 300 signatures. Donc très loin du niveau requis des 500 signatures exigées pour se présenter à la magistrature suprême. Et elle conçoit réellement de ne pas pouvoir se présenter. Même si à l'Elysée, on reste convaincu que le parti socialiste va donner des consignes à ses grands électeurs pour qu'ils apportent leurs signatures à Marine Le Pen. CALENDRIER EN DEUX TEMPS POUR PLASSAT Du côtés des affaires, le gros dossier du moment, c'est bien sûr l'annonce de l'arrivée de officielle de Georges Plassat chez Carrefour, que WanSquare avait laissée envisagée dés dimanche dernier. Ce transfert se ferait, en fait, en deux temps. Avec une première étape immédiate, sans doute dés dette semaine pour coopter le futur ex-patron de Vivarte comme administrateur de Carrefour et le désigner officiellement "urbi et orbi" comme le nouveau directeur général du groupe. Cette séance du conseil serait présidée par Lars Olofsson qui devra boire le calice jusqu'à la lie. Mais la deuxième étape devrait le voir quitter la tête de Carrefour lorsque prendra fin son mandact actuel d'administrateur, c'est-à-dire, le 18 juin prochain, jour de la prochaine assemblée générale des actionnaires. Ce qui laisse cinq mois à Georges Plassat pour prendre la mesure de l'ensemble des défis qu'il aura à relever. URAMIN : LES SILENCES DE LEMOINE De nouvelles révélations sont attendues dans les jours qui viennent sur les suites de l'affaire Uramin. Un nom n'a, pour l'instant jamais été cité, c'est celui de Frédéric Lemoine, alors président du conseil de surveillance d'Areva, aujourd'hui patron de Wendel. Or, curieusement, alors que ce dernier était en guerre ouverte avec Anne Lauvergeon sur pratiquement tous les sujets stratégiques, les minutes des différents conseils de surveillance témoignent d'un intérêt soudain de ce représentant de l'Etat au conseil d'Areva pour l'affaire Uramin. Chacune de ses interventions en séance était destinée à soutenir le projet d'acquisition, plus qu'à le "challenger" explique-t-on au sein de la commission d'enquête parlementaire. Une attitude qui, en termes de "corporate governance" amène à s'interroger sur l'existence de réels contre-pouvoirs au sein du management d'Areva, et sur l'attitude ambigüe du président du conseil qui s'était montré très timide sur bien d'autres opérations, et a fait preuve, cette-fois-là, d'un enthousiasme étrange !
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