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Les turbulences financières reprennent au moment où la cote de Sarkozy remonte
par Yves de Kerdrel

Semaine agitée tant sur le plan politique où les échanges de petites phrases ont été très violents entre les deux camps que sur le plan financier avec l'échec des négociations sur la dette grecque et la perte du Triple A français, même s'il s'agit d'un non-évènement. Tous les regards sont désormais braqués sur le sommet sur l'emploi de mercredi prochain.
15/01/2012 - 09:08 Temps Lecture 6 mn.
Après toute une série de mauvais sondages, voilà donc que la tendance s'inverse. Or comme l'a rappelé, ces derniers jours le quotidien Le Monde, c'est souvent dans le courant du mois de janvier ou de février que les courbes des intentions de vote se figent de manière presque définitive, si l'on se réfère aux quatre ou cinq dernières élections présidentielles. Dans l'entourage du Chef de l'Etat, et notamment de Guillaume Peltier, désigné cette semaine secrétaire national de l'UMP, et chargé de décrypter les sondages avec Patrick Buisson, on estime que trois points sont désormais à peu près certains. Primo : la cote de popularité de Nicolas Sarkozy qui s'est redressée de quelques points depuis ses voeux et à la faveur de ses différents déplacements peut encore progresser, mais seulement de manière marginale. Secundo : les intentions de vote de François Hollande vont continuer à reculer comme cela est le cas depuis une quinzaine de jours. Si bien que les deux courbes devraient se croiser chez tous les instituts de sondage - sauf surprise ou dérapage ! - d'ici la mi-février. Et dans ce cas. Il sera très difficile pour François Hollande de repasser au dessus du niveau d'intentions de vote pour le président sortant. Surtout à partir du moment où celui-ci se déclarera candidat, début mars. Tertio : Marine Le Pen devrait poursuivre sa montée en puissance en puisant dans les électeurs de Jean-Luc Mélenchon. Quant à François Bayrou, il devrait profiter de l'effet de bascule des déçus du député de Corrèze après avoir fait d'emblée le plein de voix des déçus du Sarkozysme. SANCTION A L'EGARD DE LA ZONE EURO Tout cela, c'est bien sûr sans compter l'effet Triple A. Pour les uns, l'effet sur la cote de Nicolas Sarkozy sera beaucoup plus limité qu'on peut l'imaginer, dans la mesure où la machine de guerre de l'UMP va tout faire pour montrer que si la France en est là, c'est parce que les socialistes ont fait le blocage depuis six mois sur la règle d'or. Pour les autres, c'est le mythe du "président-protecteur" qui disparait d'un seul coup. En fait le tort serait d'apprécier cette dégradation de la note française stricto sensu, alors qu'elle s'inscrit dans un cadre européen, et que Standard & Poor's a sanctionné ensemble neuf pays de la zone Euro. Cette mesure est donc bien moins une sanction à l'égard de la politique budgétaire menée par la France qu'à l'égard du système de secours de la zone Euro mis en place par Jean-Claude Trichet à travers le FESF. C'est ce dernier, la principale victime de la perte du triple A français, puisque, qu'il avait jusqu'ici deux piliers avec la meilleure signature possible : la France et l'Allemagne. Or maintenant, celle-ci, se retrouve seule ou presque à porter le poids de cette gigantesque roue de secours de la zone Euro. CANEPA, DIRECTEUR DE CAMPAGNE Dés vendredi soir, une fois le choc de l'annonce encaissé, le Chef de l'Etat avait déjà repris le dessus en étant entièrement concentré sur le sommet sur l'emploi du 18 janvier. Un sommet qui réunira, à l'Elysée, les partenaires sociaux, et au cours duquel le Chef de l'Etat veut déverrouiller l'accès à la formation professionnelle, assouplir, dans les deus sens la durée légale du travail, de manière à donner plus de facilité au chômage partiel au détriment des réductions d'effectifs. Par ailleurs, il ententend reposer très vite la question du financement des PME industrielles. Lors des réunions préparatoires à ce sommet, Nicolas Sarkozy n'a été tendre ni avec Laurence Parisot, ni avec les banquiers, accusés de ne pas financer l'économie réelle, "à la différence d'Oseo." C'est dire si le Président de la République reste toujours aussi combatif alors que sa campagne n'a pas encore débuté, que ses conseillers en sont à choisir un siège de campagne situé dans le quinzième arrondissement, Avenue de Suffren, non loin de la Seine, à mi chemin du nouveau siège de l'UMP, rue de Vaugirard, de l'Assemblée Nationale, des Ministères, et de l'Elysée. Quant au directeur de campagne, il se précise de plus en plus, selon les informations de WanSquare, qu'il s'agirait de Daniel Canepa, préfet de Paris et de la région Ile de France, ancien préfet du Nord-Pas de Calais, ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy au Ministère de l'Intérieur et très fin connaisseur de l'appareil d'état. C'est bien lui qui serait chargé de toute l'organisation de la campagne du président sortant, Brice Hortefeux, n'étant qu'un directeur politique, légèrement en retrait, notamment à cause des éclaboussures judiciaires de l'affaire Takkiedine. COUP DE POKER A ATHENES Sur le front économique la semaine qui débute risque d'être beaucoup plus agitée que la précédente à cause notamment de l'impact européen de la dégradation de Standard & Poor's. A cause aussi de l'échec, vendredi soir, des négociations entre les créanciers privés et le gouvernement grec dans le cadre du plan de sauvetage. Il semble que l'on assiste actuellement à une dangereuse partie de poker. La semaine passée, nous révélions que les exigences de "haircut" étaient montées jusqu'à 66 %, alors qu'officiellement le dernier plan ne prévoit qu'une décote de 50 %. En outre le gouvernement grec proposerait désormais en échange des anciens titres souverains des obligations rémunérées à seulement 3 %. Ce qui a poussé les représentants des 523 créanciers à interrompre leurs discussions. D'autant que la Troïka débarque à Athènes ce lundi pour une inspection qui ne sera ni facile, ni complaisante. L'une des portes de sortie de ce psychodrame pourrait résider dans l'intervention de la BCE, qui détient à elle seule 30 milliards d'euros de dettes souveraines grecques et qui pourrait apporter son écot au plan de sauvetage "volontaire". En tous cas, Mario Draghi, le président de la Banque Centrale ne l'a pas exclu, jeudi dernier, pour la première fois, alors que pour Jean-Claude Trichet, il s'agissait d'un sujet tabou. Les discussions pourraient reprendre ce mercredi. Dans l'agenda présidentiel, un déplacement impromptu à Rome a été prévu vendredi prochain, où Nicolas Sarkozy retrouvera Angela Merkel et Mario Monti. A dix jours du sommet européen. Cette rencontre est importante et portera à la fois sur la Grèce et le FESF, alors que les taux longs italiens peinent toujours à se détendre, même si le marché des émissions à court terme se porte un petit mieux depuis quelques jours. La semaine suivante aura lieu le forum de Davos, où de mémoire d'organisateurs on n'a jamais compté autant d'inscrits. Ce qui témoigne du climat d'anxiété ambiant et d'un besoin de comprendre et d'anticiper.
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