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éditorial / Yves de Kerdrel

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Yves de Kerdrel

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Début d'année 2012 en fanfare pour Nicolas Sarkozy face à un François Hollande toujours absent
par Yves de Kerdrel

Le Chef de l'Etat, qui a décidé de retarder au début du mois de mars, l'annonce de sa candidature va "balayer le terrain" tout au long du mois de janvier, notamment à l'occasion des voeux. De fait François Hollande risque de continuer à décevoir ses partisans en attendant l'annonce de son projet, prévue pour le début février.
01/01/2012 - 08:00 Temps Lecture 6 mn.
Comme c'était prévu, les voeux que Nicolas Sarkozy a adressés hier soir au peuple français se voulaient "rassembleurs". Dans un contexte de crise, dans un environnement marqué par la montée du chômage - et notamment du chômage de longue durée - dans une perspective européenne encore incertaine, le Chef de l'Etat qui s'était voulu, l'an passé, "protecteur", a cherché à rassembler. Avec bien sûr, en arrière-pensée les échéances électorales du printemps prochain. Dans cette perspective, il a évité tout propos polémique, toute phrase dérangeante, mais il a su rappeler sa détermination. C'est un marathon qui attend le président de la République tout au long de ce mois de janvier à l'occasion des diverses cérémonies des voeux. Dés aujourd'hui, pendant que les français fêteront le Nouvel An en famille, il devrait se rendre à Metz pour rencontrer les personnes ayant assuré la permanence des services publics au cours de la nuit de la saint-Sylvestre. Ensuite sa première cérémonie officielle sera dédiée aux armées, à l'occasion d'un déplacement, mardi prochain, à l'Ecole Navale, sur les rives de la rade de Brest. Et cela, juste après la mort de deux légionnaires français en Afghanistan. Le lendemain, sera consacré aux voeux aux corps constitués à l'occasion du Conseil des Ministres. DEUX DEPLACEMENTS A L'ETRANGER Ensuite, le Président de la République reprendra son tour de France avec des voeux "à la communauté éducative" le 5 janvier à Chasseneuil du Poitou sur les terres de Jean-Pierre Raffarin, une visite en Lorraine, le 6 janvier, pour célébrer le six-centième anniversaire de la naissance de Jeanne d'Arc (histoire de marcher sur les terres du Front National), puis des voeux à "la France solidaire" le 10 janvier à Mulhouse, "aux fonctionnaires" le 12 janvier à Lille, "au monde rural", le 17 janvier dans l'Ariège, département de Jean-Pierre Bel, le nouveau Président du Sénat, avec lequel ses rapports sont plus que distants, et "au monde économique et social", le 19 janvier à Lyon. Après quoi, il adressera ses voeux aux autorités religieuses et à la presse. Par ailleurs, dans les jours à venir le Président de la République a prévu deux courts déplacements à l'étranger. L'un, le 16 janvier à Madrid, à la fois, pour rencontrer le nouveau premier ministre, et pour recevoir, des mains du Roi Juan Carlos, l'Ordre de la Toison d'Or. L'autre, lundi 9 janvier, à Berlin, pour tenter de faire progresser la rédaction du traité inter-gouvernemental, dont la décision a été prise le 9 décembre dernier, et qui devrait être examiné lors du prochain sommet européen du 30 janvier. DEFIANCE A L'EGARD D'ATHENES A cette occasion, la chancelière allemande et le président français devraient également faire le point sur la situation grecque qui devient de plus en plus préoccupante même si l'on n'en a moins parlé du fait de la trêve des confiseurs. Les négociations de la trentaine de créanciers mandatés pour trouver les termes du "haircut" semblent butter sur les oppositions de certains hedge funds. De surcroit, il semble que la Grèce n'a pas prévu, dans ses simulations budgétaires pour 2012, de quoi recapitaliser ses propres banques qui seront les premières à être affectées par le "plan de sauvetage" avec la participation de créanciers privés. Ce qui accroit un peu plus la défiance de l'axe Paris-Berlin à l'égard d'Athènes. De son coté François Hollande a bien compris qu'il avait peu intérêt, face au "mitraillage" présidentiel, de dégainer son projet en janvier, comme cela était initialement prévu. De fait, avec Michel Sapin, le responsable du programme présidentiel, il entend rendre public ce projet, dans les tous premiers jours de février, une fois passé le sommet européen. A ce sujet, certains crissements de dents ont eu lieu dans l'équipe de François Hollande juste avant les fêtes, à l'occasion d'une réunion à huis-clos. Michel Sapin, que certains sommaient d'avancer sur le projet, a répondu : à quoi bon ? en faisant remarquer que " par deux fois la Droite avait gagné les élections présidentielles sans projet, et que François Hollande, pouvait également s'en passer. " Cette remarque n'a pas été du goût de l'ensemble de ses "camarades". BIG BANG DANS LES BANQUES Une fois rendu public ce projet, François Hollande, devrait mettre à bon escient tout le mois de février pour en faire le service après-vente. Dans le même temps, ordre a été donné à une série de jeunes députés et sénateurs de droite de monter au créneau et de "démolir" le programme du candidat socialiste. Ils rencontrent régulièrement le Chef de l'Etat et Brice Hortefeux afin de mettre en place cette riposte. Ce jeudi 5 janvier, ils sont conviés à diner à l'Elysée pour écouter Nicolas Sarkozy leur faire un point de la situation en début d'année. Au chapitre purement économique, le début d'année devrait être marqué par la préparation et l'annonce d'un vaste plan d'économies voire de restructurations chez Air France, dont Alexandre de Juniac a pris les commandes, il y a près de deux mois. Le but serait d'amplifier très largement le programme de 700 à 800 millions d'euros d'économies sur trois ans évoqué il y a quelques mois, quitte à fermer des lignes, quitte aussi à demander plus de flexibilité au personnel navigant. Autre sujet chaud : la réorganisation du secteur bancaire avec la mise en place d'un nouvel état-major à la Société Générale dés cette semaine, la mise en oeuvre des restructurations annoncées au sein du Crédit Agricole, et les rumeurs de plus en plus vives sur une cession des 51 % de Klépierre détenus par BNP Paribas, dont la valeur boursière est supérieure à 2 milliards d'euros. Une participation que surveille de très près le groupe Unibail-Rodamco dirigé par Guillaume Poitrinal. Enfin du côté de Groupama, les manoeuvres de remise en ordre ont occupé le nouvel état- major jusqu'au dernier jour de l'année, puisque le conseil d'administration de l'assureur a approuvé vendredi 30 décembre à la fois l'augmentation de capital de GAN Eurocourtage par la Caisse des Dépôts, à hauteur de 300 millions d'euros (sous forme d'actions de préférence) et le projet de rapprochement de la foncière Silic (dont Groupama détient 44 %) avec Icade, filiale de la CDC. L'Autorité de contrôle prudentiel devrait valider ces transactions autour de la mi-janvier. P.S. WanSquare présente à ses abonnés - de plus en plus nombreux - ses meilleurs voeux et leur souhaite une excellente année 2012
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