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éditorial / Yves de Kerdrel

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Pas de trève des confiseurs, cette année, pour Nicolas Sarkozy
par Yves de Kerdrel

Le Chef de l'Etat se prépare, depuis Paris et la Résidence de la Lanterne, à un mois de janvier à la fois très complexe sur le front européen, décisif sur le front social, avec le sommet du 18 du mois, et sans doute fatidique sur le plan politique, avec un épuisement de la candidature Hollande. Tout cela, entrecoupé, par de très nombreuses cérémonies de voeux.
25/12/2011 - 08:06 Temps Lecture 6 mn.
C'est en France que le couple présidentiel passera les fêtes, à la différence des années précédentes. Notamment de l'année dernière où Nicolas et Carla Sarkozy avaient passé la semaine de la "trève des confiseurs" à Marrakech, de manière à permettre au Président de la République de voir son fils Louis en vacances dans la ville marocaine, à un jet de pierres du palais prêté par le Roi du Maroc. Cette année, pas question de villégiature à l'étranger. D'abord, l'affaire des voyages de Michèle Alliot-Marie en Tunisie et de François Fillon en Egypte ont fait trop de vagues, il y a un an, pour se permettre la moindre imprudence en période électorale. Ensuite, bébé oblige, les fêtes se dérouleront entre la Villa Boileau, et la résidence de la Lanterne dans le Parc de Versailles. Ce qui n'empêchera pas le Président de la République de donner des rendez-vous de travail, ne serait-ce que pour préparer, avec Henri Guaino, le discours des voeux. Enfin, et surtout, Nicolas Sarkozy veut être à pied d'oeuvre pour préparer une année 2012 déterminante, et un mois de janvier crucial. LE DIABLE EUROPEEN DANS LES DETAILS D'abord il y a encore et toujours le front européen avec d'une part la mise en forme précise du traité intergouvernemental qui avance, mais butte encore sur de nombreux détails. Les négociateurs ont eu une dernière séance de travail le 20 décembre, avant de se revoir sans doute le 6 janvier de manière à progresser dans la rédaction de ce texte. Texte qui fait grincer beaucoup de dents à la fois à Bruxelles, où l'on sent bien que la Commission va être progressivement placée hors-jeu dans la perspective d'une Europe plus politique qu'administrative, et dans des petits pays limitrophes de la zone Euro, qui ont le sentiment d'être marginalisés. A coté de cette négociation il y en a une autre dont on parle moins, mais qui est tout aussi importante et qui concerne l'aide promise par l'Union Européenne à la Grèce. Celle-ci devrait être, en principe, entérinée lors du sommet européen qui se réunit à la fin du mois de janvier, si toutes les conditions imposées à Athènes sont réunies. Mais par ailleurs, du côté des créanciers privés, certains commencent à ruer dans les brancards. C'est le cas notamment du hedge fund Vega Asset Management qui redoute que l'on impose une décote supérieure à 50 % aux créanciers privés et qui s'insurge contre le fait que la BCE ne soit pas concernée par le plan de sauvetage, bien qu'elle est la première créancière de la Grèce. Alors qu'un certain calme était revenu autour de l'avenir de la monnaie unique, tous ces micro-évènements ont relancé les spéculations les plus noires, avec l'hypothèse d'un éclatement de l'union monétaire dés le mois de février. RUEE SUR L'OPEN-BAR DE LA BCE Tout cela, c'est évidemment, sans compter les dégradations de notes sur les créances souveraines, comme sur les bilans des établissements bancaires. Interrogé sur l'éventuelle perte du "Triple A" français, Jean-Pierre Jouyet, le président de l'AMF, a affirmé que cela "tiendrait du miracle" si l'Hexagone restait noté comme les douze autres meilleurs prêteurs au monde. En attendant la manière dont 523 banques européennes se sont ruées sur "l'open-bar" de crédit à 1 % ouvert par la BCE a quelque peu inquiété les observateurs. Mais cela montre aussi, à quel point, Mario Draghi, qui pourrait renouveler ce geste en février prochain, est prêt, à multiplier les mesures non conventionnelles de manière à permettre aux banques de prêter, éventuellement aux Etats, et surtout, d'éviter tout risque de credit-crunch, alors que 2012, sera l'année de la récession. Du côté purement politique, la semaine a été marquée par la poursuite du mouvement positif en faveur de François Bayrou, alors que Marine Le Pen semble stagner dans les sondages. Cela semble confirmer les analyses de plusieurs politologues qui affirment que le président du Modem mord sur l'électorat de François Hollande. Ce qui contribue donc à sa chute dans les sondages. En revanche aucun accord ne semble possible entre François Bayrou et le député de Corréze, comme ce dernier l'a laissé entendre cette semaine. Quant à Marine Le Pen, rien n'est joué, bien sûr, car tout dépendra du sort qui sera réservé à l'euro d'ici les élections présidentielles. "TOUT SE PASSE COMME PREVU" Il reste que Nicolas Sarkozy reste plus confiant que jamais. Comme nous l'a confirmé l'un de ses proches il répète "tout se passe exactement comme je l'avais prévu". C'est aussi ce qu'il a affirmé lundi dernier en petit comité à des députés conviés à l'Elysée, puis mardi soir, à un groupe de jeunes ministres, qu'il entend envoyer au front pendant la campagne électorale, et enfin mercredi devant quelques sénateurs invités Rue du Faubourg Saint-Honoré. A noter qu'à chaque fois, Brice Hortefeux, faisait partie du dispositif immédiat du Chef de l'Etat. Au chapitre des affaires l'un évènements marquants de la semaine passée a résidé dans l'annonce du troisième mois consécutif de décollecte pour l'assurance-vie à hauteur de 3,2 milliards d'euros. Ce qui porte le montant cumulé à 6,4 milliards au cours des trois passés, soit bien plus qu'au moment de l'affaire Lehman, comme si les français avaient réellement pris conscience qu'il y avait bien un risque "souverain" dans les contrats en "euros". Par ailleurs, les premiers calculs faits par les compagnies font ressortir des taux de rendement de l'ordre de 2,80 % pour 2011. Un ou deux assureurs ont fait savoir qu'ils procureraient du 3 %, même si nul n'ignore que cela relève davantage du marketing que du rendement obligataire ou du calcul actuariel. BADRE EN RENFORT POUR OUDEA Le problème, estime-t-on chez les assureurs, c'est que ce mouvement de retrait non compensé par des versements substantiels pourrait se poursuivre au début 2012. Surtout si le Livret A voit son taux de rendement passer à 2,75 % (hors fiscalité), mais avec un plafond bas. Par ailleurs beaucoup de gérants observent le retour d'actionnaires individuels vers les actions dans une perspective de rendement et dans le cadre du PEA. Enfin la surprise de cette fin d'année a été l'annonce de l'arrivée de Bertrand Badré comme directeur financier de la Société Générale. Bénéficiant d'une très bonne cote personnelle auprès des investisseurs anglo-saxons, acquise lorsqu'il occupait les mêmes fonctions chez Crédit Agricole SA, il devrait apporter un précieux soutien à Frédéric Oudéa pour redorer le blason de la SocGen à la City.
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