éditorial
Sarkozy mise sur la résolution de la crise grecque pour restaurer sa cote
par Yves de Kerdrel
Après les "affaires" touchant ses amis, les mauvais chiffres de la conjoncture, la perte de la majorité sénatoriale, et la division de l'UMP, le Président de la République compte sur une résolution rapide de la crise grecque pour restaurer sa crédibilité.
02/10/2011 - 08:55

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La rencontre, vendredi soir, entre Georges Papandréou et Nicolas Sarkozy avait un but : faire comprendre au premier ministre grec, que les réformes et les mesures exigées par la Troïka (Union Européenne, BCE et FMI) étaient nécessaires et urgentes. Ces mesures sont peut-être dures pour les grecs, mais elles sont la contrepartie incontournable de l'aide européenne.
Le Président français estime, à juste titre, avoir largement "mouillé le maillot" pour la Grèce. D'une part en organisant le plan de sauvetage du 21 juillet et en forçant à cette occasion la main d'Angela Merkel. D'autre part en se battant tout au long des dernières semaines pour faire en sorte que ce plan reste crédible, malgré la déroute des places financières, malgré les secousses qui ont affecté les banques et malgré le peu d'enthousiasme des créanciers privés.
XAVIER MUSCA CONFIANT
Le résultat c'est qu'au terme de la semaine écoulée, non seulement le Bundestag a voté, à une très large majorité, l'élargissement des prérogatives du Fonds Européen de Stabilité Financière - ce qui permet à la chancelière allemande de ne pas dépendre que de son opposition, et notamment des verts sur ce sujet - ce qui l'aurait considérablement fragilisée - mais en plus le total des pays qui ont ratifié le plan du 21 juillet s'élève à 14 sur 17. Seuls les Pays-Bas, Malte et surtout la Slovaquie doivent encore se prononcer.
A l'Elysée, où Xavier Musca passe beaucoup de temps sur ce dossier, on est confiant sur ces trois derniers votes. Même si La Haye n'a pas encore fixé de date et si le gouvernement devra faire voter le texte par son opposition social-démocrate. Quant à la Slovaquie, elle a fait comprendre qu'elle souhaitait voter ce texte, en dernier. En principe, ce devait être fait le 13 octobre. Mais en fin de semaine, des rumeurs circulaient à Bratislava sur un possible report du vote au 25 octobre. Ce qui a amené le président du conseil européen, Herman Van Rompuy, à aller rencontrer la première ministre slovaque pour lui demander de presser le pas.
LES BANQUES AU COEUR DES DISCUSSION
Il reste qu'en privé, Xavier Musca continue d'assurer que tout sera réglé pour la réunion extraordinaire des ministres des finances de la zone Euro qui doit se tenir le 13 octobre. Des contacts en coulisses auront sans doute lieu lundi et mardi à Luxembourg où se tiennent, d'abord la réunion de l'Eurogroupe, puis celle de de l'Ecofin. La France y sera représentée par François Baroin, qui a rappelé cette semaine, lors du dîner de la Revue des deux mondes, à quel point il était important de faire aboutir le plan du 21 juillet. Ne serait-ce que pour démontrer "la crédibilité de la gouvernance de la zone Euro".
LE MONDE DERRIERE AUBRY
Selon les informations obtenues par WanSquare les deux conseils de ce début de semaine à Luxembourg seront surtout consacrés au sort des banques européennes et au processus de recapitalisation envisagé pour les 16 établissements considérés comme étant les plus fragiles, à partir des stress-tests de l'été dernier. A ce sujet, à Paris, les rumeurs bruissent toujours sur un rapprochement plus ou moins volontaire entre BPCE et la Société Générale. Un schéma qui a été envisagé au début du mois de septembre, lorsque la banque dirigée par Frédéric Oudéa était vivement pointée du doigt par l'ensemble des investisseurs, et que suit toujours de très près René Ricol pour le compte de l'Elysée.
De la même manière le schéma de démantèlement de Dexia progresse de manière à recréer une entitée liée à la Banque Postale sous l'égide de la Caisse des dépôts. Mais au stade où en sont parvenues les études de faisabilité, les dirigeants français et belges de Dexia cherchent désormais à faire intervenir leurs ministres des finances respectifs.Autant dire qu'il y a encore loin de la coupe aux lèvres sur ce dossier, dans la mesure où il concerne tout le processus de financement des collectivités territoriales.
Sur un plan plus politique, maintenant que le Sénat est définitivement ancré à gauche avec un président socialiste (élu avec six voix de droite!), les primaires socialistes reviennent sur le devant de l'actualité. Comme la semaine passée une batterie de nouveaux sondages est attendue en ce début de semaine confirmant l'écart grandissant entre François Hollande qui fait la course en tête et Martine Aubry. A noter aussi la vive remontée d'Arnaud Montebourg qui bénéficie maintenant d'une proportion d'intentions de vote équivalente à celle attribuée à Ségolène Royal. Tout cela, à une semaine du premier tour. A noter qu'à l'occasion de ces primaires le journal Le Monde semble avoir décidé de prendre le parti de Martine Aubry, sous l'impulsion de Matthieu Pigasse. Ce qui provoque quelques bruissements à l'intérieur du grand quotidien du soir.
VERS UN ECLATEMENT DE L'UMP
Le débat intervenu la semaine dernière a permis de faire oublier, un instant, les affaires concernant les amis de Nicolas sarkozy à l'époque où il était Ministre du Buget d'Edouard Balladur. Néanmoins la très forte animosité des juges à l'égard du pouvoir, qui s'est traduite par la convocation du procureur de la république Philippe Courroye sur une affaire connexe au dossier Bettencourt, explique en grande partie la virulence de ces procédures judiciaires.
Mais la principale préoccupation de Nicolas Sarkozy, pour l'heure, en termes de politique intérieure, c'est l'éclatement de la droite, comme il l'a confié de manière virulente à ses hôtes, en début de semaine, lors du petit-déjeuner de la majorité. Eclatement sur la droite avec la constitution de la Droite Populaire comme vrai mouvement politique. Ce qui a provoqué des réactions virulentes de plusieurs ministres et parlementaires qui se réclament de la droite sociale et qui sont des fidèles du Premier Ministre.
Eclatement au centre avec la probable constitution d'un groupe parlementaire, dans les jours qui viennent, rassemblant les centristes et les radicaux fidèles à Jean-Louis Borloo. Ce dernier, finit d'écrire, avec l'aide d'un célèbre banquier d'affaires parisien, son livre programme qui doit sortir à la fin du mois d'octobre. Ce qui justifie son absence de la scène médiatique. En attendant, il a donc demandé à Rama Yade, qui reste très populaire, d'occuper le terrain. Mais tout cela montre bien que l'UMP a vécu, et que la principale victime de ces mouvements de plaques tectoniques, c'est Jean-François Copé, avant même Nicolas Sarkozy.
P.S. : selon nos informations, les milieux militaires bruissent d'une possible arrestation de Kadhafi cette semaine, alors qu'il a été localisé tout près de l'Algérie. Deux de ses fils, cachés ailleurs en Libye, pourraient également arrétés.
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