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Yves de Kerdrel

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La classe politique tétanisée par la possible faillite de la Grèce
par Yves de Kerdrel

Une cessation de paiements de la Grèce n'est désormais plus à exclure. Surtout après l'échec du sommet européen des ministre des finances qui n'a décidé qu'une chose : repousser d'un mois le versement d'un chèque promis à Athènes. Georges Papandréou qui était en partance pour New-York a dû rebrousser chemin et rentrer en Grèce hier soir, d'urgence.
18/09/2011 - 08:01 Temps Lecture 6 mn.
La semaine passée promettait d'être agitée sur le front bancaire et financier. Elle l'a été en effet, même si, in fine, le CAC 40 a enregistré un léger gain sur l'ensemble de la semaine (+ 1,7 %). Ce sursaut s'explique uniquement par l'ouverture d'un "open-bar en dollars" après une action concertée de l'ensemble des banques centrales. Une inititiative qui a rassuré la communauté des affaires et les investisseurs sur la situation de liquidités des banques. Un problème mis en exergue par l'annonce faite en début de semaine d'une volonté de la Société Générale et de BNP Paribas de réduire la voilure de leurs activités en billets verts. Si le problème de liquidités, pour le moment, est mis entre parenthèses, cela ne règle pas le problème de solvabilité du système bancaire sur lequel Christine Lagarde devrait revenir dans les jours qui viennent. D'autant qu'une étude confidentielle faite par Exane-BNP Paribas, que WanSquare s'est procurée, chiffre à 147 milliards d'euros le besoin de recapitalisation des banques européennes. C'est également ce qu'a répété Timoty Geithner, lors de son passage au conseil européen des ministres des finances : "jamais dans le monde, on n'a réglé un problème de solvabilité par des versements de liquidités." EVITER UN EVENEMENT DE CREDIT Mais le niveau des fonds propres des banques dépend des dépréciations qu'elles auront à passer sur la dette grecque. Puisque, le plan de sauvetage de la Grèce du 21 juillet a encore perdu de sa substance cette semaine. Avec d'une part l'annonce que seuls 75 % des créanciers privés seraient prêts à participer à ce plan (chiffre que WanSquare donnait il y a déjà deux semaines). Et d'autre part le durcissement des conditions posées par la Finlande, l'Autriche, la Slovaquie et même la Slovénie. Dans l'entourage de Nicolas Sarkozy, on se prépare à un défaut partiel de la Grèce. Et la décision de l'Union Européenne de reporter à octobre le versement de son prochain chèque à Athènes milite en ce sens. Car cela consiste à jouer avec le feu, lorsque l'on sait que le Trésor grec ne dispose en caisse que de 5 à 6 milliards d'euros de cash. Ce qui lui permet de régler les salaires jusqu'à la fin octobre. Toute la question qui se discute entre Paris et Berlin est d'amener progressivement à un "haircut" sur 50 % de la dette grecque, mais en évitant ce qu'on appelle un "évènement de crédit", de manière à ce que les CDS ne puissent être activés. Car, comme personne ne connait le montant et le volume de ces titres en circulation, nul ne souhaite ouvrir cette boîte noire. BERCY SURVEILLE LES BANQUES Le Trésor est totalement mobilisé sur ce dossier. Le week-end dernier, une cellule de crise a imaginé divers scénarios de recapitalisation d'une grande banque française avec un système mixte d'actions de préférence et de warrants. Parallèlement, les pouvoirs publics ont rouvert le dossier d'un scénario de rapprochement entre deux établissements financiers dans lesquels l'Etat est indirectement présent. A coté de cela l'ACP, surveille comme le lait sur le feu l'évolution d'un assureur mutualitste, détenant un portefeuille important de dettes souveraines. C'est dire si la fébrilité qui ressort, de temps à autre sur le marché, autour des valeurs financières, n'est en sommeil que de manière très provisoire. Nicolas Sarkozy a passé beaucoup de temps, avec Xavier Musca, sur tous ces dossiers, en début de semaine, avant son voyage éclair en Libye. Sa préoccupation, pour le moment, est de tout faire pour ne pas gêner Angela Merkel. Car si la France veut rester l'aiguillon politique du moment, elle a besoin, a tout prix, du chéquier allemand pour assurer la crédibilité de la zone euro. Lors d'un récent déjeuner d'éditorialistes, le Président de la République a laissé envisager qu'il entendait pousser les feux de la convergence franco-allemande, s'il était réélu pour un second mandat. DISCOURS ATTENDU DE FILLON François Fillon va faire, jeudi matin, un discours très attendu, à l'occasion de la remise du Prix de l'Audace Créatrice, devant un parterre de 500 chefs d'entreprise. Il s'agira de sa première intervention depuis la présentation du plan de rigueur, et surtout depuis la dégradation de l'environnement bancaire et financier. Même si pour l'instant aucun signe statistique de baisse des crédits n'a été observé, le locataire de Matignon devrait mettre en garde les banquiers d'un excès de prudence. Une prudence que certains préfèrent devancer. C'est ainsi que GDF Suez a tiré vendredi, par surprise, un crédit syndiqué de 2 milliards d'euros, alors que le groupe n'avait besoin que de 1,5 milliard. Les 500 millions de surplus ont été appelés, selon les informations de WanSquare, pour tester la "bonne volonté" des banques. Ce qui n'a pas été bien perçu par la communauté financière, d'autant plus que le patron de ce groupe est aussi président d'Europlace. En dehors de cette actualité économique, ce sont les primaires socialistes qui dominent la politique. Le premier débat télévisé a conforté l'avantage de François Hollande. Et dans l'hypothèse d'un second tour l'opposant à Martine Aubry, le député de Corrèze devrait facilement bénéficier des voix dévolues à Ségolène Royal et à Arnaud Montebourg, à la différence de Manuel Valls qui dispose d'un accord avec la Maire de Lille. Mais, si de nouveaux sondages favorables à François Hollande devraient être publiés en ce début de semaine, la course n'est pas terminée pour autant. Et le favori compte bien contiuer à labourer le terrain et à visiter les fédérations. DSK, APRES LE 20 H ? Reste l'inconnue DSK. Beaucoup, à gauche, regrettent qu'il ait tenu à intervenir dés ce dimanche au journal de 20 heures. D'autant qu'il ne devrait pas expliquer ce qui s'est passé au Sofitel ou avec Tristane Banon en se repliant derrière les actions judiciaires en cours. Il pourrait donc être tenté de faire des allusions subliminales aux primaires socialistes. Notamment à la demande de Laurent Fabius, dont le groupe d'experts, chargé de préparer les mesures à prendre en cas d'alternance, a tourné court. Finalement Anne Sinclair, a accepté qu'il retourne sur TF1, compte tenu des très bonnes relations personnelles qu'elle a conservées avec Claire Chazal. Mais, de fait, il ne faut pas s'attendre à une interview musclée, précise et insistante. Une interview écrite devait suivre dans Le Point, dés ce jeudi. Mais elle aurait été annulée. Notamment à cause du sondage publié par Le Journal du Dimanche de ce jour révélant que 53 % des français souhaitent le départ de DSK de la vie politique.
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