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éditorial / Yves de Kerdrel

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Nicolas Sarkozy pris en tenailles par les affaires et la crise financière
par Yves de Kerdrel

Le Président de la République ne souhaite pas intervenir sur la crise de l'euro, de peur d'être rapidement démenti par les faits. Cette absence pèse sur son image, tout autant que le déballage des affaires. Heureusement, la droite devrait conserver aujourd'hui la majorité au Sénat.
25/09/2011 - 07:58 Temps Lecture 6 mn.
En raison du déplacement de Nicolas Sarkozy à New-York pour l'assemblée générale des Nations Unies, le Conseil des Ministres ne s'est pas tenu la semaine passée. Pas de confidence du Président de la République, donc sur le climat général, l'air du temps et surtout la crise financière. Certains membres du gouvernement ne cachent pas pour autant leurs craintes sur l'ampleur du ralentissement économique et la chute de l'indice de confiance des chefs d'entreprise. L'un des principaux membres du gouvernement nous confiait hier : "Il faudrait que le Président parle. Mais s'il ne le fait pas, c'est parce qu'il redoute que les évènements qui sont liés à la crise grecque lui donnent tort." De fait Nicolas Sarkozy va essayer de rester silencieux sur la situation économique jusqu'à la veille du sommet du G 20, en espérant que d'ici là, le FMI et l'Union Européenne auront débouclé leurs versements respectifs à Athènes. Il devrait se contenter d'intervenir sur le front de l'emploi, notamment cette semaine en convoquant à l'Elysée tous les préfets de région pour une mobilisation générale sur ce thème. LE ROBINET DU CREDIT DIMINUE Tout cela montre à quel point le gouvernement est totalement démuni dans l'environnement actuel. Bercy continue de scruter comme le lait sur le feu la distribution de crédit aux entreprises. Pour l'heure, les services de la médiation du crédit n'observent pas plus de sollicitations que d'habitude. Mais plusieurs patrons d'entreprises de taille intermédiaire qui attendaient des offres de prêts se sont vus opposer un "non" gêné de la part de banques françaises, alors que les banques étrangères conservent leurs guichets ouverts. Cela explique la mobilisation générale au service des entreprises - notamment régionales - annoncée cette semaine par le Premier Ministre, lors de la remise du Prix de l'Audace Créatrice, avec la création d'un guichet unique pour aider les patrons à trouver des financements de haut de bilan, soit auprès d'Oseo, soit auprès du Fonds Stratégique d'Investissement. CELLULE DE CRISE Par ailleurs tant Bercy que Matignon suivent de très près les discussions en cours sur un rapprochement de Dexia et de La Banque Postale, sous l'égide de la Caisse des Dépôts. Plusieurs schémas sont encore à l'étude. Initialement le gouvernement aurait aimé pouvoir annoncer un pré-projet avant les sénatoriales. Mais l'aggravation de la crise financière a compliqué la donne. Le but de ce dossier, étant, bien sûr de sanctuariser le financement des collectivités locales dans une période, où elles auront un rôle majeur à jouer pour soutenir les PME. Autre dossier très surveillé : Groupama, qui a vu sa note abaissée une nouvelle fois en fin de semaine dernière par Standard & Poor's. Plusieurs institutions ont d'ores et déjà regardé cette affaire, complexe tant par sa situation financière que par sa structure capitalistique, où les "messieurs bons offices", de surcroit, s'appellent Alain Minc et René Ricol. S'agissant de la crise financière en elle-même, une cellule de crise réunit chaque soir Xavier Musca et Emmanuel Moulin à l'Elysée, ainsi que François Baroin, le cas échéant et Ramon Fernandez, le Directeur du Trésor. Pour l'heure les scénarios de recapitalisation des banques françaises, par émission d'actions de préférence et de warrants, ont été mis entre parenthèses. Mais ils pourraient être réactivés si nécessaire. EN ATTENDANT LE BUNDESTAG ! Le problème, c'est que même un renforcement des fonds propres des banques ne changerait rien au climat du moment, tant que l'hypothèse d'une restructuration drastique pèse sur la dette grecque et celle d'un nouvel abaissement de la note "plombe" la situation italienne. Demain soir, il y aura une grosse affluence lors du dîner de la Revue des Deux Mondes dont l'invité d'honneur sera François Baroin. Ne serait-ce que pour tenter de trouver quelques repères dans cet environnement obscur. En principe, c'est à la fin de cette semaine que le Bundestag, doit approuver, le second plan de sauvetage de la Grèce, grâce au vote de l'opposition à Angela Merkel. Après cela, il restera encore à obtenir l'approbation d'une douzaine de pays. Ce qui devrait amener, au plus tôt, à la fin décembre. Autant dire qu'il y a loin de la coupe aux lèvres dans la mise en oeuvre des mesures approuvées le 21 juillet. Ce qui justfie l'énervement et l'impatience qu'ont exprimés, cette semaine, les pays émergents. Dans cet environnement général plus que morose, qui se traduit par une profonde déterioration du moral des français (la collecte des Livrets A atteint un niveau record - ce qui laisse craindre de mauvais chiffres de consommation des ménages) le débalage des affaires, Bourgi, Djouri ou Karachi ne contribue pas à améliorer la cote du Président de la République. D'autant que chacun s'attend désormais à une prochaine convocation de Brice Hortefeux, voire d'Edouard Balladur, par le juge Van Ruymbeke. Ces spasmes judiciaires profitent déjà à Marine le Pen et au Front de gauche, dans les enquêtes d'opinion à paraître cette semaine. LE BAISER DE JUDAS DE DSK Du même coup, la tension est retombée à gauche, où beaucoup considèrent - peut-être à tort ? - qu'il n'y a plus de suspense. La dernière étude Ipsos faite pour Le Point a montré à la fois l'avance de François Hollande et l'avantage qu'il conserve sur sa principale rivale en termes de crédibilité, surtout pour mener le pays dans une période de crise. A cela s'ajoute le terrible "baiser de Judas" fait par DSK à l'égard de Martine Aubry lors de sa lamentable prestation de dimanche dernier. Une intervention qui n'a convaincu que 4 % des français ! Le deuxième débat confrontant les six candidats à la primaire socialiste aura lieu mercredi soir à l'occasion d'une émission en partenariat entre I-Télé et Europe 1. C'est Arlette Chabot qui devrait être l'animatrice de cette nouvelle rencontre qui démarrera, à nouveau par une minute de prise parole personnelle de chaque candidat avant un débat découpé en trois parties thématiques consacrées à l'économie, au social et à la sécurité. Beaucoup s'attendent à voir Martine Aubry faire preuve d'agressivité à l'égard de François Hollande. Mais ce dernier devrait engranger, dés cette semaine de nouveaux ralliements. Dont Jack Lang et Robert Hue, s'il est assuré d'avoir son siège au Sénat ! En principe la droite devrait conserver ce soir la majorité au Sénat, même si elle va sûrement perdre quatre sièges, dont un à Paris à cause de la dissidence de Pierre Charon, et un autre dans les Hauts-de-Seine. Mais la géométrie des groupes est telle au sein de la haute assemblée, que Gérard Larcher pourrait se voir maintenu à la présidence.
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