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Les trois freins à la progression du PIB, selon le patron de JP Morgan
Malgré l’agitation liée au témoignage de James Comey, l’ex-directeur du FBI remercié par Trump, devant le Congrès jeudi, James Dimon a profité du forum tenu par Business Roundtable, un lobby de CEO américains, à Washington la veille, pour prendre de la hauteur. Le patron de la plus grande banque au monde, JP Morgan, a ainsi expliqué les trois « faits très négatifs » qui freinent l’essor du PIB américain, chiffres à l’appui.
Tout d’abord, près de 70% des jeunes hommes ne sont pas aptes à faire leur service militaire, en raison de leur manque d’éducation – s’ils ne savent ni lire ni écrire – ou même de problèmes de santé, s’ils sont par exemples obèses ou diabétiques. « C’est un chiffre édifiant », s’est-il exclamé, faisant référence à un rapport du Pentagone qui intégrait aussi les personnes souffrant de troubles du comportement ou ayant des tatouages ou piercings inappropriés. Ensuite, « la moitié des enfants au cœur des villes ne sont pas diplômés du lycée. Et même ceux qui sont diplômés ne sont pas capables de travailler dans un emploi normal », a-t-il fait valoir, insistant ici sur le décalage entre les taux de diplômés en ville et dans les banlieues, selon un rapport de l’alliance America’s Promise de 2009.
Enfin, le taux de participation de la force de travail masculine a chuté drastiquement : pour les 25-54 ans, elle est passée de 96% en 1970 à 88,6% aujourd’hui, selon les données fédérales. Il a mis en cause l’environnement réglementaire, qui a impacté la création de sociétés et a empêché les Américains d’accéder à des prêts immobiliers. « Je pourrais continuer et citer toutes les choses qui nous ont ralentis et ont affecté les emplois et les salaires », a-t-il confié. Le dirigeant qui murmure à l’oreille de Donald Trump est également un ardent défenseur de la réforme fiscale, sur laquelle comptent ardemment les patrons. Un sondage sorti mardi montre que leur confiance est à un plus haut depuis trois ans, mais ils n’anticipent qu’une croissance à 2% en 2017, contre un objectif de 3% affiché par le gouvernement.
La principale source de confusion vient de ce que les mesures prises par Donald Trump sont pour l’instant contre-productives sur le PIB. Ainsi le très décrié décret sur l’immigration risque de ralentir encore plus la hausse de la force de travail, et ainsi de contrarier la croissance tant attendue. De même concernant la politique protectionniste à l’égard des échanges commerciaux voulue par le nouveau Président. En réalité, les trois projets de loi les plus favorables à l’emploi et à la croissance sont la réforme fiscale, réglementaire et le programme de dépenses d’infrastructures, s’il n’obère pas les finances publiques. Des chantiers sur lesquels l’administration Trump n’a pour l’instant pas beaucoup avancé, et dont les économistes doutent de plus en plus dans leurs projections 2017.
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