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éditorial / Yves de Kerdrel

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Yves de Kerdrel

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L'hypothèse d'une dissolution de l'Assemblée revient en force
par Yves de Kerdrel

La première sortie de François Hollande à la rencontre des français a tourné au fiasco en matière de communication. La France a découvert un Président de la République dépassé par les évènements, mais en train de perdre complètement son socle électoral, et le soutien des nouveaux députés. Ce qui justifie l'idée d'un recours aux ordonnances.
17/03/2013 - 07:37 Temps Lecture 8 mn.
Pour sa première tentative de reconquête des français, à l'occasion d'un séjour de 36 heures en Bourgogne, François Hollande a manqué son objectif. De ce déplacement les médias n'ont conservé que les images d'un socialiste mécontent brutalisé par la police et d'une bourguignonne suppliant le Président de se séparer de sa compagne. Autant dire que les principales préoccupations des français : le chômage, le logement, le pouvoir d'achat n'ont été abordées à aucun moment de ce déplacement. Ce qui a donné clairement le sentiment d'une pure opération de communication. D'ailleurs les français ne s'y sont pas trompés, puisque selon un sondage réalisé par BVA/CQFD, 65 % de nos concitoyens considèrent que ce type de déplacements n'est que de la " com ". Le pire, c?est que ce déplacement à Dijon, sur les terres du très indépendant François Rebsamen, a donné lieu à de nouveaux couacs. Le sénateur-maire a laissé filtrer l'idée présidentielle de légiférer par ordonnances. Une annonce qui a été aussi peu appréciée à gauche qu'à droite. Et qui montre surtout combien est désormais élevée la défiance du Parlement à l'Élysée. Une situation due à la surenchère des 160 députés socialistes nouvellement élus en juin dernier et qui sont pour la plupart des apparatchiks. L'autre couac a été révélé par le Canard Enchainé avec ce conseil de François Rebsamen au Chef de l'État : " il faut que tu vires un ministre ! " Une information confirmée en fin de semaine. Selon les informations de WanSquare, François Hollande devrait toutefois confirmer jeudi prochain sa volonté de recourir aux ordonnances pour accélérer les mesures sur le logement. AU 20 HEURES D'ICI DIX JOURS C'est dans ce contexte que le Chef de l'État devrait intervenir dans les jours qui viennent à la télévision - sans doute la semaine suivante -, à l'occasion d'un journal de 20 heures sur France 2, présenté par David Pujadas. Une émission exceptionnelle " Des Paroles et des Actes " a été un moment envisagée avant d'être abandonnée. D'autant que s'il se rend à la télévision, c'est davantage résigné et poussé par ses communicants. Car François Hollande sait très bien que le calendrier ne lui est guère favorable et qu'il n'a rien à annoncer aux français. Par ailleurs il a prévu de faire une conférence de presse courant mai, à l'occasion du premier anniversaire de son élection. Pour la première fois depuis les élections présidentielles, le fameux sondage réalisé par l'Ifop pour Paris Match a montré que Nicolas Sarkozy était passé devant François Hollande dans le classement des personnalités préférées des français à 53 % (+ 11 points en six mois) contre 44 % pour François Hollande. Une enquête réalisée après la publication par Valeurs Actuelles des propos de l'ancien Président de la République. L'OPPOSITION REMOBILISEE Compte tenu de tous ces éléments, de pus en plus de visiteurs du soir recommandent ouvertement au Chef de l'État de dissoudre l'Assemblée avant les municipales, et de recomposer une majorité autour des députés sociaux-démocrates, des centristes, voire des membres de l'UDI. Une chose est certaine, les visites de François Bayrou à l'Élysée se font de plus en plus fréquentes. De surcroit le retour du président du Modem sur la scène médiatique à l'occasion de la publication de son dernier livre ne doit rien au hasard. Tout cela va amener l'opposition à se ressouder dés cette semaine à l'occasion d'une motion de censure présentée par Christian Jacob et qui sera défendue par Jean-François Copé. Une attaque parlementaire centrée sur l'échec de la politique économique du gouvernement avec l'objectif manqué de la réduction du déficit budgétaire et surtout l'atonie de la croissance qui se transforme en récession. Le matin même de cette joute Pierre Moscovici se verra remettre par Angel Gurria, Secrétaire Général de l'OCDE, la nouvelle étude économique de la France. Ce travail très attendu présente l'analyse et les recommandations du Comité d'examen des situations économiques et des problèmes de développement (Comité EDR) de l'OCDE pour soutenir la croissance potentielle de l'économie française. Il s'agit d'un "examen par les pairs", conduit par les représentants des pays membres de l'OCDE au sein du comité. CRITIQUES ALLEMANDES En dehors de nos frontières, les inquiétudes qui s'expriment de plus en plus ouvertement concernent la France. Elles émanent d'interlocuteurs tant européens qu'asiatiques ou américains. Elles sont centrées sur plusieurs questions de fond. Le déficit de leadership politique en France (tous partis réunis) est apparent, et il se traduit dans une communication qui traite de divers sujets, sans pour autant donner une indication de l'orientation stratégique. Les problèmes semblent se traiter au cas par cas, sans beaucoup de cohérence. Lors d'une émission économique sur la BBC lundi dernier, il a été largement question des chiffres négatifs du secteur manufacturier, en baisse de 1,4 % au trimestre dernier (chiffres de l'INSEE). Cette statistique a frappé dans la mesure où la Banque de France tente désespérément de croire à une croissance de 0,1 % pour 2013 alors que les candidats à la présidentielle prévoyaient 2 %. A cela se sont ajoutées les déclarations du patron de la Bundesbank, Jens Weidman, stigmatisant la catalepsie du programme de réformes. Ce qui ne laisse pas beaucoup d'espoir d'une réduction des dépenses budgétaires. Il confirme les vues du représentant allemand, Jorgen Asmussen, qui pressait la France le mois dernier de prendre des mesures concrètes et mesurables. Le temps des discours est derrière nous. Comme l'a montré la presse allemande, cette semaine, il y a des gaspillages et des dépenses inutiles qui sont intolérables en période de crise, et dont l'élimination ne remet pas en cause pas le modèle social. Ce qui surprend parfois, c'est l'impression que l'urgence n'est pas là. Pierre Moscovici a précisé que, dans le contexte actuel, il n'était pas nécessaire d'aller au-delà des mesures décidées en 2012. Le monde attend des actions, pas des mots. LA BPI EN CHAOS PRODUCTIF Sur le front des marchés la bonne humeur est toujours là. D'abord parce que ce sont sur les actions que les investisseurs peuvent trouver les meilleurs rendements. Ensuite parce que les liquidités ingurgitées dans le système bancaire il y a un an réapparaissent sous cette forme. Enfin parce que de plus en plus d'opérateurs prévoient le retour d'opérations financières, y compris hostiles. Le nom de Lagardère revient souvent, mais aussi celui d'Arkema, voire même de Danone qui en profite pour accélérer ses rachats d'actions. La Banque Publique d'Investissement continue de prendre forme, non sans douleur. Comme en témoigne la révélation par WanSquare, cette semaine, du départ à l'amiable de Patricia Barbizet et de Denis Kessler du conseil d'administration du FSI. Un geste que Nicolas Dufourcq a tenté d'empêcher au point de proposer à Patricia Barbizet un nouveau poste dans la gouvernance de la BPI. Mais cette dernière tente au contraire de remettre à plat ses mandats d'administrateurs en quittant le conseil de Bouygues pour celui de PSA et celui de TF1. Mais le sujet qui agite le Landerneau Parisien en ce début de semaine concerne la réunion du conseil exécutif du Medef qui doit examiner les conclusions du Comité statutaire du Medef. Cet aréopage de 45 membres est, dit-on, très partagé sur la question d'une refonte des statuts. Demain il entendra les recommandations du comité ad hoc. Mais le vote sera effectué lors d'une réunion extraordinaire du Conseil exécutif d'ici le début du mois d'avril. Selon les sondages réalisés par WanSquare, le conseil serait assez divisé avec beaucoup d'indécis. Tout cela arrive à un moment où Frédéric Saint-Geours vient d'annoncer qu'il se lançait dans la course. Ce qui suscite beaucoup d'ironie dans le patronat qui lui préfère déjà un Pierre Gattaz, discret, besogneux et véritable industriel.
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