éditorial
DSK : entre le vrai suspense et le pétard mouillé
par Yves de Kerdrel
Le séjour de DSK à Paris, ce week-end, a été surmédiatisé ; après une mauvaise semaine pour lui dans les sondages. Toute cette journée de dimanche il va consulter, dans son appartement de la Place des Vosges.
20/02/2011 - 07:06

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Comme à son habitude, Stéphane Fouks, le patron d'Euro RSCG, a travaillé avec beaucoup d'efficacité. Après la petite phrase d'Anne Sinclair dans le Point de la semaine dernière et un article très "pudique" sur le patrimoine du couple DSK, le publicitaire a fait en sorte que ce week-end du G 20 à Paris, soit, en fait, une séquence entièrement concentrée sur le directeur général du FMI.
L'intervention de dimanche soir au cours du journal télévisé de France 2 et l'interview à paraître dans Le Parisien de lundi, avec un panel de lecteurs (pour faire comme le Président de la République) sont destinées à rappeler aux français que DSK reste proche d'eux. S'il intervient dans ces deux médias, ce n'est évidemment pas pour parler du FMI ou de la régulation financière. Il s'agit pour lui de reprendre contact avec la France de proximité et de répondre ainsi aux attaques de Christian Jacob.
UN DIMANCHE DE RENDEZ-VOUS
Mais à l'Elysée, on n'est pas dupe et l'on estime que tout cela est désormais trop organisé. Ce qui signifie que DSK a finalement décidé d'y aller. Tout va encore beaucoup dépendre des séries de rencontres qu'il a à son programme toute cette journée de dimanche dans son vaste duplex de la Place des Vosges (acheté pour 4 millions d'euros il y a quatre ans). Ses amis l'ont convaincu que Martine Aubry ne voulait plus y aller. Mais il reste le problème Ségolène Royal, puisque François Hollande s'effacerait devant DSK. Et rien ne dit que les primaires lui sont acquises face à la présidente de Poitou-Charentes. Surtout après sa chute de popularité auprès des sympathisants du PS.
Comme on le souligne dans la majorité, si DSK a de bons sondages au second tour, c'est parce qu'il est vu comme un candidat de droite. Mais le problème, c'est que les primaires se feront à gauche. D'autant plus que Jean-Luc Mélenchon va tout faire pour tirer le débat vers lui.
SARKOZY DEMONTE FILLON
Les déboires récents de Nicolas Sarkozy en matière de politique étrangère semblent avoir également joué un grand rôle dans le changement d'état d'esprit de DSK. Même s'il sous estime qu'il pourrait bien être, lui aussi, l'une des victimes collatérales de l'affaire Alliot-Marie. L'Elysée a déjà préparé tout un dossier sur les libéralités dont aurait profité, à une certaine époque, DSK, lorsqu'il n'était pas encore au FMI. Par ailleurs, une offensive est prévue afin de rappeler à l'opinion que le chantre de la rigueur et de la compétitivité, qu'il est devenu, a été, il y a une dizaine d'années, le réel instigateur des 35 heures.
Le climat s'est toutefois alourdi à l'Elysée cette semaine, avec les nouvelles révélations sur Michèle Alliot-Marie. Les proches de Nicolas Sarkozy n'hésitent pas à dire que le Canard Enchainé a été "alimenté" par Matignon. C'est ce qui explique qu'en début de semaine dernière, le Chef de l'Etat se soit montré très agressif à l'égard de François Fillon lors d'un déjeuner d'éditorialistes. Il a répété plusieurs fois : "je suis obligé de tout faire, car LUI ne fait rien". Bref la cohabitation reste plus difficile entre l'Elysée et Matignon qu'entre Sarkozy et Copé.
EN ATTENDANT L'EMPLOI
Dans l'entourage du Chef de l'Etat, les tenants d'un argumentaire sur le thème de la protection et de la confiance que sont Pierre Giacometti ou Nicolas Bazire se sont laissés distancer par l'influence de Patrick Buisson qui a imposé ce débat sur la laïcité - donc sur l'islam - afin de contrecarrer la forte montée en puissance de Marine Le Pen dans les sondages. Mais, à droite, beaucoup redoutent que ce débat, s'il est aussi mal mené que celui sur l'identité nationale, ne vienne renforcer la nouvelle présidente du Front National.
Sur le front économique la semaine va être marquée par la poursuite de la publication des comptes annuels des groupes du CAC 40. Leurs bénéfices cumulés pourraient atteindre 85 milliards d'euros en hausse de 50 % sur ceux de 2009, alors que le consensus de marché évoluait plutôt autour d'un rebond de 45 %. Autre indicateur à suivre avec attention : la publication jeudi des chiffres du chômage, dont, à l'Elysée, on espère bien une bonne surprise.
TOIS NOMINATIONS EN SUSPENS
Par ailleurs le Chef de l'Etat travaille sur trois dossiers de nominations. D'abord celle du successeur de Jean-Claude Trichet à la présidence de la BCE. Vendredi, lors de l'ouverture des travaux du G 20, il s'est montré très chaleureux avec Mario Draghi, le gouverneur de la Banque d'Italie, que The Economist encense aussi bien que le Financial Times. Mais l'opinion publique allemande va avoir un peu de mal avec une candidature italienne.
Autre nomination en vue sur son bureau : celle du futur patron d'Areva. Pour l'heure le microcosme parie sur un tandem constitué par Yazid Sabeg comme président du conseil de surveillance et Laurent Collet-Billon, actuel délégué général à l'armement, comme président du directoire. Mais Jean-Pierre Clamadieu fait un outsider très crédible, dont la cote monte régulièrement, d'autant qu'il est soutenu par le corps des mines. Dans ce cas le conseil de Rhodia ferait appel à Jérome Pécresse pour le remplacer, d'autant plus que la cohabitation entre ce dernier et Gilles Michel à la tête d'Imerys se passe mal.
Dernière nomination en perspective : celle du nouveau directeur général d'Air France. La tentative de Gilles Pelisson de prendre ce poste a vite avorté. En revanche Alexandre de Juniac, le directeur de cabinet de Christine Lagarde, qui a connu une expérience malheureuse auprès de la commission de déontologie afin de concourir pour la présidence d'Areva, pourrait bien recevoir ainsi son lot de consolation. D'autant plus qu'il fait partie des très proches de Nicolas Sarkozy. A moins que Patricia Barbizet, qui préside le comité d'investissement du FSI, emporte la mise. Elle siège déjà au conseil d'Air-France KLM. Réponse très vite dans les colonnes de WanSquare !
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