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DSK patine, Hollande avance et Sarkozy part en campagne
par Yves de Kerdrel

Le Directeur général du FMI n'a toujours pas arrêté de stratégie. Ce qui fait les affaires de Martine Aubry et surtout de François Hollande qui continue à grimper dans les sondages. Nicolas Sarkozy laboure le terrain comme jamais et publie un bilan détaillé de ses quatre années de présidence.
24/04/2011 - 07:50 Temps Lecture 6 mn.
Après les Ardennes, où il s'est livré à un véritable hymne aux usines, puis Le Havre où il a lancé la réforme des ports, Nicolas Sarkozy sera jeudi à Egletons, sur le plateau de Millevaches, à un jet de pierres du canton tenu par Bernadette Chirac. C'est la première fois que le Chef de l'Etat se rend en Corrèze, depuis qu'il a été élu à la Présidence de la république. Il devrait être accueilli sur place par François Hollande, en tant que président du Conseil Général du département. Cette visite destinée à mettre en valeur la filière bois - à laquelle Nicolas Sarkozy attache beaucoup de prix, depuis qu'Hervé Gaymard lui a rendu un rapport circonstancié sur le sujet - sera naturellement très médiatisée, car elle se déroule à la fois sur les terres de Jacques Chirac et celles de François Hollande, mais aussi dans une région qui a toujours eu une forte fibre radicale. Or désormais Nicolas Sarkozy ne perd plus une occasion d'attaquer de front son ancien ami, Jean-Louis Borloo, le président du parti radical. Au point qu'il a demandé à Jean-François Copé de faire en sorte qu'aucun radical ne soit investi par l'UMP pour législatives de 2012. LE SOCIAL REVIENT EN FORCE A l'Elysée, on estime très positif le bilan de la semaine passée. Le débat sur la prime de 1.000 euros a réussi à éclipser, en l'espace de quelques jours, toutes les scories liées à la laïcité ou les petites phrases de Claude Guéant sur l'immigration. Comme le lui conseillent depuis plusieurs semaines Pierre Giacometti et Jean-Michel Goudard, le Président de la République est revenu sur le terrain social. C'est volontairement que l'Elysée a fait hurler le patronat et même les syndicats avec cette prime, de manière à montrer qu'il se battait "seul contre tous" pour le pouvoir d'achat des français. D'autant que cette prime de 1.000 euros concernera finalement assez peu d'entreprises et donc pas énormément de salariés. Mais son effet dans l'opinion pourrait bien redonner un coup de fouet à la cote du Président de la République. Et à Bercy, on n'exclut pas d'autres manoeuvres de ce type dans les semaines qui viennent. VISITE A BENGHAZI ? Autre déplacement très attendu du Chef de l'Etat, à Benghazi fief des insurgés libyens. Une telle visite, que l'on prépare d'ores et déjà à l'Elysée dans le plus grand secret, pourrait avoir le même retentissement que le déplacement surprise de François Mitterrand à Beyrouth en novembre 1983, ou sa visite inattendue à Sarajevo le 28 juin 1992 sur un aérodrome mitraillé de partout, que n'arrivait même pas à rejoindre Bernard Kouchner. Le Président de la République a bien compris tout le parti qu'il pourrait tirer d'une telle visite juste avant le sommet du G8 où il sera évidemment question de la problématique libyenne avec Barack Obama et David Cameron. C'est dire si, dans les semaines qui viennent il faut s'attendre à voir le Chef de l'Etat sillonner le pays au moins deux fois par semaine, pour y déclamer un discours à teneur sociale, industrielle et agricole, de manière à récupérer la France qui souffre, celle qui travaille, mais qui n'a rien à voir avec celle qui va profiter de la réforme de l'ISF. Si Nicolas Sarkozy presse le pas, c'est aussi pour occuper le terrain tant que DSK n'a toujours pas arrêté de stratégie. Le directeur général du FMI sera à Paris cette semaine. Il devrait multiplier les rencontres, notamment avec ses amis qui le pressent de se déclarer, mais sans doute aussi avec Martine Aubry qui est partie passer le week-end pascal dans un palace... de Marrakech. Elle effectue ce séjour avec ses parents et ne pourra pas y rencontrer DSK qui ne vient pas dans son riad de la Médina à cette époque-ci. HOLLANDE EN TETE A Paris, Laurent Fabius continue de déployer beaucoup d'énergie pour DSK. Il a tenu cette semaine la première réunion de sa task-force économique, comme nous l'avions révélé la semaine passée. En revanche, contrairement à ce que nous indiquions, Serge Weinberg, le Président de Sanofi, ne fait pas partie de ce cénacle. Mais celui dont la stratégie s'avère la plus payante pour le moment est sans nul doute François Hollande qui poursuit sa montée dans les sondages. Certaines enquêtes d'opinion attendues cette semaine devraient le confirmer. La manière dont l'ancien premier secrétaire du PS a enfourché le cheval de bataille de la jeunesse semble lui profiter. D'où ses interventions jugées trop bruyantes par certains pour défendre le patron de Skyrock ou bien au Printemps de Bourges. Sur le plan purement économique les semaines qui viennent vont continuer d'être agitées sur le front grec. Car personne n'imagine un instant que la Grèce puisse échapper à une restructuration de sa dette, y compris de l'aide décidée il y a près d'un an par les seize pays alors membres de l'Euro sauf la Slovaquie qui avait refusé ce plan. Les grands argentiers européens ne semblent pas s'émouvoir de la forte poussée d'un parti populiste en Finlande. Un parti qui s'insurge justement contre ces plans d'aide à la Grèce, à l'Irlande et bientôt au Portugal. La question des "opinions publiques" ne peut pourtant pas être passée par pertes et profits. ASSEMBLEES A SURVEILLER La semaine à venir va être scandée par trois assemblées générales d'actionnaires d'importance : Axa, Danone et Unibail. Si cette dernière ne devrait pas poser de problème, les deux premières sont très attendues par les analystes en raison des perturbations enregistrées par les cours de ces groupes. En l'espace d'un an, l'action Axa a perdu 8 %, alors que l'indice Dow jones Stoxx Insurance a progressé dans le même temps de plus de 8 %. Quant à Danone, le titre a gagné moins de 9 %, grâce notamment à la politique massive de rachat d'actions. Ce qui le place encore en sous-performance par rapport à l'indice Dow Jones Stoxx Food. Par ailleurs, si le CAC 40 se maintient autour de 4.000 points, en dépit des incertitudes sur les dettes souveraines, le projet de cotation de Canal + initié par Lagardère devrait revoir le jour. A un moment où les IPO repartent un peu partout en Europe. La publication cette semaine du chiffre d'affaires de Saint-Gobain devrait d'ailleurs être l'occasion pour le groupe de faire le point sur la prochaine cotation de son activité emballage désormais dénommée Verallia.
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