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Yves de Kerdrel

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Le gouvernement face à la quadrature du cercle budgétaire
par Yves de Kerdrel

Maintenant que la séquence des législatives est passée, le gouvernement va s'attaquer au collectif budgétaire et au projet de budget pour 2013, sujets d'un séminaire gouvernemental ce lundi. Mais c'est la déclaration de politique générale du 3 juillet prochain qui donnera le ton des principaux arbitrages à venir.
24/06/2012 - 08:10 Temps Lecture 7 mn.
Après la séquence internationale des G8, G20 et du Sommet de l'Otan, après la césure très politique des élections législatives qui ont donné au gouvernement une majorité confortable, François Hollande entame une troisième séquence, sans doute la plus difficile de ce début de quinquennat : celle qui consiste à résoudre l'équation budgétaire tant pour 2012 que pour l'année prochaine avec comme but ultime d'être au rendez-vous des 3 % de déficit budgétaire en 2013. Dès ce lundi; un séminaire gouvernemental réunira autour de Jean-Marc Ayrault l'ensemble des ministres pour dresser un cadre préliminaire pour la loi de finances de l'année prochaine. C'est peu de dire que le gouvernement a été embarrassé par les révélations faites par Le Figaro la semaine dernière sur la poursuite de la réduction du nombre de fonctionnaires, et sur une forte baisse des dépenses d'intervention, qui seraient étudiées de très près par les services de Jérôme Cahuzac. Informations qui n'ont pas été démenties par Michel Sapin. Cela signifie que l'Elysée comme Matignon ont pris conscience que le matraquage fiscal qu'ils envisagent ne suffirait pas pour faire revenir les comptes publics dans "les clous" et qu'il fallait désormais "taper" dans les dépenses publiques quitte à maintenir un rythme d'attrition de la fonction publique aussi élevé que lors du quinquennat précédent. EN ATTENDANT LA COUR DES COMPTES La seconde conséquence à tirer de ce "changement de pied" réside dans la prise de conscience qu'un partage équitable entre recettes fiscales nouvelles et baisse des dépenses publiques aurait moins d'effet déflationniste alors que les prévisions les plus optimistes font état d'une croissance de 0,3 % pour cette année et de 1 % pour 2013. Si bien que certains se demandent si le gouvernement n'ira pas jusqu'à ne pas toucher à la hausse de la TVA qui doit entrer en vigueur le 1 er octobre et qu'il avait promis d'abroger. Tout dépendra enfin de l'audit de la Cour des Comptes qui sera rendu public le 2 juillet, veille du discours de politique générale. Du côté européen, à force d'avaler des couleuvres, François Hollande met de l'eau dans son vin dans ses rapports avec la Chancelière allemande. Le mini de sommet de Rome, n'a rien apporté de nouveau, si ce n'est un échange "pacte de croissance", en préparation depuis plusieurs mois, - dont les retombées pour la France seront symboliques - contre l'engagement par l'Hexagone que nous signerons bien le pacte budgétaire. L'interview de Mario Monti dans Le Monde daté de samedi 23 juin a été jugée à droite comme à gauche comme une très belle vision du futur agenda européen avec à la clé un donnant-donnant, Europe politique souhaitée par les allemands contre une Europe bancaire impliquant de nouvelles prérogatives pour la BCE et la possibilité pour elle de faire de la monétisation. Un sujet que François Hollande abordera demain matin avec Mario Draghi, et demain après-midi avec Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, avant un mini sommet franco-allemand à l'Elysée, mercredi. EMMANUEL MACRON OMNI-PRESENT Au G20 tous les participants ont été impressionnés par la préoccupation des américains comme des pays émergents à l'égard de la zone Euro. Pierre Moscovici est apparu comme presque absent, à la différence de Laurent Fabius. Mais c'est Emmanuel Macron qui était le plus sollicité, au point de tenir des briefings quotidiens et d'expliquer les tenants et les aboutissants de la position française. Le micro-évènement politique de la semaine a été le changement de poste "sanction" de Nicole Bricq, ex-ministre de l'écologie, passée au ministère du commerce extérieur. Elle a clairement fait les frais de sa décision d'empêcher Shell de forer au large de la Guyane, sans concertation, sans faire attention à l'importance de la parole donnée et sans mesurer les retombées pour l'économie locale. Une décision qui a obligé Laurence Parisot à monter au créneau, mais aussi Arnaud Montebourg, que tous les autres ministres semblent redouter comme s'il était "vice-premier ministre". URGENCE A LA CAISSE On attend toujours la nomination du Directeur Général de la Caisse des Dépôts, poste dévolu en principe à Jean-Paul Jouyet. Une fois nommé, ce dernier devra être agréé par les commissions des finances des deux assemblées à la majorité des trois cinquièmes. Surtout il aura à gérer d'emblée plusieurs gros dossiers en suspens depuis plusieurs semaines : une montée au capital de Transdev parallèlement à l'entrée du fonds Cube, la question de l'éventuel relèvement du plafond du Livret A, mesure largement déstabilisatrice pour les bilans bancaires, comme pour le secteur de l'assurance-vie, et les réflexions sur la future banque publique d'investissement. A ce sujet, le gouvernement pourrait procéder rapidement à la nomination d'une personnalité en charge de ce dossier suivi de très près par l'Elysée. Dans un monde des affaires où il ne se passe plus rien depuis deux mois, la plupart des chefs d'entreprises continuent de mettre l'accent sur les plans d'économie. Comme c'est le cas chez Lafarge. Surtout après le spectaculaire profit warning qui a affecté Danone la semaine passée. Tout cela laisse craindre des résultats semestriels plutôt dans le bas des fourchettes d'estimations des analystes. Sur fond d'un été monétaire encore très agité, même si le sommet européen des 28 et 29 juin tachera d'envoyer un maximum de signaux rassurants. PINAULT DERRIERE MUSCA Enfin, c'est demain soir que le conseil d'administration de l'AFEP se réunit pour désigner Pierre Pringuet, le directeur général de Pernod-Ricard, comme successeur pour Maurice Lévy. A un moment où les grandes entreprises viennent d'essuyer un "sale coup" qu'elles n'avaient pas vu venir à travers la nouvelle taxe de 3 % sur les distributions de dividendes ou les rachats d'actions. De quoi permettre à l'Etat de récupérer pas moins de 800 millions d'euros voire 1 milliard en année pleine. De quoi aussi continuer à décourager les quelques "veuves de Carpentras" qui croient encore à la Bourse. Par ailleurs, la place financière se félicite chaque jour de la prochaine nomination de Xavier Musca comme directeur général délégué du Crédit Agricole. Ce dernier pourrait vite s'imposer comme l'homme fort de la banque verte à coté d'un Jean-Paul Chifflet qui va être largement mobilisé, à partir de septembre prochain, par la présidence de Fédération Bancaire Française. Il se dit que François Pinault, dont le groupe est un gros client du Crédit Agricole, aurait joué le rôle de facilitateur dans ce transfert inattendu. PS : pour rester connecté tout l'été, et pour ne rien manquer de notre feuilleton quotidien sur le "voyage secret à travers la Hollandie" réalisé par Georges Valance, WanSquare offre un iPad 3 à 1 euro pour tout nouvel abonnement souscrit avant le 30 juin. Il ne vous reste que quelques jours pour profiter de cette offre exceptionnelle (au 01.57.08.66.67 ou par mail : ademontalembert@wansquare.com) !
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