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Yves de Kerdrel

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La mise en scène de l'opposition franco-allemande prend un tour dangereux à dix jours du sommet européen.
par Yves de Kerdrel

L'Elysée et le gouvernement ont choisi de faire d'Angela Merkel une adversaire déclarée en prenant à témoin l'opinion publique. Alors que la Chancelière allemande avait fait des propositions audacieuses en matière d'union politique afin de consolider la zone Euro qui risque d'entrer dans une période de turbulences avec le scrutin grec d'aujourd'hui.
17/06/2012 - 07:35 Temps Lecture 8 mn.
Le suspense est très limité concernant le résultat du second tour des élections législatives qui se déroule aujourd'hui. Il est probable, compte tenu des désistements effectués cette semaine, que le parti socialiste ait, à lui seul, la majorité absolue, voire même qu'il approche les 300 sièges. Les Verts devraient voir leur nombre de députés limité à une vingtaine. En revanche, le Front de Gauche pourrait ne se voir élu que dans une douzaine de circonscriptions. Ce qui lui interdirait, de fait, de bénéficier d'un groupe parlementaire, sauf si les seuils sont ensuite révisés à la baisse pour lui faire ce cadeau. Toujours est-il que Jean-Luc Mélenchon devrait boire le calice jusqu'à la lie. D'abord parce qu'il a refusé la circonscription du Val de Marne que lui avait proposée le Parti Socialiste en échange de son désistement en faveur de François Hollande. Il a préféré se livrer à une bataille de coqs à Hénin-Beaumont de laquelle il sort humilié. Ensuite, parce que son OPA sur le Parti Communiste a tourné court. A tel point que le gouvernement Ayrault 2 que l'on connaîtra jeudi soir devrait compter des ministres communistes. Enfin, parce qu'il ne lui reste plus comme tribune que son siège de député européen qui est un maigre porte-voix alors que le parti socialiste va s'employer à faire en sorte de faire entrer au gouvernement un sénateur communiste de manière à ce que Pierre Laurent, le patron du PC, devienne sénateur et retrouve son ascendant sur Jean-Luc Mélenchon. NOUVEAU GOUVERNEMENT JEUDI Du côté de la droite, il y aura probablement peu de défaites spectaculaires. Preuve que les votants n'ont pas tenu compte du caractère national de certaines personnalités, mais de leurs réalisations locales. Nathalie Kosciusko-Morizet devrait être élu d'un cheveu. Jean-François Copé est en bonne posture. Xavier Bertrand pourrait garder son siège. Seule Nadine Morano est en difficulté à Toul. Enfin le Front National est assuré d'avoir au moins une représentante, en la personne de la petite-fille de Jean-Marie Le Pen, 22 ans, qui a réussi son parachutage dans le Vaucluse. Dès demain Jean-Marc Ayrault devrait remettre la démission du gouvernement constitué il y a un mois, comme c'est la tradition. Mais compte tenu du déplacement de François Hollande au G 20 - qui se tient au Mexique -, puis au sommet de Rio, le nouveau gouvernement ne devrait être connu que jeudi soir, juste avant le journal de 20 heures. Ce laps de temps va permettre au chef de gouvernement de travailler sur plusieurs schémas qui feront la navette avec l'état-major du Président. SITUATION DANGEREUSE EN GRECE Enfin il restera à gérer les suites de l'affaire du "tweet" de Valérie Trierweiler et de la défaite annoncée de Ségolène Royal. La revanche et les exigences de cette dernière seront à la hauteur de la double humiliation qu'elle a subie. Mais de son côté François Hollande n'a pas droit à l'erreur dans les postes qu'il peut lui proposer. Au Parti Socialiste, personne ne veut entendre parler d'elle, ce qui lui barre la route de la succession de Martine Aubry. Si le suspense est réduit en ce qui concerne la future assemblée nationale, il ne l'est pas concernant l'assemblée grecque qui doit sortir des urnes ce dimanche. Toute l'Europe est suspendue à ce vote dans la mesure où même si 80 % des grecs affirment vouloir rester dans la zone Euro, l'arrêt du plan d'austérité exigé par Bruxelles et que le parti de gauche Syrisa se propose d'appliquer, entrainera de facto, à plus ou moins long terme le retour à la drachme. Bien sûr personne n'a le pouvoir d'exclure la Grèce de l'Euro. Mais il est toujours possible de stopper les versements de fonds dont elle a besoin. Or, sa situation financière est très tendue. A tel point qu'elle peut payer ses fonctionnaires uniquement jusqu'au 20 juillet prochain. Quant aux retraits d'argent des banques ils se maintiennent dans une fourchette quotidienne de 100 à 500 millions d'euros. TENSION EXCESSIVE AVEC MERKEL Une fois ces élections passées, et une fois le nouveau gouvernement Ayrault remis au travail, nous allons donc entrer dans une séquence européenne importante avec comme point d'orgue le sommet européen des 28 et 29 juin. Une séquence qui s'annonce difficile en raison de la mise en scène par la France d'une opposition systématique à Angela Merkel. Or contrairement à ce qu'ont laissé entendre les socialistes, le hiatus franco-allemand ne porte pas sur la croissance, mais sur les propositions d'union politique faites par Angela Merkel, dont François Hollande, influencé par Laurent Fabius ne veut pas entendre parler. Le Président de la République a même poussé l'humiliation jusqu'à laisser répondre aux allemands, par Bertrand Cazeneuve, qui avait voté non au référendum sur le traité constitutionnel, que leurs propositions étaient inacceptables. Dans l'entourage du Chef de l'Etat on est même allé jusqu'à se féliciter que les marchés s'attaquent à l'Italie et en fassent un nouveau maillon faible de la zone Euro. A l'Elysée, on espère que ces problèmes vont amener Mario Monti à faire alliance avec la France contre Angela Merkel. Tel a été l'objet de la rencontre à Rome entre le premier Ministre italien et le président français, qui a duré deux heures. Mais la contre-proposition hexagonale d'un package pour sauver l'euro n'a pas déchainé l'enthousiasme des pays membres de la zone Euro. DANS L'ATTENTE DU COUP DE MASSUE FISCAL C'est lors du déjeuner de patrons français et allemands qui s'est tenu lundi dernier à l'initiative de Jean-Louis Beffa et d'Emmanuel Macron, que François Hollande a pris conscience de la nécessité de proposer un cadre stable pour la monnaie européenne. Cependant les dirigeants allemands présents à ce déjeuner ont bien insisté sur la nécessité pour la France de ratifier le pacte budgétaire. Quant aux patrons français présents, ils sont restés assez discrets, à l'exception de Thierry Breton, qui n'a pas hésité à présenter des graphiques prouvant la dégradation de la situation économique du pays au cours des cinq dernières années. Du côté des chefs d'entreprise, dans une conjoncture de plus en plus molle, on attend avec anxiété les mesures fiscales du nouveau gouvernement qui seront probablement dévoilées lors du conseil des ministres du 4 juillet. On sait déjà que le collectif budgétaire comportera la remise en vigueur de l'ancien barème de l'ISF et la réduction des abattements pour les donations-partage, ainsi que le maintien de la hausse de 2 points de la CSG annoncée par Nicolas Sarkozy. A cela devraient s'ajouter des mesures concernant plus directement les entreprises comme la fin de l'exonération des heures supplémentaires ou la suppression de nombreux avantages liés à l'intégration fiscale. QUI POUR PRESIDER L'AFEP ? Concernant les nominations, comme WanSquare le laissait entendre dimanche dernier, Xavier Musca a refusé la proposition de présider l'AMF et a choisi de passer dans le secteur privé en devenant directeur général délégué du Crédit Agricole. La voie est donc libre désormais pour la nomination de Jean-Pierre Jouyet à la direction générale de la Caisse des Dépôts et la confirmation de la nomination de Jean-Paul Faugère à la tête de la CNP, en dépit du coup tordu d'Edmond Alphandéry cherchant à montrer que l'ancien directeur de cabinet de François Fillon devait être empêché pour des raisons déontologiques. Reste à savoir qui présidera l'AMF ? Quant à la succession de Maurice Lévy à la tête de l'AFEP, après sa démission annoncée jeudi soir, elle va faire l'objet d'un processus de sélection très rigoureux, assurent plusieurs membres du bureau. Serge Weinberg que beaucoup auraient vu à ce poste a décliné la proposition. Pierre-André de Chalendar pourrait recueillir de nombreux suffrages, mais il ne souhaite pas de ce poste très exposé. De même que Dominique Hériard-Dubreuil, la présidente de Rémy Cointreau. Henri de Castries a été sollicité, mais veut se consacrer entièrement à Axa. Du coup l'hypothèse Xavier Fontanet, qui va remplacer Henri Lachmann, comme président du conseil de surveillance de Schneider, est aujourd'hui la plus probable. PS : pour rester connecté tout l'été, WanSquare offre un iPad 3 à 1 euro pour tout nouvel abonnement souscrit avant le 30 juin. Profitez-en vite (au 01 57 08 66 67) !
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