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Yves de Kerdrel
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Les grandes manœuvres s’intensifient à gauche
par Yves de Kerdrel
Alors que François Hollande lance une campagne de communication, par le biais de journalistes amis, sur sa possibilité de gagner les élections de 2017, Manuel Valls est de plus en plus pressé de partir. A Matignon, on compte ardemment sur la loi Macron et ses mesures les plus insupportables à une partie de la gauche comme les ouvertures le dimanche, pour mettre le gouvernement en minorité. Ce qui procurerait au Premier Ministre une porte de sortie facile avant les départementales.
C’est tout un jeu de rôle qui se passe actuellement entre l’Elysée et Matignon. Alors que Manuel Valls était annoncé dimanche dernier au 20 heures de France 2, François Hollande a réuni une cellule de crise avec ses communicants afin de faire savoir que non seulement il serait candidat en 2017, mais que l’amélioration de la conjoncture et les problèmes de la droite, pourraient faire de lui un vainqueur naturel. Le but était naturellement de rappeler à l’opinion publique que le patron était à l’Elysée et non à Matignon.
C’est la raison pour laquelle, Manuel Valls a tenu un discours à la fois apaisé et ferme. Apaisé en déclarant qu’il était prêt à être premier ministre jusqu’à la fin du quinquennat. Et Ferme en posant comme condition le soutien sans faille du parlement. Ce qui lui laisse une porte de sortie au cas où un texte réformateur comme ceux que demandent les français ou bien Bruxelles devait être rejeté par les frondeurs, les aubrystes et certains socialistes plus traditionnels. La loi Macron avec tout ce qu’elle contient de mesures considérées comme provocatrices par une partie de la gauche, pourrait bien être le premier texte à réunir une majorité contre lui.
NKM MARGINALISEE A L’UMP
Voilà pourquoi le Premier Ministre fait plus que soutenir Emmanuel Macron, dans sa volonté de déverrouiller l’économie. Il a tenu mercredi dernier à assurer avec son ministre la présentation du texte de loi. Et le soir même il discourait devant la très socialiste fondation Jean-Jaurès. En insistant très largement sur la nécessité pour la gauche de se réinventer. Il a notamment mis en avant le concept de pré-distribution sur lequel les travaillistes britanniques essaient de se reconstruire. Tout compte fait, alors que François Hollande semble retrouver ses réflexes de synthèse en vue de 2017, lui ne change pas, mais le dit cette fois de manière moins brutale.
Deux semaines après son élection à la Présidence de l’UMP, Nicolas Sarkozy réorganise le parti de fond en comble tout en faisant taire les oppositions. La plus virulente est venue de Nathalie Kosciusko-Morizet qui exigeait d’être nommée Secrétaire Générale. Mais depuis le discours de Nîmes où l’ancien Chef de l’Etat avait remarqué qu’elle n’était plus appréciée par les militants il avait décidé de nommer à ce poste Laurent Wauquiez. Du coup l’entretien avec Nicolas Sarkozy s’est très mal passé. Elle a menacé de démissionner de l’UMP. Ce à quoi l’ancien Chef de l’Etat lui a rétorqué que si elle partait, c’était pour toujours. De fait elle est revenue le voir 48 heures plus tard en allant à Canossa.
UN APPAREIL DE L’UMP TRES SARKOZYSTE
Laurent Wauquiez qui a remporté la bataille sur l’essentiel laisse donc NKM l’accuser de courir après l’extrême-droite. Il l’a même trouvée en train de dévisser le panneau à son nom sur la porte de son bureau pour montrer que c’était elle la numéro deux du parti et non lui. Le Maire du Puy en Velay tente de calmer le jeu avec sa rivale car il ne veut pas apparaître encore mêlé à des luttes de pouvoir. Il se sait critiqué dans son camp pour sa tendance à faire cavalier seul. De fait il entend tirer profit de la situation pour montrer qu’il sait aussi jouer collectif.
Dans la répartition des nouveaux postes au sein de l’appareil de l’UMP les sarkozystes ont été plutôt bien servis. Tout cela ressort dans l'organigramme de la direction du parti d’opposition, qui a été complété mardi dernier. Les trois délégués généraux nommés sont tous des partisans de l'ancien chef de l'Etat : Marc-Philippe Daubresse est chargé de la construction et du logement, Eric Woerth de l'économie et des finances et David Douillet (également proche de Xavier Bertrand) des nouveaux adhérents. Sur les quatre secrétaires nationaux fonctionnels nommés, deux sont sarkozystes : le député Thierry Mariani (Français de l'étranger), le maire de Mulhouse Jean Rottner (élus locaux). Deux ont soutenu François Fillon lors de la campagne pour la présidence de l'UMP en 2012 : Françoise Guégot (aux cadres du mouvement) et Véronique Louwagie (nouveaux talents).
UN CABINET FANTOME POUR LA DROITE
Enfin pas moins de 18 secrétaires nationaux thématiques ont aussi été nommés, parmi lesquels figurent une majorité de soutiens du nouveau président du mouvement : le député de l'Yonne Guillaume Larrivé (réforme des institutions), le maire d'Arcachon Yves Foulon (tourisme), le député du Rhône Georges Fenech (justice), la députée de Haute-Garonne Laurence Arribagé (sports), l'ex-ministre Nora Berra (professions libérales) ou la maire de Calais Natacha Bouchart (ville). Jérôme Peyrat, conseiller politique de Nathalie-Kosciusko-Morizet, sera en charge de la ruralité, alors que le député de la Marne Arnaud Robinet, proche de Xavier Bertrand, s'occupera de la santé. Le député du Rhône, Philippe Meunier, membre du collectif de la Droite populaire, s'occupera des questions de défense. La sénatrice centriste Fabienne Keller sera elle, spécialisée sur l'environnement et les transports.
Le sénateur sarkozyste, Roger Karoutchi, a été nommé vice-président de la commission nationale d'investiture, pilotée par Christian Estrosi, un autre fidèle du nouveau président de l'UMP. La maire du Cannet, Michèle Tabarot, proche de Jean-François Copé, est quant à elle confirmée dans ses fonctions à la présidence de l'ANDL. Une association qui organise des formations pour les élus de l'UMP. Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a annoncé mardi la création d'un comité des maires, présidé par le maire de Toulon Hubert Falco. Un comité des Outre-mer, composé des parlementaires et des maires d'Outre-mer, va aussi voir le jour en janvier 2015.
LA CHINE SUR LA PREMIERE MARCHE DU PODIUM
Sur le plan macro-économique le FMI a créé la surprise cette semaine en annonçant que la Chine devenait d’une certaine manière la première puissance mondiale. En fait ce classement est vrai si l’on précise bien que chaque pays est mesuré en termes de parité de pouvoir d'achat. Ce qui permet de mieux prendre en compte ce que permettent d'acheter localement les devises de chaque pays. De fait, le produit intérieur brut (PIB) chinois devrait frôler les 17.600 milliards de dollars d'ici à décembre, contre 17.400 milliards de dollars pour le PIB américain, selon les données publiées par le Fonds monétaire international. Loin derrière, les pays européens: l'Allemagne (3600 milliards), la France (2500 milliards) ou le Royaume-Uni (2400 milliards).
Bien sûr, si l’on regroupe tous les États européens - comme pour les États-Unis -, c'est...le «Vieux continent» qui s'affiche, cette année, comme la plus grande puissance économique du monde avec 18.100 milliards de dollars de richesses. Il reste que l'Europe est clairement en panne d'un point de vue économique. Sur les cinq dernières années, la Chine a vu ses richesses progresser de 7000 milliards, les Etats-Unis, de 3000 milliards et l'Europe de 2200 milliards. Une tendance qui devrait se poursuivre jusqu'en 2019, selon les prévisions du FMI: le PIB de la Chine augmentera d'un peu plus de 9000 milliards de dollars, celui des Etats-Unis d'un peu moins de 5000 milliards et celui de l'Europe, de 4000 milliards.
DES PATRONS DE PME DEPRIMES
Autre fait économique majeur : Les cours du pétrole sont passés sous le seuil psychologique des 60 dollars, jeudi soir, et ils ont poursuivi leur recul vendredi. Le prix du baril de pétrole a perdu 44 % de sa valeur depuis juin - son dernier pic. L’or noir est confronté à une production mondiale excédentaire, avec notamment la hausse de la production américaine, alors que la demande n’est pas très vaillante, la conjoncture n’étant pas bonne au plan mondial, notamment au Japon, en Europe et en Chine, où l’économie poursuit son ralentissement. Ce nouveau recul du prix du brut a été l’un des éléments qui, jeudi, ont provoqué des turbulences sur les marchés financiers mondiaux.
Sur le plan hexagonal, rien ne s’arrange si l’on se réfère à la dernière étude des économistes de BPCE, publiée jeudi. Celle-ci dresse un tableau sombre de l’état d’esprit des patrons de PME. Ces derniers apparaissent plutôt déprimés, à l’image de la conjoncture. Ainsi 54 % d’entre eux estiment que leur entreprise est en stagnation ou en repli, et 58 % sont aujourd’hui focalisés avant tout sur la consolidation financière de leur affaire. Second constat du sondage : pour plus de 80 % des patrons, l’objectif prioritaire est de réduire coûts de production et charges, afin de restaurer leurs marges, toujours au plus bas.
FABER S’IMPOSE CHEZ DANONE
La division nutrition médicale de Danone n’est pas à vendre. C’est la position du conseil d’administration du groupe qui s’est tenu jeudi 11 décembre. Une déclaration qui met fin aux rumeurs insistantes de cession de l’activité de nutrition médicale, le plus petit pôle du groupe. Danone est entré sur ce marché suite à l’acquisition du néerlandais Numico en 2007. Mais cette branche ne représente que 6 % de ses ventes et a pour particularité d’utiliser d’autres canaux de distribution que les produits de grande consommation. Plusieurs industriels avaient commencé à se manifester pour un prix d’achat de 3 milliards d’euros. Selon les informations de WanSquare des offres fermes auraient même été déposées. Mais après analyse Danone a considéré qu’il y avait, pour l’heure, plus de création de valeur dans le maintien dans son giron de cette activité.
Le groupe Kering a annoncé pour sa part vendredi matin le départ de Patrizio di Marco, PDG de Gucci, sa marque de luxe italienne, ainsi que de Frida Giannini, la directrice de la création qui est également la compagne du dirigeant. Le nouveau patron de Gucci, Marco Bizzarri, était depuis avril dernier le directeur général du pôle Luxe-Couture & Maroquinerie de Kering. Les dirigeants de Gucci ont payé cher une stratégie de marque très discutée de même que le caractère un peu trop original des collections. Ce qui s’est traduit par des ventes en baisse de 1,1% au premier trimestre par rapport à la même période de 2013. Le résultat opérationnel courant de la maison florentine s’inscrivait quant à lui en baisse de 5,1% à 527 millions d’euros.
FIMALAC SEME LE TROUBLE
Enfin, c’est mardi prochain que se réunira le conseil d’administration de Crédit Agricole SA, qui entre autres choses va lancer le processus de sélection du successeur de Jean-Louis Chifflet dont le mandat prendra fin en mai prochain à l’issue de la prochaine assemblée générale. Dés le lendemain, mercredi, un premier comité des nominations sous la présidence de Monica Mondardini, la patronne de l’Espresso, se réunira pour mettre en place le cahier des charges destiné au recrutement du nouveau patron de la banque verte. Les autres membres de ce comité sont Jean-Marie Sander, Président du Conseil d’administration de Crédit Agricole S.A, Dominique Lefebvre, président de la fédération nationale du Crédit Agricole, Philippe Brassac, vice président du conseil, Laurence Dors, ex-secrétaire générale de Renault et Jean-Claude Rigaud, président de Caisse régionale.
Les investisseurs surveilleront demain à la fois l’évolution des emprunts d’état après la nouvelle dégradation de Fitch et celle du titre Fimalac qui s’est effondré de 13 % au cours des six derniers mois, et alors que la holding de Marc de Lacharrière vient d’annoncer la vente de 30 % de l’agence de notation. Sa stratégie visant à monétiser cette participation lucrative et stable pour acheter des sites internet qui seront démodés dans moins de cinq ans laisse sceptique plus d’un investisseur. Surtout à l’aube d’un nouveau krach internet que beaucoup redoutent.Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
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