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Yves de Kerdrel
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Un début 2018 sur les chapeaux de roue
par Yves de Kerdrel
Après une semaine de repos, Emmanuel Macron entend remettre très vite tout le monde au travail avec plusieurs textes de loi aussi bien dans le domaine économique que dans l’espace régalien. Une méthode qui lui a jusqu’ici parfaitement réussi.
Après quelques jours de repos dans les Pyrénées, Emmanuel Macron présentera donc ce dimanche 31 décembre 2017 ses premiers vœux aux Français. Pour le moment rien n'a filtré sur la manière dont le Président va se plier à l'exercice. Et l'Élysée est avare de confidences, comme pour ménager l'effet de surprise. Emmanuel Macron innovera-t-il pour cette tradition établie par le Général de Gaulle ? En tout cas, le Président de la République donnera bien une allocution télévisée qui sera diffusée à 20 heures le soir du réveillon du Nouvel an. Cet exercice ultra-classique, dont la forme a peu varié au fil des années, pourrait bien changer cette année. Les conseillers du Président lui ont fait des propositions pour tenter de renouveler le genre et parmi lesquelles il devait trancher.
Ce discours sera également l'occasion pour Emmanuel Macron de revenir rapidement sur son action et celle de son gouvernement au cours de l'année écoulée et parfois, sur l'annonce de nouvelles réformes et d'un cap pour l'année à venir. Comme WanSquare le révélait il y a trois semaines le seul changement notable pour le moment, c'est l'annonce que les cérémonies de vœux ne seront pas étirées sur tout le mois de janvier comme ont eu l'habitude de faire ses prédécesseurs. Contrairement à François Hollande qui, début 2016, avait prononcé neuf discours tout au long du mois de janvier, Emmanuel Macron veut aller vite. Selon nos informations, obtenues dans l’entourage du Chef de l’Etat, le Président va ramasser cette cérémonie des voeux en trois jours, du 2 au 5 janvier avant de quitter la France pour un voyage officiel en Chine le 7 janvier. Il pourra ensuite se consacrer aux chantiers sensibles, comme l'assurance-chômage, la formation professionnelle et l'apprentissage.
SÉMINAIRE GOUVERNEMENTAL
Encore une fois Emmanuel Macron souhaite que ce début d’année aille vite. Le gouvernement se réunira pour un séminaire de rentrée, dès le 3 janvier, afin de préparer le calendrier chargé sur le plan législatif. Ce séminaire se tiendra à Paris dans la foulée du premier conseil des ministres de 2018, prévu dans la matinée. Parmi les sujets à l’ordre du jour figurent le projet de loi de programmation militaire, le projet de loi asile-immigration de même que le sujet de la réforme constitutionnelle. Dans le domaine économique et social, il y a la réforme de la formation professionnelle et de l'apprentissage, celle de l’assurance-chômage qui fait déjà couler beaucoup d’encre et puis le projet de loi porté par Bercy permettant la croissance et la transformation des entreprises.
Le Conseil constitutionnel a jugé conforme, jeudi, l'essentiel du projet de budget 2018 du gouvernement. Ont été validés notamment la transformation de l’impôt sur la fortune en impôt sur la seule fortune immobilière, la réforme de la taxe d'habitation, l'introduction du Prélèvement forfaitaire Unique de 30% sur les revenus de l'épargne et la réforme des aides au logement. Concernant la réforme de la taxe d'habitation, les sénateurs et députés de l'opposition avaient plaidé auprès du Conseil que celle-ci allait à l'encontre de deux principes constitutionnels, l'égalité devant les charges publiques et l'autonomie fiscale des collectivités. Sur les deux points, les Sages ont estimé que la copie du gouvernement ne violait pas la constitution.
LE SUJET DU CONTRÔLE DES CHÔMEURS
Sur le premier, les sénateurs et députés de l'opposition avaient fait valoir qu'une minorité de contribuables resteront imposables à la taxe d'habitation en 2020. Cela pourrait entraîner que, dans certaines communes, la taxe d'habitation ne soit plus acquittée que par un nombre très réduit de personnes. Argument rejeté par les Sages. Toutefois, ces derniers se sont réservés le droit de revenir sur le sujet en fonction de la façon dont sera traitée la situation des contribuables restant assujettis à la taxe d'habitation dans le cadre d'une réforme annoncée de la fiscalité locale à horizon 2020. Concernant l'autonomie fiscale des collectivités, la réforme ne la met pas en danger. Et si tel était le cas, rappelle le Conseil, le gouvernement disposerait de deux ans pour rectifier le tir et arrêter les mesures appropriées pour rétablir le degré d'autonomie financière des communes au niveau imposé par le législateur.
Un article du Canard Enchaîné dévoilant une note confidentielle du Ministère du travail qui évoquait un net durcissement du contrôle des chômeurs dans le cadre de la réforme en préparation a suscité un tollé. Ce qui a même obligé le Chef de l’Etat, en vacances dans les Pyrénées à sortir de sa réserve. Selon les informations de WanSquare, plutôt que de durcir les sanctions contre les chômeurs qui ne respectent pas leurs engagements, le gouvernement cherche à les rendre applicables. Notamment en donnant plus de pouvoir à Pôle emploi. La loi prévoit déjà toutes sortes de sanctions lorsqu’un chômeur n’est pas assez actif, qui vont de la suspension temporaire du versement des allocations à la radiation. Dans le cadre de sa réforme de l'assurance chômage, le gouvernement veut harmoniser toutes ces sanctions. Car certaines sont totalement illisibles et pas forcément proportionnées aux faits reprochés. Par ailleurs ces sanctions ne sont pas jamais appliquées parce que le fait de supprimer des allocations ne relève pas de Pôle emploi mais des préfets. Or ces derniers ont toujours une bonne raison de ne pas prendre ce type de décision.
BELLE FIN D’ANNÉE AUX ÉTATS-UNIS
Le ministère du Travail voudrait que l'ensemble de ces manquements soient sanctionnés de la même manière. Les allocations seraient supprimées de moitié pendant une période de deux mois, qu'il s'agisse d'un refus de formation, d'offres d'emploi raisonnable ou que le chômeur soit dans l'incapacité de justifier de ses recherches. Surtout, la décision relèverait non plus des préfets mais directement de Pôle emploi. Emmanuel Macron a en effet toujours été très clair sur sa volonté de réformer le système, assumant un contrôle plus efficace de la façon dont les chômeurs prennent à coeur leur recherche d'emploi et les offres qui leur sont faites. Cela figurait dans son programme de campagne pour la présidentielle. Il n’y a donc pas de quoi s’émouvoir de ce qui a nourri les polémiques politiciennes pendant la trêve des confiseurs.
Au chapitre économique les nouvelles en provenance des Etats-Unis sont bien meilleures pour cette fin d’année que ce que laissaient craindre certains experts. Les inscriptions hebdomadaires au chômage sont restées inchangées outre-Atlantique lors de la semaine au 23 décembre à 245.000, un niveau synonyme de bonne santé du marché du travail, a annoncé jeudi le département du Travail.
Les économistes avaient anticipé en moyenne une légère baisse, à 240.000 inscriptions au chômage. Les inscriptions de la semaine au 9 décembre ont été confirmées à 245.000. La moyenne mobile sur quatre semaines, qui offre un meilleur reflet de la réalité du marché du travail, s'établit à 237.750 contre 236.000 la semaine précédente. Le nombre de personnes percevant régulièrement des indemnités s'est élevé à 1,943 million lors de la semaine au 16 décembre contre 1,936 million la semaine précédente.
UN CRU 2017 EXCEPTIONNEL POUR LES MARCHÉS
Par ailleurs la croissance de l'activité manufacturière dans la région de Chicago a rebondi de manière inattendue en décembre après un repli le mois dernier, montre l'enquête mensuelle auprès des directeurs d'achats de l'institut ISM publiée jeudi. L’indice PMI de Chicago est ressorti à 67,6, au plus haut depuis mars 2011, contre 63,9 en novembre. Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne un recul à 62,0. La barre des 50 marque la frontière entre croissance et contraction de l'activité. De même, les stocks américains de pétrole brut ont baissé plus que prévu la semaine dernière à la faveur d'une hausse de la production des raffineries, tandis que les stocks d'essence et ceux de produits distillés ont augmenté, montrent les données publiées jeudi par l'Agence américaine d'information sur l'énergie. Les stocks de brut ont diminué de 4,6 millions de barils dans la semaine au 22 décembre. Les économistes attendaient en moyenne une contraction de quatre millions de barils. Surtout la capacité d'utilisation des raffineries a progressé de 1,6 point de pourcentage.
En cette toute fin d’année les marchés d’actions européens évoluaient en ordre dispersé. Faute d’information de premier plan, les investisseurs s’en tiennent aux thèmes qui ont dominé l’année et notamment à la promesse de Donald Trump de réduire la fiscalité des entreprises et d’assouplir la réglementation, notamment pour les banques. Le cru 2017 s’annonce comme le meilleur depuis 2013 sur le Vieux Continent grâce aux valeurs technologiques (+19,7%) et aux ressources de base (+19%). Le Dax allemand affiche un gain de 12,8% sur l’année, devant le Mib italien (+14,5%), le CAC 40 (+9,7%) et l’Ibex madrilène (+7,6%), qui a récemment pâti des incertitudes liées aux velléités d’indépendance de la Catalogne. Pénalisé par le Brexit, puis par le renforcement de la Livre sterling le Footsie londonien ne gagne que 7% cette année, mais termine en beauté après avoir inscrit un nouveau record à 7.642,97 points.
TRÈS BELLE OPÉRATION POUR EURAZEO
Premières à quitter 2017, du moins sur le plan boursier, les places asiatiques affichent des gains conséquents, l’indice MSCI Asie-Pacifique hors Japon s’adjugeant 29%, sa meilleure performance depuis 2009, tandis que le Nikkei 225 de la Bourse de Tokyo a progressé de 19%. L’accélération économique globale a dopé les résultats des entreprises et les prix des matières premières, tandis que la faiblesse de l’inflation a incité les banques centrales à maintenir des politiques accommodantes. L’année qui s’annonce sera notamment celle de la normalisation de la politique monétaire de la BCE dont le programme d’achat d’actifs est censé s’achever en septembre. Le risque politique restera par ailleurs présent en Europe avec les élections législatives prévues le 4 mars prochain en Italie après la dissolution des deux chambres du Parlement hier et l’inconnue qui règne depuis plus de trois mois sur le futur gouvernement allemand.
Comme WanSquare avait été le premier à le révéler, la société d'investissement Eurazeo a annoncé vendredi entrer en discussions exclusives avec la société de capital-investissement Idi et l'équipe de direction d'Idinvest Partners en vue de l'acquisition d'Idinvest, l'ex-AGF Private Equity, devenue indépendante en 2010. A l'issue de l'opération envisagée, Eurazeo détiendrait environ 70% du capital de la société de gestion aux côtés de la direction, a expliqué le groupe dans un communiqué. Idinvest Partners conserverait son autonomie de gestion avec une équipe de management inchangée. Idinvest Partners gère près de 7 milliards d'euros pour des compagnies d'assurance et de grands institutionnels, mais aussi pour le compte de 80.000 particuliers aisés. L'entreprise compte près de 90 collaborateurs dans ses bureaux à Paris, Francfort, Madrid et Shanghai. Les performances d'Idinvest sont régulièrement classées parmi les meilleures du marché sur les vingt dernières années. Aucun montant n'a toutefois été communiqué à ce stade.
L’OREAL, GRAND SUJET DE 2018
Enfin l’année 2017 se termine comme elle avait débuté, marquée par les grandes opérations de rapprochements, notamment dans l’industrie. Safran espère boucler en février 2018 son rachat de Zodiac, au lendemain de l'ouverture de l'offre publique d'achat qui doit donner naissance au troisième équipementier aéronautique mondial. L'équipementier pour l'aérospatiale et la défense avait lancé une offre de 8,2 milliards d'euros sur Zodiac en janvier dernier et l'avait abaissée en mai à 6,8 milliards après la découverte de difficultés supplémentaires chez sa cible, qui avait déjà accumulé les retards de livraisons de sièges et d'équipements de cabine. L'Autorité des marchés financiers a annoncé la semaine dernière dans un avis l'ouverture de l'offre publique d'achat à la date du 27 décembre, et indiqué que sa date de clôture sera fixée après l'obtention de l'autorisation par l'autorité de la concurrence du Brésil.
D’importantes opérations sont attendues en ce début d’année 2018. Et notamment la sortie de Nestlé du capital de L’Oréal, six mois après le décès de Liliane Bettencourt. Le groupe de Vevey qui ferraille avec un fonds activiste récupèrerait ainsi un gros montant de liquidités. Cette opération pourrait prendre la forme d’un share buy-back financé du côté de L’Oréal par la revente de sa participation dans Sanofi. Par ailleurs, le groupe, dirigé de main de maître par Jean-Paul Agon, n’a pas de dette et pourrait faire appel aux banques le cas échéant. Ce serait en tout cas le deal le plus structurant des mois à venir.
Toute l’équipe de WanSquare et de la Lettre de L’Expansion se joignent à moi pour vous souhaiter une très belle année 2018 en formant le vœu de vous offrir un service d’informations économiques à très forte valeur ajoutée. Yves de K.
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