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Yves de Kerdrel
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Hollande espère toujours pouvoir se présenter
par Yves de Kerdrel
Le Chef de l’État ne parle plus que de sa candidature à la présidentielle de 2017 qu’il compte annoncer en décembre prochain. A gauche beaucoup doutent de la capacité du PS à organiser des primaires alors qu’Arnaud Montebourg et Benoit Hamon se préparent. A droite, Nicolas Sarkozy peaufine son annonce de candidature qui devrait intervenir d’ici une semaine à dix jours.
C’est à croire qu’il n’y a pas eu de vacances politiques cette année. D’ailleurs François Hollande a continué à s’exprimer depuis le dernier conseil des ministres précédent le mois d’août. Dans l’avion qui le ramenait de Rio, samedi 6 août, le locataire de l’Élysée a levé le voile, devant quelques journalistes, sur les raisons qui le conduiraient à se représenter ou non à l’élection présidentielle de 2017 affirmant qu’il est très difficile pour un candidat sortant de justifier ce que pourrait être un deuxième mandat qui ne serait pas seulement le prolongement du premier. Le chef de l’État veut rester maître du calendrier et donne donc rendez-vous en décembre.
Cela lui laisse également le temps d’enjoliver le bilan économique, notamment sur le front de l’emploi, même s’il assure que ce dernier pèsera sans être pour autant déterminant.
Pour se présenter une nouvelle fois aux suffrages des français, François Hollande a déjà en tête sa ligne directrice : se poser en défenseur de la démocratie contre la tentation autoritaire qui est un phénomène mondial. Toute initiative pour qu’il y ait le moins de candidats possibles est bonne, reconnaît-on à l’Élysée, en référence à la primaire de la gauche. François Hollande a déjà une petite idée de ce qui peut lui permettre de gagner : son éternelle synthèse. Il reste qu’Arnaud Montebourg entend revenir sur le devant de la scène sur un mode très agressif vis-à-vis du bilan du Chef de l’état. De son côté Benoit Hamon récolte déjà le soutien de nombreux parlementaires en vue d’une candidature aux primaires. Mais pour certains socialistes de longue date il y a encore loin de la coupe aux lèvres pour que cette primaire de gauche ait vraiment lieu. Ce qui ferait le jeu d’une candidature Macron.
SARKOZY MONOPOLISE TOUTES LES ATTENTIONS
A droite les choses s’accélèrent. Nicolas Sarkozy qui est toujours au Cap Nègre, entouré de ses amis, a demandé à sa garde rapprochée de se tenir prête à compter du mardi 16 août. Le premier événement marquant de la primaire de droite sera naturellement l’annonce de la candidature de Nicolas Sarkozy. Même si son désir de reconquête de l’Élysée n’a jamais été très secret, l’ancien président de la République a réussi à créer un faux suspense sur la date et la forme de cette déclaration. Attentif aux humeurs de l’opinion, il devrait attendre la fin des Jeux olympiques, le 21 août, pour se dévoiler. La fenêtre de tir ne sera ensuite que de quelques jours. Afin de respecter les statuts de son parti, Les Républicains (LR), il devra le faire avant le 25 août, soit deux semaines avant la date de dépôt des parrainages, fixée au 9 septembre.
Nicolas Sarkozy réfléchit encore à la constitution de son équipe de campagne et à la mise en scène de son retour. « Ce qui compte, ce n’est pas tant l’annonce de la candidature, c’est ce qu’il y aura dedans, c’est le comment, c’est le contenu » a-t-il affirmé dans une interview à l’hebdomadaire Valeurs actuelles, publiée jeudi 11 août. De leur coté, les équipes d’Alain Juppé et de François Fillon ont bien analysé l’agenda de leur rival. Histoire de ne pas laisser l’ancien chef de l’État occuper trop longtemps le terrain médiatique, les deux candidats déclarés à la primaire ont chacun prévu leur démonstration de force dans les jours suivant la fin du show Sarkozy. Le maire de Bordeaux réunira ses soutiens à Chatou, le samedi 27 août. François Fillon fera de même à Sablé-sur-Sarthe, le dimanche 28 août.
LE RENDEZ-VOUS DU TOUQUET
La plupart des candidats avaient en effet prévu de se rendre au campus national des Jeunes Républicains, le 5 septembre, à Marseille. Cet événement a finalement été annulé pour des raisons de sécurité. Signe que la tension est grimpée d’un cran, certains ont vu dans cette annulation de dernière minute une manœuvre sarkozyste pour que le vrai événement de la rentrée soit le campus régional des Jeunes Républicains organisé au Touquet. Cette messe sarkozyste, où sera présent l’ancien président de la République, a le grand avantage d’avoir lieu les 27 et 28 août, c’est-à-dire le même week-end que les rentrées d’Alain Juppé et de François Fillon.
Avec l’officialisation des candidatures par la haute autorité, le 21 septembre, la campagne officielle s’ouvrira enfin, et les ambitions personnelles s’épanouiront pendant tout l’automne. Ne serait-ce qu’en septembre, Alain Juppé publiera son quatrième et dernier livre. Bruno Le Maire révélera son contrat de mandature sous la forme de trois cents fiches. François Fillon synthétisera son programme. Les sympathisants et les militants LR auront ainsi l’embarras du choix, au moins jusqu’aux 20 et 27 novembre, dates des premier et second tours de la primaire.
TOUJOURS DES DOUTES SUR LA CROISSANCE
Au chapitre économique il faut noter la nouvelle estimation de la Banque de France concernant la croissance française. Elle anticipe une progression du PIB de 0,3% au troisième trimestre, après la déception d'une croissance nulle au deuxième. Le gouvernement table toujours sur 1,5% de croissance sur l'ensemble de l'année.
Pour la Banque de France, le trou d'air qu'a connu la croissance française au deuxième trimestre n'est que passager. L'institution prévoit donc une croissance de 0,3% au troisième trimestre après une stagnation décevante au deuxième. Il s'agit d'une première estimation, qui s'appuie sur l'enquête mensuelle de l'institution auprès des chefs d'entreprises. Bonne nouvelle, presque tous les secteurs devraient connaître une reprise de leur activité.
La prévision de la Banque de France donne de l'eau au moulin de l'Exécutif, qui table toujours sur une croissance de 1,5% en 2016, malgré le coup d'arrêt enregistré au deuxième trimestre. Cette contre-performance, en deçà des prévisions des analystes qui tablaient plutôt sur une progression de 0,3%, apparaissait en contradiction avec le « ça va mieux » martelé avant l'été par le chef de l'État. L'investissement des entreprises était même tombé dans le rouge pour la première fois depuis début 2014, laissant planer un doute sur l'efficacité du CICE et du pacte de responsabilité, les deux mesures phares de la politique de l'offre lancée par François Hollande.
PRODUCTION INDUSTRIELLE A LA BAISSE
À en croire la Banque de France, la croissance nulle du deuxième trimestre ne serait donc qu'un accident de parcours, provoqué par les grèves à répétition du printemps et la météo. À ce jour, l'acquis de croissance sur les deux premiers trimestres s'élève à 1,1%. La cible du gouvernement - 1,5% de croissance en 2016 - ne semble pas pour autant aisément atteignable. D'après les experts, une croissance de 0,5% est en effet nécessaire au troisième trimestre ainsi qu'au quatrième pour atteindre cet objectif.
Difficile de faire un pronostic fiable dans la mesure où la production industrielle en France a reculé en juin, affectée notamment par le blocage des raffineries, à un moment où la croissance économique subissait un coup d'arrêt, a indiqué mercredi l'Insee. Après avoir déjà diminué de 0,5 % en mai, la production industrielle a reculé de 0,8 % en juin. La production manufacturière a connu une chute plus marquée de 1,2 % en juin, après une légère augmentation de 0,1 % en mai (chiffre révisé). À partir de la fin mai, le mouvement de grève a affecté l'activité des raffineries françaises et de nombreux dépôts de carburant du pays ont été bloqués, faisant craindre une situation de pénurie en France, avec des automobilistes qui se sont rués sur les pompes à essence.
LE FMI S’INQUIETE DE LA CHINE
Cette semaine, le Fonds monétaire international a tiré la sonnette d’alarme concernant la Chine, estimant que celle-ci doit réagir de toute urgence à l'envolée des dettes de ses entreprises et cesser d'utiliser le levier du crédit pour doper son activité. Le danger n'est pas dans la croissance à court terme car les perspectives de la deuxième économie mondiale restent encourageantes, soutenues par des politiques macroéconomiques accommodantes. Ce sont, en revanche, les fragilités financières qui inquiètent. La transition vers un nouveau modèle de croissance basé sur la consommation continuera d'être complexe, difficile, et potentiellement chaotique, martèle le Fonds dans un rapport annuel. L'institution de Washington s'inquiète en particulier de la montée fulgurante des dettes des entreprises. En excluant le secteur financier, celles-ci s'établissaient en 2015 à environ 120% du PIB, mais elles pourraient aller jusqu'à près de 140% d'ici 2019, selon des projections du Fonds.
Près de deux mois après le vote du Brexit les marchés ont repris quelques couleurs. La Bourse de Paris, au plus haut depuis deux mois, temporise tranquillement parvenant même par moment à se hisser encore un peu plus haut, sans grande considération pour les nombreux indicateurs économiques décevants publiés récemment. Les investisseurs s’appuient une nouvelle fois sur la hausse des cours du pétrole qui, à plus de 46 dollars, affiche son meilleur niveau depuis le 21 juillet. L’Arabie saoudite a déclaré que la situation du marché du brut serait discutée le mois prochain lors d’une conférence qui réunira à Alger les pays producteurs, membres ou non de l’Opep. Dans un communiqué de Khalid al-Falih, le ministre du Pétrole, le premier pays exportateur a indiqué qu’il œuvrerait avec d’autres pour contribuer à rééquilibrer le marché si nécessaire.
SFR A LA PEINE
Du coté du business, l’actualité est morne compte tenu de la torpeur estivale. Face à la concurrence féroce qui agite le secteur des télécoms français, SFR a affiché des résultats décevants pour le premier semestre. Le mariage avorté début avril de Bouygues Telecom et Orange, qui aurait permis de ramener le nombre d’opérateurs sur le marché de quatre à trois acteurs, a ravivé les tensions dans le secteur et pesé dans les résultats du groupe. L’entreprise de télécommunications affiche ainsi un chiffre d’affaires en baisse de 4,1 % sur un an, à 5,3 milliards d’euros, et essuie une perte de 84 millions d’euros alors qu’elle avait dégagé un bénéfice de 828 millions d’euros un an plus tôt. L’ebitda (équivalent du résultat brut d’exploitation) a quant à lui reculé de 7,6 %.
A ces mauvais chiffres financiers s’ajoute l’érosion continue du nombre d’abonnés du numéro deux français des télécoms. SFR, qui avait vu partir plus d’un million de fidèles en 2015, ne parvient toujours pas à endiguer la fuite de ses clients, notamment dans le mobile. Fin juin, la filiale d’Altice comptait ainsi au total 16,64 millions d’abonnés mobiles et 6,23 millions d’abonnés internet, soit respectivement 334 000 et 58 000 clients de moins par rapport à la fin mars. Seul motif de satisfaction dans les recrutements d’abonnés : le très haut débit, dont le nombre d’abonnés a progressé. Pour enrayer la chute de ses abonnés, l’opérateur mise sur la qualité et l’accessibilité de son réseau, poursuivant ses efforts de déploiement dans la 4G et le très haut débit.
LE SCANDALE SOLOCAL DANS LES MAINS DE MACRON
L’opérateur, qui prépare le lancement d’une nouvelle box à la rentrée, reste malgré tout confiant sur sa capacité au prochain semestre à améliorer son chiffre d’affaires.
Pour réduire les dépenses, il n’a pas hésité à tailler dans les effectifs. La semaine dernière, il a ainsi signé avec l’UNSA et la CFDT, les syndicats majoritaires du groupe, un accord portant sur un plan de départ volontaire de 5 000 salariés, qui permettrait de réduire les effectifs du groupe à 10 000. Grâce à ce dégraissage, redouté depuis le rachat en novembre 2014 de SFR par Patrick Drahi, le patron du groupe Altice, l’opérateur espère économiser 400 millions d’euros par an à partir de 2018. Une mesure qui avait notamment pour objectif de rassurer les investisseurs, auprès desquels Patrick Drahi est parvenu à lever 5,15 milliards de dollars supplémentaires en avril pour refinancer sa dette.
Enfin le scandale du projet d’augmentation de Solocal à 1 euro prend désormais une telle ampleur, qu’il est désormais sur le bureau du Ministre de l’économie. Emmanuel Macron semble très à l’écoute des doléances des petits porteurs qui sont les principaux actionnaires des ex-Pages Jaunes. Il devrait notamment interroger la société et les autorités de marché sur le pourquoi de cette opération de marché à 1 euro alors que les dirigeants de Solocal avoueraient, en privé, que la valeur de la société, nette de ses dettes est de l’ordre de 12,5 euros. Gérard Rameix, le président de l’autorité des marchés financiers est également largement mobilisé par ce dossier. De même que des personnalités influentes de la place comme Jacques-Henri David ou l’avocat d’affaires Georges Terrier.
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