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éditorial / Yves de Kerdrel

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Yves de Kerdrel

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Chronique d'un Président qui doit ramener le calme dans les esprits et reprendre la main
par Yves de Kerdrel

L'affaire Woerth-Bettencourt est terminée. Nicolas Sarkozy a soigneusement préparé la reprise en main des évènements. Et dés demain soir, il va tracer de nouvelles perspectives pour le gouvernement, au delà de la réforme des retraites.
11/07/2010 - 10:03 Temps Lecture 5 mn.
Nicolas Sarkozy n'en revient pas encore lui-même, de l'aveu de ses conseillers les plus proches. Il n'en revient pas de la rapidité avec laquelle l'affaire Woerth se dégonfle et commence à faire pschitt ! Il n'en revient pas du silence assourdissant des socialistes depuis deux ou trois jours, qui témoigne de leur mal-à-l'aise et de de leur maladresse. Il ne revient pas non plus du champ que cet effet-boomerang dans l'opinion, lui prépare pour sortir de ces épouvantables semaines du mois de juin. Jeudi dernier, il a pris conscience que les pseudo-témoignges de l'ex-comptable de Liliane Bettencourt étaient discrédités. Avec Claude Guéant, le Président commence la contre-attaque. Au même moment, l'inspection générale des finances décide de laisser du temps au temps, et de ne publier son rapport que lundi 12 juillet. L'Elysée décide alors de frapper médiatiquement ce jour-là, en utilisant la télévision publique, à laquelle il vient de donner un nouveau patron, unanimement salué. Ouvrir le chantier de la dépendance Pour dire quoi ? Primo : l'affaire Woerth-Bettencourt est terminée. Secundo : la réforme des retraites sera examinée en conseil des ministres le lendemain, mardi 13 juillet à 10 heures. Et il soulignera à quel point les attaques contre Eric Woerth ont empêché toute pédagogie sur cette réforme que les français acceptent sans problème, comme le montrent les enquêtes d'opinion. Puis, tertio, place à la politique de réduction des dépenses publiques, que le Président va installer dans la durée et en lui redonnant un peu de cohérence après les propos désordonnés de François Baroin ou de Jean-Louis Borloo. Selon les informations de WanSquare prises dans l'entourage du chef de l'Etat, ce dernier devrait même évoquer le chantier de la dépendance, qu'il entend ouvrir une fois votée la réforme des retraites. Histoire de se placer en empathie avec tous ceux qui commencent à souffrir de la canicule. Le Président est alerté depuis trois semaines déjà d'un scénario caniculaire comme celui de 2003, et il ne veut surtout pas se retrouver dans la situation d'un Jean-Pierre Raffarin, dont les leçons de morale l'insupportent de plus en plus. Une fois cette intervention réalisée, les enquêtes d'opinion seront étudiées avec soin. Et le Président entend passer une bonne partie de la seconde quinzaine de juillet à bâtir une stratégie pour la rentrée et surtout pour 2012. Pour cela il sait qu'il doit commencer par un profond renouvellement de ses équipes. Il a repris langue avec Emmannuelle Mignon (en sas de décompression chez Luc Besson) qui n'exclut rien à l'heure qu'il est. Il compte beaucoup sur Xavier Bertrand qui prendrait les fonctions de Directeur de campagne. Jean-Louis Borloo cherche à prendre Matignon Mais en revanche il n'est pas question pour lui de se séparer maintenant ou à la rentrée de François Fillon, qui a été d'un soutien sans faille dans les dernières semaines et dont il juge qu'il a courageusement mouillé le maillot. Alors que cet épisode intervenait en pleine brouille entre les deux têtes de l'éxécutif. Jean-Louis Borloo, qui vient de vendre son riad à Marrakech pour être en situation d'occuper Matignon, et qui a pris les devants sur le rabotage des niches environnementales, devra donc patienter encore un peu. Le chef de l'Etat qui est au plus bas historique dans les sondages mais qui n'est qu'à 48 % contre 52 % dans l'hypothèse d'un duel avec Martine Aubry a un autre défi : c'est l'environnement économique mondial. Car l'hypothèse d'un double plongeon ou d'un scénario en W grossit chaque jour qui passe et à chaque indice publié. Le retournement brutal des taux de fret témoigne d'un net ralentissement du commerce mondial attendu au cours du second semestre. Pas de hausse de la TVA ! Dans ces conditions, le défi de l'Elysée est de parvenir à enrayer l'envolée des déficits et de la dette, sans plonger la France dans la dépression. C'est décidé : il ne sera donc pas fait recours à une hausse de la TVA que beaucoup de ses conseillers lui recommandaient pourtant d'utiliser. A commencer par Alain Minc. La seconde commission Attali qui devait rendre son rapport avant les départs en vacances a obtenu un délai de grâce. Celui-ci ne sera rendu public qu'après les vacances et avant la présentation du projet de loi de finances. D'autant plus que toute la partie sur les finances publiques a reçu l'agrément de l'Elysée. Nicolas Sarkozy devrait donc s'appuyer sur un travail mené largement par des "gracques" pour faire avaler la pilule de l'austérité à l'ensemble du pays, et notamment aux classes moyennes. Tout ce maelström politique devrait rester sans aucun effet sur la conjoncture boursière. Dans la mesure où les boursiers gardent les yeux rivés sur les stress-tests dont la publication est attendue le 23 juillet. Et ensuite sur l'évolution de la Grèce, du Portugal et de l'Espagne qui seraient évidemment les premières victimes d'un "double-dip". Mais d'ici là, il y aura d'autres évènements, d'autres impondérables et notre éditorial hebdomadaire pendant tout l'été.
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