WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

éditorial / Yves de Kerdrel

éditorial
Yves de Kerdrel

éditorial
Ségolène sème le trouble à gauche et le calme à droite
par Yves de Kerdrel

En se déclarant candidate, la présidente de la Région Poitou-Charentes, a rompu le pacte conclu avec Martine Aubry et DSK. Elle a surtout mis en marche "la machine à perdre" du Parti Socialiste, dont seul François Hollande peut s'en sortir.
05/12/2010 - 09:27 Temps Lecture 5 mn.
Comme cet éditorial le laissait envisager la semaine dernière : à cause de la montée en puissance de DSK dans les sondages, Ségolène Royal a décidé de se lancer dans la course aux primaires socialistes, rompant de fait le "pseudo-pacte" conclu avec lui et Martine Aubry. En fait ce n'est pas tant parce que le patron du FMI a relancé tous ses réseaux, lors de sa récente visite parisienne, que Ségolène Royal a décidé de sortir du bois. Mais uniquement parce qu'elle redoutait une initiative forte de la part de François Hollande. Ce n'est un secret pour personne : le président du conseil général de la Corrèze travaille de manière très active à la construction de sa campagne. Il y travaille de manière d'autant plus sérieuse qu'il est persuadé que DSK ne se présentera pas et que Martine Aubry sera aussi pusillanime que son père (Jacques Delors) l'a été. La primaire socialiste va donc voir s'affronter les deux ex-compagnons François Hollande et Ségolène Royal, et deux juniors Arnaud Montebourg et Manuel Valls qui s'exprimera longuement ce soir dans le cadre du grand jury LCI-RTL-Le Figaro. DSK A PERDU LA PROIE ET L'OMBRE Tous les quatre n'ont qu'un seul point commun : ils souhaitent que le calendrier des primaires socialistes soit avancé. Ce que DSK est parvenu à empêcher jusqu'à présent. Et ce que Martine Aubry refuse dans le Journal du Dimanche de ce matin. Mais la montée en puissance de Ségolène Royal dans les sondages va sans doute amener les sympathisants de l'ex-maire de Sarcelles à céder sur ce point lorsque la question se posera une nouvelle fois parmi les instances de la Rue de Solférino. Ce qui permettra, alors, de voir à quel point les amis de Martine Aubry sont faibles et divisés. Les chances sont désormais très minces de voir DSK se présenter aux primaires, même s'il n'ignore pas que les américains ne souhaitent pas qu'il fasse un second mandat à la tête du FMI, afin de le remplacer par un représentant des pays émergents. Lui-même a compris qu'ayant désormais perdu "la proie et l'ombre", il ne lui reste plus qu'à viser un poste européen de grande ampleur. Même si a priori aucun ne doit se libérer dans les dix-huit mois à venir. ALLEGEANCE DE COPE Le trouble semé par Ségolène Royal au sein de la gauche, a permis de ramener un peu de calme à droite. D'autant plus que François Fillon entend envoyer de nouveaux signes d'apaisement à destination des centristes en nommant bientôt de nouveaux secrétaires d'état issus de leurs rangs. Jean-François Copé se montre plus royaliste que le Roi, envoyant des marques d'allégeance à Nicolas Sarkozy, comme au Premier Ministre, auquel il a fait parvenir un mot d'excuse pour avoir ostensiblement montré son indifférence lors de la déclaration de politique générale. Il établit des contacts plus fréquents avec des représentants de la société civile, et cherche à refonder la "programmatique" du parti, le plus vite possible, en profitant de la zizanie à gauche et de la vacuité du Projet rédigé par Benoit Hamon. A l'Elysée, pour l'instant, ordre a été donné aux conseillers du Prince de n'intervenir en rien. Ce qui n'empêche pas Claude Guéant de dire tout le mal qu'il pense du nouveau gouvernement Fillon, et à Henri Guaino de mener une guerre ouverte à un Alain Juppé complètement absent de la scène politique. Le seul ministre qui travaille vraiment, reconnait-on au Château, c'est Xavier Bertrand, dont l'interview donnée au Journal du dimanche, a été saluée par le président de la république auprès de ceux qui l'accompagnaient en Inde, lors de sa visite d'Etat. LE RETOUR DES "GNOMES DE ZURICH" Il reste le front européen. Chacun fait mine de croire que tout est réglé. En fait, personne n'est dupe. Le nouveau système de consolidation de la monnaie unique - le second en six mois - est destiné à parer à une faillite du Portugal, après la banqueroute de l'Irlande. Mais les banques américaines qui ont étudié de près les contours de ces nouveaux accords, conviennent qu'ils ne pourront empêcher une faillite de l'Espagne qui représente 12 % du produit intérieur brut de la zone Euro. Ordre a donc été donné, par l'Elysée, à tous ceux qui ont le monopole de la bien-pensance (Alain Minc, VGE, Christine Lagarde, Jacques Attali,...) de dénoncer le comportement des spéculateurs. Car c'est le seul argument qui fait mouche auprès des électeurs potentiels et qui permet de dédouaner à la fois les politiques comme les experts. Mais dans l'entourage du président on révèle que l'entretien que ce dernier a eu en fin de semaine avec Jean-Claude Trichet n'a porté presque exclusivement que sur la manière de faire éclater "proprement" la zone euro, par exemple en procédant à une exfiltration concomitante de l'Allemagne et de la France, pour laisser la monnaie unique aux pays dits "du Club Med." C'est dire si les déclarations triomphales des ministres des finances européens, qui seront faites à l'issue de leur sommet de lundi et mardi, relèveront davantage de la méthode Coué que du devoir de vérité.
précédents ÉDITORIAUX
précédents
ÉDITORIAUX

Éditorial / Yves de Kerdrel

Éditorial / Quand DSK dit à ses amis de dire qu'il va y aller

28/11/2010 - 07:05

Éditorial / Yves de Kerdrel

Éditorial / Ce que Fillon va dire dans sa déclaration de politique générale

21/11/2010 - 09:33