éditorial
Ce que Fillon va dire dans sa déclaration de politique générale
par Yves de Kerdrel
L'intervention solennelle du Premier Ministre devant les députés va intervenir au lendemain de la dernière journée d'action organisée par les syndicats. Elle sera très offensive sur l'emploi, très subtile sur la réforme fiscale et très attendue sur la rigueur budgétaire et sur l'Europe.
21/11/2010 - 09:33

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C'est donc Mercredi prochain en début d'après-midi que François Fillon fera la traditionnelle déclaration de politique générale devant les députés, qui sera suivie d'un vote de confiance. Toute la semaine, le Premier Ministre a commencé à y travailler avec ses conseillers les plus proches, notamment Jean-Paul Faugère son directeur de cabinet et Marie-Anne Barbat-Layani, la directrice adjointe, en laquelle il a une très grande confiance. Il en a également beaucoup parlé avec Jean de Boishue, un gaulliste social, comme lui, avec son conseiller politique, Igor Mitrofanoff, qui a joué un grand rôle lors du remaniement et avec Myriam Lévy, la responsable de sa communication.
La colonne vertébrale de ce discours sera bien sûr le fameux "maintien du cap" et la poursuite de la politique de réformes. Mais François Fillon devrait marteler avec plus de force qu'il ne l'a fait, mardi dernier devant les députés UMP, qu'il se sent investi d'un devoir en matière de réduction du chômage. C'est donc sur ce domaine qu'il entend "mettre le paquet", comme le confie un de ses proches. Avec le soutien complet de l'Elysée et le renfort efficace de Xavier Bertrand au Ministère du Travail.
Obligation de résultat pour Xavier Bertrand
Ce dernier n'a pas tardé à prendre les choses en mains. Dés la semaine passée il a reçu Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de Force Ouvrière, Jacques Voisin, celui de la CFTC. Il a également échangé avec François Chérèque qu'il a trouvé "enfermé dans une posture plus politique que syndicale". Et il a décidé de s'atteler avec Marguerite Bérard, sa directrice de cabinet, qui était auparavant l'adjointe de Raymond Soubie à l'Elysée, à la généralisation du contrat de transition professionnelle, dont Nicolas Sarkozy a longuement parlé au cours de son intervention télévisée.
Son ambition étant de faire de ce contrat un moyen pour revenir à l'emploi vite et bien. Ce sera, donc, avoue le Maire de Saint-Quentin, en privé, une obligation très contraignante pour les demandeurs d'emplois. Après trois refus de postes, ce CTP sera rompu, à moins que le chômeur opte pour une formation qualifiante. Mais Xavier Bertrand veut privilégier l'aspect retour à l'emploi plutôt que celui d'une obligation de formation, qui peut avoir pour effet néfaste d'empêcher le demandeur d'emploi de reprendre un travail pendant les dix mois de sa formation.
Comme le dit, lui-même, le Ministre du Travail : "j'ai une véritable obligation de résultat : celle de faire baisser le chômage dans les meilleurs délais, car c'est là-dessus que Nicolas Sarkozy sera ou pas réélu en 2012." Ce message, Xavier Bertrand, comme François Fillon vont le marteler, de manière à ce que la journée d'action syndicale de mardi prochain, dernière scorie de la réforme des retraites, apparaisse comme un combat d'arrière-garde.
DSK, parisien, attentif et... inquiet
Mais les jours qui viennent vont également être dominés par l'actualité monétaire et européenne. L'Irlande a besoin d'au moins 80 milliards d'euros pour se sauver elle-même. Mais aussi pour sauver la zone Euro qui lui a prêté beaucoup d'argent. Certes, son mur de trésorerie n'est prévu que pour dans quelques mois, ce qui lui laisse plus de temps que la Grèce pour organiser son sauvetage. Mais sa situation n'est pas plus simple. D'abord parce qu'il n'est pas question pour les irlandais de concéder au FMI ou à la BCE la moindre parcelle de souveraineté, notamment dans leur politique fiscale. De la même manière, les pays qui apporteraient les milliards d'euros nécessaires à son sauvetage n'ont pas très envie d'aider un pays qui attire, par son dumping discal, tous les sièges sociaux de grands groupes américains. Autant dire que le sauvetage irlandais est loin d'être assuré.
Dominique Strauss-Kahn qui est resté à Paris tout le week-end et qui a rencontré beaucoup de proches n'a pas manqué de souligner la gravité de la situation. Coté politique, il a pris de nombreux avis sur l'état du Parti Socialiste. Il a eu des mots très durs sur Martine Aubry, incapable selon lui de mener une bataille électorale. Bref, tous ceux qui l'ont rencontré depuis mercredi, l'ont trouvé très partant pour la prochaine présidentielle. Surtout compte tenu de l'absence de réaction dont a fait preuve la Rue de Solférino après le remaniement.
Flou complet autour d'Areva
Du coté du CAC 40, la semaine qui vient va surtout être marquée par l'hypothétique conseil de surveillance d'Areva prévu soit lundi soir, soit mardi soir. A moins que ce conseil soit une fois encore retardé à la demande de l'Agence des Participations de l'Etat. Les membres du conseil de surveillance ont été priés de se se libérer pour les deux dates du 22 et du 23 novembre. L'ordre du jour est limité à l'augmentation de capital évoquée depuis maintenant dix-huit mois. Une opération à laquelle ne participera pas Mitsubishi. C'est désormais certain. Et encore moins le Qatar qui a demandé un droit d'accès aux mines d'Uranium.
Il reste deux problèmes. Le premier, c'est la valorisation d'Areva. Pour beaucoup, le groupe est dans une telle situation qu'il ne vaut plus les 20 milliards d'euros évoqués il y a encore un an. Le second problème, c'est qu'Areva a besoin absolument de cash et vite. Ce qui pourrait obliger l'Etat a procéder, seul à une augmentation de capital d'un montant réduit à la portion congrue. En attendant une deuxième fournée au printemps prochain avec la montée en puissance d'EDF. Une chose est sûre, en tous cas, Claude Guéant, Henri Proglio et René Ricol (administrateur d'Areva) suivent de très près le dossier. Ce sont eux trois qui ont bloqué l'entrée de Mitsubishi au capital d'Areva. Ce qui oblige aujourd'hui à rebattre toutes les cartes et place le leader mondial du nucléaire dans la plus grande expectative.
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