WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

éditorial / Yves de Kerdrel

éditorial
Yves de Kerdrel

éditorial
Nicolas Sarkozy dans une seringue politique, économique, et européenne
par Yves de Kerdrel

Le Président de la République a perdu le leadership de l'Union Européenne au moment où il va prendre la présidence du G 20. Et il n'a toujours pas trouvé le successeur idoine pour remplacer François Fillon.
19/09/2010 - 08:24 Temps Lecture 6 mn.
Le Président de la République est décidément un être complexe. Au mois de juin il se rend compte que son gouvernement est usé, tiraillé par des querelles internes, et que l'ouverture qui le caractérise a été repoussée par les électeurs. Encouragé par Claude Guéant, il se décide à opérer un renouvellement drastique, mais pas avant que soit votée la réforme des retraites ; c'est-à-dire au début de l'automne. Jusque là tout est normal. Et François Fillon, le premier, est en phase avec tous ces arguments. Le problème, c'est qu'il ne fallait pas en parler. Parce qu'en politique, trois mois, c'est une éternité et qu'il peut se passer beaucoup de choses. Si bien qu'aujourd'hui au Château on reconnait être dans une sorte de "seringue". Le Président s'est engagé à changer un premier ministre qui n'a jamais été aussi populaire. Michèle Alliot-Marie, et Jean-Louis Borloo sont tous les deux discrédités. Si bien qu'il n'a pas de solution de rechange. Et en plus de cela, le virage sécuritaire adopté pendant l'été - qui lui a permis d'abaisser le score potentiel de Marine Le Pen - lui pose des problèmes dans l'hexagone et en termes de leadership européen, à la veille de la présidence du G 20. BRICE HORTEFEUX VISE DESORMAIS MATIGNON Un ministre, historiquement très proche du Chef de l'Etat nous confie que "la situation est pour l'instant intenable, sauf pour François Fillon". Le Premier Ministre, dont les rapports avec Nicolas Sarkozy, sont à nouveau très dégradés, à tel point que le tête à tête qui précède le conseil des ministres a été supprimé ces deux dernières semaines, continue à faire comme si de rien était. A son cabinet on confie : "on bosse tous les soirs jusqu'à 23 heures sans savoir si le lendemain on sera encore en poste". Mais l'équipe de Matignon n'a jamais été aussi soudée. Et François Fillon mesure bien qu'il a tout à gagner dans la situation actuelle. Soit il part au zémith de sa popularité, pour devenir probablement président de l'UMP, et arbitre des élégances entre Xavier Bertrand et Jean-François Copé. Soit il reste, et sa légitimité s'en trouve renforcée. A l'Elysée, le seul remplaçant auquel on a demandé de se préparer est effectivement François Baroin, dont Nicolas Sarkozy ne cesse de louer les qualités. Mais, peu de caciques de la majorité ne croient à une telle hypothèse. Certains espèrent toujours un retour d'Alain Juppé. D'autres conseillent au Chef de l'Etat de surprendre avec une personnalité sans ambition, mais un profil de rassembleur, comme Jean-Claude Gaudin. Brice Hortefeux est convaincu qu'il peut être l'homme de la situation. Toujours est-il que si changement il doit y avoir, il n'interviendra pas avant le 15 novembre. Histoire de laisser François Fillon assurer la cohésion parlementaire pendant la discussion budgétaire. UN BON ACCORD POUR LA CAISSE DES DEPOTS La grève du 23 septembre apparait d'ores et déjà comme un baroud d'honneur de la part des syndicats. Quant à l'affaire Woerth, elle semble se calmer. Ce qui devrait permettre à l'intéressé de se retrouver Ministre de la Défense lors du remaniement, et d'obtenir ainsi un beau lot de consolation. Cela fait ici deux motifs de satisfaction pour le Président de la République. De quoi compenser en partie ses ennuis européens. Du côté des institutions économiques, la Caisse des Dépôts qui semble avoir trouvé un accord pour une entrée au capital de La Poste, a surtout élaboré, selon les informations de WanSquare, une nouvelle règle de partage de ses bénéfices au profit de l'Etat. Désormais, ce n'est plus un tiers des profits que le Trésor encaissera, mais la moitié. Avec un gros bémol à la clé, c'est que lors des encaissements de plus-values substantielles - comme cela a été le cas au moment de la vente d'Ixis aux Caisses d'Epargne - l'Etat ne demandera plus sa part des profits exceptionnels. LES GRANDES MANOEUVRES REPRENNENT Dans le Landerneau financier, on reparle beaucoup d'une nouvelle tentative de rapprochement entre la Société Générale et le Crédit Agricole, comme celle que René Carron avait élaborée il y a un an, avec l'aide de Rothschild. La question étant toujours de rapprocher en priorité les deux banques de financement et d'investissement. Mais si la banque verte reste intéressée par ce schéma, Frédéric Oudéa, qui met en oeuvre le plan stratégique annoncé en juin, n'est pas aussi enthousiaste. Pas plus que Groupama, l'un de ses principaux actionnaires. Matthieu Pigasse qui s'apprête à boucler le rachat du quotidien Le Monde, à travers une structure dénommée Le Monde Libre - tout un programme ! - a réussi la refonte des Inrockuptibles, de l'avis général, dont le chiffre d'affaires publicitaire a déjà doublé depuis le début de l'année. Coté Lazard, après avoir recruté Pierre Tattevin, dont Rothschild ne voulait plus - il était très lié à Edouard de Rothschild - et dont Leonardo n'a pas voulu, au moins deux autres associés-gérants devraient venir renforcer l'équipe que dirige Matthieu Pigasse. François Kayat, l'ex-star du Crédit Suisse, puis du Crédit Agricole, qui a travaillé avec Lazard sur le dossier Areva, aurait finalement accepté la proposition de la prestigieuse banque d'affaires. Il restera une "grosse pointure" à trouver, dont le nom devrait être connu d'ici peu. Si les banquiers s'agitent autant, c'est parce qu'ils sont convaincus que les affaires vont repartir. Pas tant en raison de la conjoncture. Mais parce que les 3.000 milliards de cash-flow accumulés par les entreprises américaines avec le rebond des résultats, ne rapportent rien, compte tenu du loyer actuel de l'argent. Les grandes opérations de croissance externe vont reprendre. A moins que l'aversion au risque qui paralyse toujours une grande partie des investisseurs, les pousse à attendre encore quelques mois de plus. En cela, l'épilogue de l'offre de Sanofi sur Genzyme sera instructif.
précédents ÉDITORIAUX
précédents
ÉDITORIAUX

Éditorial / Yves de Kerdrel

Éditorial / Le ciel s'éclaircit pour François Fillon et s'assombrit pour Nicolas Sarkozy

12/09/2010 - 08:48

Éditorial / Yves de Kerdrel

Éditorial / Une grève qui ne sert à rien, un ministre en sursis et un président en repli

05/09/2010 - 08:51