éditorial
Le ciel des sondages s'éclaircit pour Sarkozy... sauf pour le second tour
par Yves de Kerdrel
Avec le 14 juillet - et malgré la polémique lancée par Eva Joly - le Chef de l'Etat achève la première partie de sa " re-présidentialisation ". Ce qui lui vaut des scores honorables dans les sondages, malgré la présence de Jean-Louis Borloo et le niveau toujours élevé de Marine Le Pen.
17/07/2011 - 08:57

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A l'Elysée, l'été se présente sous des auspices très favorables. Pas de séquence sécuritaire en vue comme l'été dernier. Pas de prise de parole intempestive du Chef de l'Etat. Le travail de "re-présidentialisation" mené, notamment, sous l'instigation de Pierre Giacometti et de Jean-Michel Goudard, contre l'avis de Patrick Buisson, commence à porter ses fruits. Le déplacement surprise de Nicolas Sarkozy en Afghanistan, deux jours avant le défilé du 14 juillet, la visite aux soldats soignés à l'Hôpital Percy, le matin de la fête nationale, et une cérémonie consacrée à l'outre-mer, suivie d'une brève déclaration auprès des deux présentateurs du défilé, ont participé de cette opération d'image.
Déjà un sondage réalisé par CSA plaçait, il y a quelques jours, le Président de la République devant Martine Aubry (ou François Hollande) au premier tour. D'autres études de même nature devraient suivre, selon plusieurs bureaux interrogés par WanSquare. Si bien qu'à l'UMP, ceux-là même qui déclaraient, il y a encore trois mois, que le problème de Nicolas Sarkozy était d'être présent au second tour, ne doutent plus un instant de cette éventualité. En revanche, leur préoccupation se reporte désormais sur ce second tour.
MOINDRE REPORT DE VOIX
Pour deux raisons. La première tient au report des voix du Front National. Selon les études faites en 2007, 70 à 75 % des électeurs de Jean-Marie Le Pen avaient apporté leurs voix à Nicolas Sarkozy lors du second tour. Si l'élection avait lieu aujourd'hui, seulement 44 % des électeurs de Marine Le Pen seraient prêts à voter pour le Chef de l'Etat - ou contre le PS - lors du deuxième tour de scrutin.
La seconde raison tient au cas Borloo. Puisqu'il ne fait plus de doute que ce dernier annoncera en septembre prochain son intention de se présenter. S'il est actuellement crédité de 5 à 7 % des intentions de vote, les études montrent que seulement 2 % de cette "réserve" se reporterait sur Nicolas Sarkozy. Ce qui n'avait pas été le cas en 2007 avec François Bayrou, alors que ce dernier avait refusé d'appeler à voter pour l'actuel Chef de l'Etat. C'est dire si le cas du Président du Parti Radical pose problème actuellement dans les états-majors. Et Nicolas Sarkozy devrait utiliser une partie de ses vacances à tenter de convaincre Jean-Louis Borloo de renoncer à se présenter.
LE BOOMERANG D'AUBRY
Du côté de la Rue de Solférino, la première partie des formalités liées aux primaires est désormais terminée. Et nombreux sont les socialistes à trouver que Martine Aubry a été "un peu loin" en se déclarant l'objet de rumeurs "que la plupart de ses camarades ignoraient". Le but de l'ex-première secrétaire était, naturellement, de viser François Hollande, et non la droite. Mais cette auto-victimisation risque de se transformer en opération-boomerang contre elle.
Les proches du député de Corrèze soulignent que ce "buzz" est surtout destiné à cacher le manque d'idées de la Maire de Lille et son absence totale de discours. Autant dire que l'Université d'été de La Rochelle risque d'être houleuse, dans quelques semaines. D'autant que Ségolène Royal, dans cette querelle interne au PS, a déjà pris fait et cause pour son ex-compagnon.
PECRESSE SE PLAINT DE BAROIN
A l'intérieur du gouvernement, les tensions post-remaniement restent vives. Si Bruno Le Maire, a reçu des appels de compassion de Dominique de Villepin, son ancien patron, lorsque ce dernier était à Matignon, Nicolas Sarkozy, a invité son Ministre de l'Agriculture à Brégançon, pour lui manifester sa gratitude. Mais au sein de l'UMP, certains n'hésitent pas à dire que le travail sur le projet pour 2012, que mène actuellement Bruno Le Maire, est sinon décevant, en tous cas incomplet.
De son côté, Valérie Pécresse, qui n'a pas marqué les foules lors de son passage aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence - où Jean-Claude Trichet a eu le droit à une très longue ovation - commence à se plaindre ouvertement de ses relations avec François Baroin. Jeudi matin, Place de la Concorde, en attendant le Chef de l'Etat pour le défilé, elle prenait à partie ses collègues du gouvernement à propos de la petite phrase tenue par le Ministre de l'Economie dans le Figaro Magazine de ce week-end, sur les niches fiscales et les efforts à faire pour 2012.
TOTAL A CONTRE-PIED !
Efforts incontestables. D'ailleurs son directeur de cabinet, Sébastien Proto, que lui a imposé Nicolas Sarkozy, recherche un conseiller parlementaire d'expérience, afin de convaincre les députés et les sénateurs qu'il faudra, en effet, aller chercher de nouvelles marges de manoeuvres dans le prochain budget. Il a essayé de débaucher le conseiller de l'un des ministres les plus en vue du gouvernement. Ce qui lui a valu un gentil rappel à l'ordre.
Il y a déjà une niche fiscale qui va disparaître d'elle-même, c'est celle du bénéfice mondial consolidé. Total avait prévu d'en faire toute une opération de communication en ce début d'été, en y renonçant de son propre fait - alors que Vivendi, de son coté, n'en a plus l'utilité - mais la polémique sur les variations à la hausse du prix des carburants est venue couper l'herbe sous le pied des dirigeants du groupe pétrolier.
L'autre sujet qui monopolise l'intérêt des investisseurs est lié à l'échec des dirigeants de Carrefour dans leurs manoeuvres au Brésil pour marginaliser Casino. Bien que bénéficiaire d'une toute nouvelle rosette de la légion d'honneur, Lars Olofsson, le P-dg du groupe pourrait faire les frais de cette "bérézina". Les principaux actionnaires de Carrefour, ont d'ores et déjà identifié, au sein du conseil d'administration du groupe, une personnalité, susceptible de prendre la présidence du groupe, à partir de novembre prochain. A moins que d'ici là les chiffres du leader français de la distribution se redressent de manière miraculeuse.
Enfin, s'agissant du feuilleton grec, le sommet extraordinaire de la zone Euro qui devait se tenir demain est repoussé à jeudi. Tout est fait pour éviter un défaut de paiement d'Athènes. Mais le "roll-over" imaginé par les banques françaises pour alléger le fardeau grec, n'aurait pas reçu, l'onction des agences de notation.
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