éditorial
Une semaine à rebondissements ... avant un été agité !
par Yves de Kerdrel
Folle semaine politique qui a vu Martine Aubry annoncer sa candidature, Christine Lagarde être nommée à la tête du FMI, François Baroin débarquer à Bercy, Eva Joly prendre une option sur la candidature des verts et DSK recouvrer sa liberté dans l'attente de l'audience du 18 juillet prochain. Ce qui promet encore de nombreux rebondissements.
03/07/2011 - 07:54

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L'affaiblissement de la position de l'accusatrice de Dominique Strauss-Kahn, révélée en fin de semaine, a provoqué un nouveau choc dans l'opinion et auprès de l'ensemble du personnel politique. L'ancien patron du FMI a retrouvé sa liberté, juste trois jours après que la période de dépôt des candidatures aux primaires ait débutée. Mais DSK est contraint de rester aux Etats-Unis, au moins jusqu'à la prochaine audience fixée le 18 juillet, soit quelques jours après la clôture des candidatures. Et cela même si les révélations accablantes pour la femme de chambre, faites par le New York Times, à l'instigation du procureur, se multiplient.
Objectivement, ce qui s'est passé ne change donc rien à l'état des forces en présence au Parti Socialiste, dans l'optique de la présidentielle. Dans le meilleur des cas, si DSK réussit à obtenir un non-lieu, il ne retrouvera pas la France avant la fin des primaires. Ce que confirme implicitement Pierre Moscovici, l'un de ses ex-lieutenants, dans le Journal du Dimanche de ce matin.
Notamment pour cause de probable procès civil. Ce qui ne l'empêchera pas de peser sur le choix du candidat socialiste. Cela avait commencé il y a déjà quelques jours, puisque Laurent Fabius a fait un aller-retour à New-York, il y a une dizaine de jours, afin d'étudier avec DSK tous les moyens possibles pour gêner François Hollande et rallier à la candidature de Martine Aubry des strauss-kahniens.
RALLIEMENTS EN NOMBRE A HOLLANDE
Car Laurent Fabius déteste le député de Corrèze depuis longtemps. Et cette haine s'est exacerbée au moment du référendum sur le traité constitutionnel européen, pour lequel les deux hommes avaient des positions radicalement différentes. Malgré tout, les choses restent bien parties pour François Hollande, puisque ce dernier a obtenu le ralliement à sa candidature de Pierre Moscovici ainsi que de Vincent Peillon, et de l'ensemble de leurs amis. Si le second est une sorte d'électron libre, le premier compte de nombreux soutiens, notamment des barons provinciaux. Ce qui peut s'avérer très utile au moment des primaires. Dans la mesure où les deux principales fédérations sont tenues par des proches de Martine Aubry, à Lille et à Marseille.
S'agissant de la première secrétaire du parti Socialiste, son entrée en campagne a été jugée décevante, y compris par ses propres amis. Son problème, et sa différence avec François Hollande, c'est qu'elle n'arrive pas à se mettre en empathie avec ses auditoires successifs. Ce qui constitue un vrai handicap pour une campagne présidentielle. Si l'on ajoute à cela l'animosité de Ségolène Royal, cela promet une primaire socialiste animée et dure. Surtout dés que DSK aura retrouvé sa liberté de parole. Déjà cette semaine; après les rebondissements de l'affaire DSK, les éléphants de la Rue se Solférino plaisantaient sur le thème : la dame des 35 heures pourrait bien n'être finalement candidate que... 35 heures.
TACHE DIFFICILE POUR PECRESSE
A droite, on a gardé un silence prudent sur les derniers évènements concernant DSK, comme cela avait déja été le cas au moment du déclenchement de cette sordide affaire. Mais personne n'imagine que cela puisse modifier le rapport de forces, dans la mesure où DSK est désormais disqualifié auprès de beaucoup de français, presque davantage sur des questions d'argent et de train de vie, que sur sa morale personnelle.
Le principal évènement de la semaine, côté gouvernemental, a été la bagarre opposant Bruno Le Maire à François Baroin pour le Ministère de l'Economie. Au départ le choix du Ministre de l'Agriculture était conçu par François Fillon, comme une manière de ne pas choisir entre Baroin et Pécresse. Mais ces deux-là ayant scellé une alliance, et Nicolas Sarkozy reconnaissant qu'en matière de charisme, il n'y avait pas photo entre Le Maire et Baroin, a accepté facilement les arguments du poulain de Jacques Chirac.
La tâche sera sûrement plus difficile pour Valérie Pécresse que pour François Baroin, dans la mesure où elle va devoir procéder aux arbitrages du projet de Loi de Finances et tenir le cap de la rigueur, en pleine période pré-électorale. Le choix des directeurs de cabinet sera déterminant. Il semble désormais acquis qu'Alexandre de Juniac va rejoindre Air France pour diriger le seul avionneur tricolore aux cotés du patron de KLM et de celui d'Alitalia, sous les ordres de Paul-Henri Gourgeon. Mais Jean-Cyril Spinetta qui doit réunir un conseil d'ici une semaine est très hostile à cette arrivée, préférant nommer à ce poste l'ancienne secrétaire d'état Florence Parly.
SARKO SUR LES PAS DE POMPIDOU
En dépit de son agression, Nicolas Sarkozy va poursuivre ses déplacements en province la semaine prochaine. Mardi, il célèbrera, dans le Cantal, le centenaire de la naissance de Georges Pompidou, lui donnant l'occasion de glorifier la symbiose entre le libéralisme et l'intervention de l'Etat dans les grands projets économiques. Ses conseillers lui recommandent, depuis plusieurs semaines, de multiplier les références à l'ancien président de la république, mort en cours de mandat, mais dont les français ont toujours apprécié sa rondeur et sa proximité, qu'ils n'ont retrouvées chez aucun autre locataire l'Elysée.
Du côté des Verts, on se dirige vers le choix d'Eva Joly après une campagne, jugée très moyenne de Nicolas Hulot. De fait, après un délai minimum de viduité ce dernier devrait rejoindre Jean-Louis Borloo qui est désormais, à 90 %, certain d'annoncer sa candidature à la rentrée, en dépit de l'arrivée de nouveaux centristes au gouvernement. L'un de ses proches nous affirme qu'à epsilon près il n'y a pas chevauchement entre son électorat et celui de Nicolas Sarkozy. Ce qui relativise, du point de vue de Borloo, le risque d'un "21 avril à l'envers".
Au chapitre économique, maintenant que cet épisode du feuilleton grec prend fin, les marchés vont désormais surveiller de près d'abord le résultat des stress-tests des banques européennes. Selon les informations recueillies par WanSquare, une quinzaine de banques pourraient être montrées du doigt. Soit deux fois plus qu'il y a un an. La seconde épée de Damoclès concerne les négociations sur un relèvement du plafond de la dette aux Etats-Unis. Pour l'heure ces discussions se font sans grand progrès. Et si cela continue ainsi, le 2 août, les Etats-Unis seront, pour la seconde fois de leur histoire, en situation de cessation de paiements. Une nouvelle Boite de Pandore, pour l'ensemble des marchés.
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