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Yves de Kerdrel
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Manuel Valls va annoncer qu’il recourt aux ordonnances
par Yves de Kerdrel
Désormais à la tête d’un gouvernement resserré, le Premier Ministre veut agir vite et fort de manière à prendre par surprise ses propres opposants au sein de la majorité socialiste. C’est pour cela qu’il devrait annoncer, mardi, au cours de sa déclaration de politique générale, son intention de recourir aux ordonnances.
Il y a tout juste une semaine, alors que les bureaux de vote
pour le second tour des élections municipales, n’avaient pas encore ouvert nous
titrions cet éditorial « Manuel Valls se prépare à diriger un gouvernement
de combat ». Et cela au moment où la plupart des grands organes de presse,
voyaient encore Jean-Marc Ayrault
prolonger son bail à l’Hôtel de Matignon. Il faut dire que WanSquare
avait été mis très tôt dans la confidence des manœuvres entamées par l’ex
Ministre de l’Intérieur avec trois hommes clé : Jean-Yves Le Drian, Arnaud
Montebourg et Benoit Hamon. Le premier devait refuser Matignon et suggérer à
François Hollande de nommer Valls Premier Ministre. Ce qui s’est passé. Le
second devait apporter tout son poids politique au sein d’une certaine gauche
en compensation d’un rôle de premier plan à Bercy. Et le troisième avait
vocation à être la caution de gauche dans un gouvernement teinté de
social-libéralisme.
Désormais, la prochaine échéance décisive pour Manuel Valls,
sur laquelle il travaille tout ce week-end, réside dans sa déclaration de
politique générale qu’il prononcera mardi avant un vote de confiance. Son but
est de faire en sorte que ce texte soit le plus large possible, de manière à ne
pas pouvoir être rejeté par les cent députés récalcitrants du part socialiste.
Il ne sera donc fait qu’une courte allusion au pacte de responsabilité et aux
relations avec les entreprises. En revanche, selon les informations de
WanSquare, il se précise que Manuel Valls devrait annoncer son intention de
recourir largement aux ordonnances, notamment pour mettre en œuvre une grande
réforme territoriale, qui produira des effets positifs en termes de dépense
publique. Cela montre à la fois la détermination du Premier Ministre et sa
volonté d’aller vite.
LA GAUCHE DU PS FAIT MONTER LES ENCHERES
Car à gauche de la gauche, personne ne reste inactif. Une
centaine de parlementaires socialistes ont rédigé hier une lettre de deux pages
que WanSquare s’est procurée et dans laquelle ils demandent un « un
contrat de majorité » au Premier Ministre. Un contrat qui passe par la fin
des politiques d’austérité en Europe et donc la rupture avec la doxa des 3 % de
déficit budgétaire, puis par un pacte national d’investissement à la place du
pacte de responsabilité, puis encore par des mesures en faveur des bas salaires,
la réforme fiscale et la CSG progressive, voire l’effort en faveur des
retraites les plus modestes, et enfin par davantage de volonté dans la
régulation des activités financières et bancaires. Cette lettre se termine par
deux phrases pleines de menaces implicites : « Il faut maintenant
passer des urnes aux choix et, pour nous, des mots aux actes. Les temps qui
viennent sont pour tous, et pour chacun d’entre nous, une épreuve de
vérité. »
Reste à savoir enfin quelle sera la nouvelle attitude des
verts maintenant qu’ils ne font plus partie du gouvernement. Mercredi dernier,
Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d'EELV, précisait qu'elle se situait
toujours dans la majorité présidentielle et qu'elle excluait toute opposition
stérile. Mais les écologistes devront faire preuve de pédagogie : le soutien
sans participation est une ligne difficile à faire comprendre. Les communistes
qui l'ont expérimenté dès 1983 le savent. Cette question en appelle une autre : celle du vote de
confiance, mardi. Les parlementaires EELV ont annoncé qu'ils réservaient leur
réponse mais menacent de s'abstenir s'ils n'y trouvent pas leur compte. Cette
forte incertitude explique que les parlementaires écologistes doivent être
reçus demain par le premier ministre pour en discuter.
LA DROITE PREPARE DEJA LES EUROPEENNES
A droite, rien de nouveau. La ligne Copé se trouve renforcée.
A tel point que les nouvelles attaques prévues par François Fillon contre le
président de l’UMP ont tourné court. Et surtout elles n’ont trouvé aucun écho
auprès des autres caciques du parti. Le fait est que la large victoire de l’UMP
a créé une vraie dynamique qui se retrouve dans les premiers sondages pour les
européennes. Le parti de droite a repris nettement le dessus sur le Front
national, avec un PS en troisième parti de France. Il reste que comme le PS, le
parti de Jean-François Copé est tiraillé entre une ligne pro-européenne,
incarnée par Alain Juppé ou la tête de liste en Ile-de-France Alain Lamassoure,
et une autre, eurosceptique, représentée notamment par Henri Guaino. Pour
sortir des clivages entre fédéralistes et souverainistes, l'UMP entend suivre
une ligne médiane, en cherchant la synthèse entre le oui et le non au
référendum de 2005.
Sur le plan macro-économique, la France serait dans une
phase de reprise mais sans accélération, selon l'Insee, qui prévoit une
croissance modeste au premier semestre, au cours duquel le taux de chômage
devrait rester stable. La croissance devrait être de 0,1 % au premier trimestre
2014, puis de 0,3 % au deuxième trimestre, selon les prévisions données par
l'Institut dans sa dernière note de conjoncture. Si ces prévisions de
croissance se confirment et si les deux derniers trimestres connaissent chacun
une progression du produit intérieur brut égale à celle du 2e trimestre
(+ 0,3 %), la croissance sera de 0,7 % sur l'année, a précisé l'Insee. Ce qui
reste inférieur à la prévision officielle du gouvernement qui prévoit de son
côté une croissance de 0,9 % en 2014.
BAISSE DE L’INVESTISSEMENT EN DEBUT D’ANNEE
L'investissement des entreprises, moteur très attendu de la
reprise, a progressé de 0,9 % au quatrième trimestre 2013 après sept trimestres
consécutifs de contraction, soutenu en partie par des facteurs exceptionnels,
indique l'Insee. Au premier trimestre 2014, l'investissement des entreprises
baisserait par contrecoup (- 0,2 %), avant de progresser à nouveau au deuxième
trimestre (+ 0,2 %). La consommation des ménages, qui a nettement progressé à
la fin de l'année dernière (+ 0,4 % après + 0,0 %) devrait avoir diminué de 0,3
% sur janvier-mars, puis rebondir de 0,6 % au deuxième trimestre.
Les intentions de la Banque Centrale Européenne restent
toujours aussi mystérieuses. Jeudi dernier, la BCE s'est, en effet, déclarée
prête à dégainer des armes non conventionnelles en cas de danger. Mais, alors
que l'inflation est tombée à 0,5 % en mars, un niveau bien trop bas, elle a
décidé de ne rien faire. Pas même de baisser un peu ses taux. D'un côté de
l'Atlantique, la zone euro s'enfonce dans l'inflation basse. De l'autre, les
Américains s'inquiètent du coup de chaud sur leurs valeurs boursières. Voilà
les deux facettes d'un même processus en cours dans l'ensemble des pays
développés : le désendettement massif des agents économiques, publics comme
privés.
VIVENDI A CHOISI L’OFFRE LA PLUS RAPIDE A IMPLEMENTER
L'ennui, c'est que le deleveraging a deux conséquences. Le
premier est une croissance plus faible, puisque l'activité n'est plus dopée par
le crédit. Le second est une inflation basse. Voilà probablement pourquoi la
BCE n'a pas sorti les grands moyens contre l'atonie des prix. Face au
désendettement, il convient avant tout de s'armer de patience. Ce qui ne
signifie pas pour autant qu'il ne faut rien faire. M. Draghi, le président de
la BCE, l'a lui-même expliqué lors d'une conférence à Sciences Po Paris, le 25
mars. Pour que le deleveraging se déroule au mieux, il faut solidifier les
banques, par le biais de l'union bancaire. Mais il faut mettre en place des
politiques susceptibles d'augmenter la croissance potentielle des États et de
favoriser l'émergence de nouveaux secteurs affichant des taux de productivité
plus élevés.
Du coté des entreprises, l’épilogue du dossier SFR est
intervenu hier en milieu d’après-midi. Le Conseil de surveillance de Vivendi a donc
choisi, samedi 5 avril, à l'unanimité, de retenir l'offre de Numéricâble et sa
maison mère Altice au détriment de celle de Bouygues. Bien que Patrick Drahi
ait proposé lui aussi de mettre sur la table 15 milliards d’euros, comme
Bouygues, selon les informations de WanSquare, les dirigeants de Vivendi ont
préféré le schéma où ils auront 20 % du nouvel ensemble, 13,5 milliards de
trésorerie, un earn-out important et surtout un risque d’exécution faible sur le plan des questions
d’anti-trust. Car pendant six mois la commission européenne va être aux abonnés
absents. Cela signifie qu’il faudrait attendre au moins un an pour avoir un avis
de Bruxelles sur cette opération. Un avis qui tiendra compte de la
jurisprudence Telefonica-KPN en cours en Allemagne. Par ailleurs il n’est pas
certain que Vincent Bolloré ait voulu recevoir le plus de cash possible alors
que vivendi n’a toujours pas closé l’opération Maroc Telecom. Un conglomérat
décoté, plein de cash et non contrôlé attirerait très vite les convoitises. Ce
que Vincent Bolloré veut éviter.
LISSOWSKI SACRIFIE A LA CNP
L’autre grand dossier de la semaine a concerné Lafarge,
puisque les géants français Lafarge et suisse Holcim ont confirmé vendredi des
rumeurs de marché en annonçant être en discussions avancées pour
un possible rapprochement. Selon les informations de WanSquare, les
négociations ont commencé il y a près de deux mois. Elles sont fondées sur les
principes d’une fusion entre égaux, précise Lafarge en soulignant qu’aucun
accord n’a encore été conclu et qu’ il n’existe
aucune certitude que ces discussions mèneront à un accord définitif. Une prudence
qui s’impose lorsque l’on parle d’une opération qui concerne les numéros un et
deux mondiaux des matériaux de construction, devant le mexicain Cemex. La
fusion d’Holcim constituerait un géant de quelque 30 milliards d’euros, sous
réserve des cessions qui pourraient intervenir afin d’anticiper les remarques
inévitables des Autorités anti-trust. Lafarge est conseillé dans ces
discussions par Rothschild et par les frères Zaoui.
Enfin c’est mardi que l’on devrait connaître le nom du
nouvel adjoint de Bernard Spitz à la tête de la FFSA, en replacement de Jean
François Lequoy parti chez Natixis. Il est beaucoup question de voir atterrir à
ce poste Antoine Lissowski, le numéro deux de la CNP qui est en différent
stratégique sur le dossier BPCE avec son directeur général. Frédéric Lavenir
aurait donc décidé, de s’en séparer, depuis plusieurs semaines. Mais
Jean-Pierre Jouyet, le directeur général de la Caisse des Dépôts, principal
actionnaire de la CNP, tient à ce qu’Antoine Lissowski ait le droit à une
sortie honorable. D’autant qu’il a eu d’importantes fonctions à la Caisse
autrefois. Ce pourrait être la FFSA où il est en rivalité avec une dizaine de
candidats. Réponse après-demain.
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