WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

éditorial / Yves de Kerdrel

éditorial
Yves de Kerdrel

éditorial
François Hollande fête le premier anniversaire de son élection dans un climat toujours très tendu.
par Yves de Kerdrel

C'est un séminaire gouvernemental prévu ce lundi qui sera le point d'orgue de ce premier anniversaire de l'élection de François Hollande. Histoire de clarifier la politique économique, de limiter les couacs, et de recréer un climat de confiance avec les patrons. Ce qui n'a pas pu être fait avec les assises de l'entrepreneuriat.
05/05/2013 - 07:43 Temps Lecture 7 mn.
François Hollande a donc décidé de s'adresser aux français le jeudi 16 mai prochain. Soit un an, jour pour jour, après son intronisation comme Président de la République et six mois après sa précédente conférence de presse. Cela signifie que pendant encore dix jours les français vont attendre un cap clair, des choix sur les retraites, sur les dépenses publiques et sur la nécessaire stabilité fiscale pour les entreprises. Bien sûr de manière à apaiser le trouble ambiant Jean-Marc Ayrault est missionné ce soir pour faire un peu de pédagogie à l'occasion du journal de 20 heures de TF1. Mais même à gauche on considère que c'est un pis-aller, tant la parole du Premier Ministre est décrédibilisée. Si le Président de la République a choisi d'aller au feu, c'est parce que sa rencontre de lundi dernier avec les entrepreneurs n'a pas permis de lever le climat de méfiance qui règne entre l'exécutif et les créateurs de richesses depuis l'été dernier. La meilleure preuve, c'est que dés le lendemain de cette opération de communication, agrémentée de quelques mesures fiscales il était à nouveau question de l'amendement Florange qui pourrait amener des entreprises voulant fermer des sites à les céder plutôt qu'à les clôturer. Une mesure qui ressemble, sans en porter le nom à l'interdiction des licenciements boursiers. UNE INTERVENTION TARDIVE En principe le 16 mai François Hollande devrait donc chercher à sortir de l'ambiguïté. Mais beaucoup, à gauche, redoutent que cela soit trop tard, compte tenu de l'importance de la contestation au sein de l'aile gauche du PS. Cette frange qui s'illustre actuellement par une nouvelle forme d'euroscepticisme, par une franche germanophobie, et par un keynésianisme sans limite. Dans ce contexte, l'ambiance à l'Élysée reste très tendue. Et il est devenu courant que le Président de la République appelle à 2 heures du matin son vieux complice Jean-Pierre Jouyet pour prendre des conseils avisés. C'est dans ce climat d'interlude que la Commission Européenne a violemment revu en baisse, cette semaine ses prévisions concernant la zone euro. Sur l'ensemble des États-membres de l'union monétaire, Bruxelles prévoit désormais une contraction de 0,4 % du produit intérieur brut (PIB) cette année, contre 0,3 % dans ses dernières prévisions, et sur une croissance de 1,2 % en 2014. Conséquence, les finances publiques des 17 membre de la zone euro devraient accuser un déficit de 2,9 % du PIB cette année et de 2,8 % l'an prochain (après 3,7 % en 2012. Concernant la France, Bruxelles anticipe désormais une récession de -0,1 % comme le FMI, alors que Pierre Moscovici table toujours sur une croissance de 0,1 %. L'AFFAIRE DAILY MOTION C'est surtout en matière budgétaire que les prévisions européennes sont sévères. Le gouvernement français prévoit toujours, dans son programme de stabilité, de réduire le déficit à 3,7 % fin 2013 (après 4,8 % fin 2012) puis à 2,9 % fin 2014. Ce que conteste Didier Migaud. Les prévisions de l'Union Européenne pour la même période sont de 3,9 % et à 4,2 %. De fait Bruxelles est d'accord pour accorder un délai de deux ans à la France afin qu'elle revienne dans les clous. Ce qui pourrait être un cadeau empoisonné. Cela ne devrait pas empêcher la France de durcir une nouvelle fois l'impôt sur les sociétés l'an prochain, de manière à trouver 6 milliards de recettes fiscales supplémentaires à mettre en regard de 18 milliards d'économies en matière de dépenses publiques. Enfin le troisième fait marquant de la semaine dans le brouillage qui s'est installé entre l'Élysée ou Bercy et les entrepreneurs, c'est l'affaire Daily Motion, qu'Arnaud Montebourg a réussi à transformer en une opération de vendetta anti-France Télécom. Alors que l'opérateur de télécoms ne cherche qu'à trouver un allié international afin de doper le développement de cette pépite. Dans ces conditions, même les offres de dernière minute formulées par Vivendi (propriétaire de SFR) et par Le Monde (avec Xavier Niel, actionnaire de Free, en arrière-plan) ont peu de chances d'aboutir. En dépit du lobbying qui sera fait à Bercy. Quant à Stéphane Richard, il recherche toujours un actionnaire étranger et plutôt américain. Car c'est aux États-Unis que se trouve la clé du développement de Daily Motion. LES ACTIONS DOPEES PAR LES BANQUES CENTRALES Tout cela intervient à un moment où Stéphane Richard est fragilisé par les scories de l'affaire Tapie. Et bien qu'il ait appartenu au cabinet de Dominique Strauss-Kahn, il y a désormais peu de gens à l'Élysée ou à Bercy pour prendre sa défense. A cela s'ajoute une contestation interne provenant des ingénieurs télécoms qui ont du mal à admettre que le patron d'Orange ne soit pas l'un des leurs. Ce qui ne l'empêche pas de tenir bon dans l'affaire Daily Motion et de défendre avant tout l'intérêt social de son entreprise. La grande surprise de la semaine vient de la nouvelle hausse des marchés d'actions. Si bien que le CAC 40 s'approche doucement des 4.000 points. Cela est la conjonction de la baisse des taux opérée par la BCE et des bons chiffres du chômage américain. Deux éléments qui autorisent un peu plus d'appétence au risque. La meilleure preuve en est que selon les informations de WanSquare, 23% des banques centrales ayant des réserves de change à investir, disent qu'elles détiennent ou vont augmenter la part des actions dans leurs réserves. Les banquiers centraux n'ont pas le choix, car non seulement leurs réserves de change ne cessent d'augmenter (+8,5 trillions de dollars en 10 ans) excédant largement leur besoin de capitaux pour la gestion de leur monnaie au jour le jour, mais en plus les taux d'intérêt étant maintenant, pour la plus part des pays, inférieurs à l'inflation du pays, l'achat d'obligations souveraines dévalue leurs réserves. Dés lors ils cherchent des placements alternatifs offrant un meilleur rendement. " L'inflow " sur les actions américaines a été de 21,5 milliards de dollars au cours du seul premier trimestre, soit la meilleure performance depuis 2004. On comprend mieux pourquoi les indices américains ont pris environ 10% sur la période. Depuis la Banque du Japon a dit qu'elle allait elle aussi se mettre à acheter des actions, ce qui ne peut qu'accroitre le mouvement. Ce n'est donc pas maintenant que les marchés vont baisser, en tout cas pas tant que les taux d'intérêt resteront aussi bas, des deux côtés de l'Atlantique. BOLLORE SE COUVRE SUR VIVENDI La semaine qui vient s'annonce naturellement calme avec quelques rares assemblées générales comme celles d'Areva, d'Alcatel, de Lafarge ou d'Eurazeo. L'assemblée de Vivendi de la semaine dernière, s'est déroulée comme prévu, dans un climat tendu avec des actionnaires individuels très remontés. Son principal actionnaire, Vincent Bolloré, a confirmé 48 heures plus tard, ce que WanSquare révélait dans ces colonnes il y a une semaine. A savoir que son groupe a mis en place un financement, pour 463 M?, qui pourrait conduire à la cession de 28 millions de titres Vivendi (sur les 66 millions détenus) au premier semestre 2015, à 16,54 ? par action. Sur toute la période de ce nantissement, Bolloré renonce aux dividendes Vivendi. Au début 2015, Bolloré aura le choix de rembourser cet emprunt, soit en payant cash la valeur de ces titres à l'échéance, soit en les livrant. C'est donc comme il se couvrait contre une baisse du cours sur les deux prochaines années, sur 42% de sa position.
précédents ÉDITORIAUX
précédents
ÉDITORIAUX

Éditorial / Yves de Kerdrel

Éditorial / François Hollande va tenter, cette semaine, de renouer avec une communauté des affaires de plus en plus inquiète.

28/04/2013 - 07:48

Éditorial / Yves de Kerdrel

Éditorial / Seul le mariage gay tient encore la majorité

21/04/2013 - 07:46