éditorial
Tout sourit à Sarkozy... y compris le PS coupé en deux !
par Yves de Kerdrel
Le Président de la République ne boude plus son plaisir - du moins en privé - avec un G8 réussi, des chiffres du chômage en amélioration régulière, une UMP apaisée, des sondages qui commencent à frémir, et surtout un Parti Socialiste qui se divise de plus en plus entre les supporters de Martine Aubry, et ceux de François Hollande.
29/05/2011 - 07:53

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Nicolas Sarkozy qui avait gardé un silence prudent, lors des premiers jours suivant l'affaire DSK, s'autorise aujourd'hui quelques commentaires. En public, on l'a vu lors du G8, où il a partagé l'étonnement des français à l'égard des propos tenus par Jack Lang, Jean-François Kahn, mais aussi BHL ou Robert Badinter. En privé aussi, en déclarant que la gauche a perdu son seul candidat "noté Triple A" faisant référence à la confiance que DSK inspirait auprès de la communauté financière.
Le locataire de l'Elysée, s'il évite de le montrer, est malgré tout sur un petit nuage depuis quelques semaines. La grossesse de Carla, installée avec talent dans l'esprit des français, sans qu'il n'y ait eu aucune communication officielle. La déflagration intervenue à gauche, qui se poursuit avec l'effet désatreux qu'a dans l'opinion la débauche de moyens financiers mobilisés pour la défense - et l'hébergement - de DSK. Les bons résultats économiques avec un chiffre de croissance très supérieur aux prévisions pour le premier semestre, des estimations revues en hausse cette semaine par l'OCDE (+ 2,2 % pour 2011), et surtout une tendance favorable sur le front de l'emploi. Et le contraste que donnent les situations comparées de l'UMP et du Parti Socialiste.
DEJEUNER BERTRAND-COPE
Le Conseil National de l'UMP qui s'est tenu hier a été une démonstration d'unité retrouvée après les couacs intervenus au début de l'année. François Fillon et Jean-François Copé - que l'on dit toujours dans des relations de méfiance - ont fait assaut d'amabilités réciproques. Surtout le patron du parti majoritaire a réussi "à faire la paix" avec les ténors de la droite qui lui étaient notoirement hostiles. Notamment Nathalie Kosciusko-Morizet, Laurent Wauquiez, qu'il a défendu dans la polémique autour de l'assistanat, Nadine Morano et surtout Xavier Bertrand, son prédecesseur à la tête de l'UMP. Les deux hommes devraient déjeuner ensemble chez Thiou - cantine des politiques - le 22 juin prochain, au lendemain d'une convention du parti majoritaire sur les femmes, à laquelle participera le Ministre du Travail et de l'Emploi.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que le Parti Socialiste ne donne pas l'image d'une sérénité équivalente. Les couteaux sont clairement sortis, à l'instigation de Laurent Fabius qui ne lésine pas dans ses attaques contre François Hollande. L'ancien Premier Ministre, qui porte un lourd contentieux personnel avec le député de la Corrèze, depuis le référendum sur le traité constitutionnel Européen, ne ménage pas ses forces pour faire de Martine Aubry la candidate légitime de la Rue de Solférino. Une intervention au 20 heures de TF1, puis une interview dans les colonnes du Monde, sans compter les manoeuvres occultes que lui permettent la direction d'un groupe d'experts chargé de lister les mesures à prendre lors de la première année de mandat d'un président socialiste. Le "Tout Sauf Hollande" est bien en marche, même si des personnalités comme Jérome Cahuzac ou Gérard Collomb, refusent de s'y associer.
INTERIM RUE DE SOLFERINO
Une chose est certaine aujourd'hui : Martine Aubry va se porter candidate dans les jours qui viennent de manière à éviter que François Hollande poursuive son ascension tranquille dans les sondages. Ce qui pose d'emblée la question de la direction du Parti Socialiste qu'elle devra abandonner. Laurent Fabius se verrait bien assurer l'intérim. Mais son impartialité est naturellement plus que sujette à caution. La Maire de Lille souhaite que ce soit Harlem Désir qui la remplace. Mais même chez ses amis, l'ancien patron de SOS Racisme est loin de faire l'unanimité. Autant dire que le PS n'a pas fini de se déchirer, à la fois, dans le cadre des primaires, et pour se trouver un leader provisoire.
Il ne faut pas croire pour autant que tout est comme un long fleuve tranquille à Droite. Selon les informations de WanSquare, Jean-Louis Borloo devrait annoncer d'ici l'été s'il va ou non jusqu'à la candidature. L'intéressé s'est convaincu que, pour avoir une chance de faire un score honorable, il lui faut démarrer très tôt. Mais pour l'heure, il n'a pas encore pris sa décision. Notamment parce que les députés centristes qui le soutiendraient, pourraient ne pas se voir investis par la majorité, à l'occasion des législatives qui suivront l'élection présidentielle.
PAS DE NOUVEAU 21 AVRIL
Pour l'heure, la plupart des études d'opinion - il y en a eu cinq au cours de la semaine écoulée - montrent un plafonnement de Marine Le Pen un peu au dessus de 20 %, un Nicolas Sarkozy autour de 21 à 23 % et un Dominique de Villepin à 7 %. Selon les confidences faites par l'un des membres du petit-déjeuner de la majorité du Mardi, la vraie place de Nicolas Sarkozy se situerait plutôt autour de 25 voire de 27 %, notamment en cas de neutralisation de Villepin. C'est dire si, contrairement à ce que l'on laisse croire à gauche, la majorité présidentielle ne se situe pas du tout, pour le moment, dans la perspective d'un nouveau 21 avril, qui placerait la candidate du Front National au second tour.
INQUIETUDES EUROPEENNES
Du côté des affaires économiques, l'actualité des toutes prochaines semaines va rester dominée par la crise des dettes souveraines en Europe, surtout après le "changement de pied" du FMI intervenu en fin de semaine dernière. D'autant qu'Angela Merkel, qui est de fait, le prêteur en dernier ressort, des pays européens, a de plus en plus de mal avec son opinion publique. Mais d'un autre côté le mouvement "des indignés" en Espagne commence à inquiéter Paris et Berlin, qui redoutent un phénomène de contagion dans d'autres pays européens, même moins éprouvés par la crise que l'Espagne.
Par ailleurs, côté entreprises, le point d'orgue de cette courte semaine de l'ascension, va être l'assemblée générale des actionnaires d'Hermès, avec sans doute une intervention de Colette Neuville. Egalement l'assemblée de Wendel, qui sera plus calme que la réunion des seuls actionnaires familiaux, dans les jours qui suivront. Enfin l'assemblée de PSA-Peugeot-Citroën, devrait être l'occasion pour Philippe Varin de préciser de quelle manière les évènements japonais perturbent ses approvisionnements en équipements automobiles. Rien qui soit de nature à faire repasser le CAC 40 au dessus des 4.000 points.
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