éditorial
Nicolas Sarkozy enraye sa chute... et le PS paralysé par "l'affaire DSK"
par Yves de Kerdrel
La cote de popularité du Président de la République commence à remonter nettement. Ce que vont venir amplifier les chiffres de la croissance et le débat sur l'assistanat. De son côté Dominique Strauss-Kahn est désormais hors-course, après son arrestation nocturne à New-York. Ce qui place, de facto, François Hollande en candidat naturel du PS.
15/05/2011 - 08:27

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En l'espace de quelques minutes, tout le jeu politique français vient d'être rebattu. En dépit de la nécessaire présomption d'innocence, DSK est depuis quelques heures en état d'arrestation dans un commissariat de Harlem où il devrait être inculpé "d'agression sexuelle, de tentative de viol et de séquestration". Le Directeur général du FMI plaidera non coupable et son statut va lui permettre de retrouver une liberté conditionnelle. Mais personne, dans son entourage proche, ne voit ce matin, comment il peut continuer à participer à l'aventure présidentielle française.
Depuis l'affaire de la Porsche, DSK, qui était attendu à Paris ce week-end, pour une réunion à Bruxelles demain sur la crise grecque, semblait très nerveux au point d'attaquer France Soir pour une affaire de prix de costume, assez éloignée des fonctions qu'il occupe ou qu'il brigue. Le Directeur Général du FMI va tenter de se victimiser auprès de l'opinion. Mais, probablement, les éléphants du PS vont lui conseiller de se placer "hors-jeu". Ce qui fait désormais de François Hollande le candidat naturel du parti et de Martine Aubry une candidate de "remplacement". Depuis quelques jours, à cause de la situation en Grèce qui devenait gênante pour DSK, le PS bruissait de rumeurs sur un report du calendrier des primaires.
LE PSYCHODRAME DE L'ASSISTANAT
Contrairement à ce qu'a pu laisser croire le "psychodrame" créé par les propos de Laurent Wauquiez sur l'assistanat "cancer de notre société", l'ambiance était au beau fixe cette semaine à l'Elysée. Bien sûr Nicolas Sarkozy a reçu le jeune ministre pour le tancer. Du moins officiellement. En fait la teneur de l'entretien a été plus qu'amicale. Le seul reproche du Président de la République, qui avait dit de lui quelques jours plus tôt : "il n'est pas interdit d'être intelligent quand on est libéral", a été de lui faire remarquer qu'il avait "plombé" cette thématique de l'assistanat dont il avait prévu de faire l'un des piliers de sa campagne de 2012.
A l'inverse de ce qui a été dit, jamais le locataire de l'Elysée n'a songer à se séparer de son ministre. D'autant que cela fait plusieurs semaines que Laurent Wauquiez avait prévu de faire cette "sortie." Quant à François Fillon, que Roselyne Bachelot avait tenté de monter contre celui qu'elle qualifie "d'ennemi numéro un", il a même été jusqu'à souligner, sur TF1, jeudi dernier, son affection à l'égard du plus jeune des ministres.
NOUVELLE INTERVENTION DE WAUQUIEZ
La mansuétude de l'éxécutif a trouvé son explication dans le sondage publié vendredi matin dans Le Figaro. Cette étude, réalisée par Opinion Way a montré que 67 % des français approuvaient les propos de Laurent Wauquiez. Mieux que cela 55 % des sondés, déclarant voter socialiste, se déclarent sur la même longueur d'ondes. Ce qui risque d'être très gênant pour tous les éléphants de la Rue de Solférino qui se sont empressés de pousser des cris d'orfraie et de monter au créneau pour défendre une société d'assistance.
Ce débat n'est sûrement pas terminé puisque mardi prochain la Fondation pour l'Innovation politique, proche de l'UMP, organise un débat sur le lien social et la solidarité avec comme "guest-speakers" Nathalie Kosciusko-Morizet et Laurent Wauquiez, mais aussi Roselyne Bachelot, et Bruno Le Maire, le rédacteur du projet de Nicolas Sarkozy pour 2012. Selon les informations de Wansquare, il y a deux jours encore, NKM et Roselyne Bachelot hésitaient à annuler leur participation à cette soirée. Mais encouragées par Matignon, et soucieuses de ne pas afficher de signes de division au sein du gouvernement, elles ont confirmé, toutes deux, leur présence. Parmi les intervenants sont également annoncés Pierre Méhaignerie et le sociologue Serge Paugam, qui a fait des déclarations très virulentes, la semaine passée, à l'égard de Laurent Wauquiez.
LE COUP DE FIL DE COPE
Le même jour Nicolas Sarkozy devrait se rendre en Meurthe et Moselle pour y intervenir sur le thème du travail des seniors et celui du développement de l'emploi. A cette occasion le Président de la République devrait sonner la fin - temporaire - du débat ouvert par Laurent Wauquiez sur les multiples trappes à inactivité que génère un assistanat trop généreux.
Enfin le lendemain, Jean-François Copé devrait intervenir à son tour, dans le cadre très élitiste des dîners de la Revue des Deux Mondes organisés par Marc de Lacharrière. Le patron de l'UMP a bu du petit lait en découvrant les propos de Laurent Wauquiez. Les deux hommes, qui étaient en froid depuis quelques mois, ont trouvé là, matière à réconciliation. Jean-François Copé a passé un coup de fil discret au Ministre des Affaires Européennes, et a ainsi renoué le contact avec lui.
LA SHORT-LIST D'AREVA
Au chapitre économique la semaine a été marquée par le très bon chiffre de la croissance pour le premier semestre ; le meilleur depuis cinq ans. Bien sûr cet indicateur a été en grande partie "boosté" par la reconstitution des stocks. Bien sûr l'effet de base est très positif. Il n'empêche que personne ne s'attendait à un chiffre aussi favorable. Ce qui redonne du crédit aux prévisions de 2 % pour 2011 "vendues" depuis six mois par le gouvernement, et assumées par Christine Lagarde. On remarquera que les commentaires les plus perfides sur ce chiffre de croissance sont justement venus de Dominique Strauss-Kahn, qui a attribué cette amélioration de la conjoncture hexagonale à un meilleur environnement international. Ce qui montre que le match DSK-Sarkozy a bel et bien commencé.
La communauté des affaires attend toujours la nomination du futur patron ou de la future patronne d'Areva. La désignation d'Isabelle Kocher, à la direction financière de GDF Suez oblige à rayer un nom sur la short-list. La candidature de Jérome Pécresse, auquel Gilles Michel mène la vie très dure chez Imérys, tente Nicolas Sarkozy, en dépit du problème lié à la nomination à ce poste du mari d'une de ses ministres. Celle de Marwan Lahoud est toujours en course. Et Anne-Marie Idrac demeure un outsider plus que crédible. Résultat des courses, juste avant la date butoir du 29 juin.
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