WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

éditorial / Yves de Kerdrel

éditorial
Yves de Kerdrel

éditorial
Tout s'accélère pour Sarkozy et Hollande... contre DSK
par Yves de Kerdrel

Le Président a repris la main. Ses déplacements en Province commencent à payer. Et ce n'est pas un hasard s'il s'est retrouvé à Egletons avec François Hollande. Il veut aider ce dernier à devenir son opposant naturel. Afin de décourager un DSK, qui est plus désemparé que déterminé.
01/05/2011 - 08:49 Temps Lecture 6 mn.
Cette courte semaine politique a été riche en évènements, et en morceaux de puzzle qui sont venus s'ajouter pour préfigurer ce que va être cette période préélectorale. Les deux faits marquants de la semaine ont été d'une part la visite de Nicolas Sarkozy sur les terres de François Hollande et le séjour, rempli de consultations, de DSK à Paris. Après avoir fermé le volet du débat sur la laïcité, et du débat sécuritaire en remettant au goût du jour la question du pouvoir d'achat, Nicolas Sarkozy a décidé de tout mettre en oeuvre pour aider François Hollande à conquérir ses galons de présidentiable. C'est pour cette raison qu'a été improvisée la visite du Chef de l'Etat sur le Plateau de Millevaches, en compagnie de Bernadette Chirac. STATUT DE CHALLENGER Si l'ancien premier secrétaire du PS n'est pas dupe du jeu joué par le locataire de l'Elysée, il a tout de même largement donné le change, car il sait bien qu'un tel face à face le renforce dans le statut de challenger naturel. La veille de ce déplacement en Corrèze, François Hollande tenait son premier meeting à Clichy-la Garenne sur des thèmes très sociaux. Tout cela juste avant une batterie de sondages qui devaient être menés à la veille du week-end pour une publication dans les hebdomadaires de cette semaine. Il faut donc s'attendre encore une fois à une nette hausse de la cote de popularité du député de Corrèze. Prenant conscience, un peu tardivement, que son dîner, dans le très conservateur cénacle de l'Afep, auprès des patrons du CAC 40, aurait été du plus mauvais effet quand François Hollande tenait meeting dans un gymnase de banlieue, DSK a reporté, à la dernière minute, son intervention (et non annulé). Cela prouve l'état de désorganisation de l'équipe qui entoure le directeur général du FMI. Avec d'un côté ceux que l'on appelle "la bande d'Euro RSCG" et de l'autre les amis politiques comme Cambadélis, Moscovici, voire Fabius. DONNER DE L'AIR A SEGOLENE Ce dernier continue ses efforts pour recruter un groupe de travail afin de préparer la litanie des mesures à prendre dans les toutes premières semaines d'un nouveau mandat en cas d'alternance. Pour ce faire, l'ancien premier ministre puise dans trois réservoirs distincts : les élus, les technos ou experts et les représentants de la société civile ou les proches de Laurent Fabius. Des conversations que DSK a eues avec Martine Aubry (deux rencontres au lieu d'une initialement prévue !) d'une part et Laurent Fabius de l'autre, rien n'a débouché sur quelque chose de concret en dehors de deux idées forces. La première c'est de reporter une éventuelle décision à la fin mai après le sommet du G 20, pour une déclaration de candidature entre le 15 et le 28 juin. Ce qui fait implicitement le jeu de François Hollande qui peut poursuivre tranquillement sa montée en puissance et son installation, comme seul candidat naturel. La seconde décison prise en commun avec Martine Aubry a consisté à redonner de l'air à Ségolène Royal, afin qu'elle gêne les affaires de François Hollande, et qu'elle grignote une partie de son "électorat" potentiel. L'ENJEU MAJEUR DE L'EMPLOI Mais d'autres visiteurs ont aussi alerté DSK sur le grand risque qu'il court à voir sa popularité s'effondrer dés lors qu'il entrera dans l'arêne. Et finalement à faire le plus mauvais score au moment des primaires, lorsque ne voteront que les sympathisants du PS et même pas les centristes. Ce qui ne l'empêche pas de s'atteler lui aussi à un régime (déjà 5 kilos en moins) et à opter pour des implants capillaires...! Cette indécision ajoutée à la désorganisation du clan DSK redonne le moral à droite. D'autant que, comme nous l'avions envisagé, la semaine passée, la baisse du chômage s'est poursuivie et même amplifiée en mars. Le pari de Xavier Bertrand de faire reculer de 1 % le taux de chômage en l'espace d'un an paraît désormais bien parti. Or l'emploi reste au premier rang des préoccupations des français devant le pouvoir d'achat. TENSIONS INFLATIONNISTES A ces bonnes nouvelles, il va peut-être falloir ajouter une rubrique "carnet rose" compte tenu de la grossesse que Carla Bruni-Sarkozy devrait laisser apparaître implicitement demain, dans le Parisien, à travers un entretien avec un panel de français. Pour des raisons liées à l'actualité, la publication de cet entretien qui devait avoir lieu samedi, a été repoussée à ce lundi. La première dame de France confirmerait ainsi des informations que publie la presse britannique depuis une dizaine de jours. Du côté des entreprises, l'heure est toujours à la prudence parmi les entreprises du CAC 40 qui font toutes ressortir dans leur publications du premier trimestre des phénomènes de hausses des prix bien plus importants que prévu. Cet effet inflationniste ajouté à une croissance américaine moins importante qu'anticipé ne laisse aux très grandes entreprises que deux solutions pour l'utilisation de leurs 200 milliards d'euros de trésorerie : des développements dans les pays émergents et des rachats d'actions. Ceux-ci ne cessent de s'accentuer depuis un mois. VEYRAT MET EN PISTE IMPALA Il y a bien eu, la semaine passée de belles opérations de croissance externe, comme celle de SunPower par Total ou le rachat de l'activité mortalité de Transamerica par la Scor. Mais elles restent mineures, tout autant que dans le private-equity. Après la réélection de Jean-Cyril Spinetta à la têtte du conseil de surveillance d'Areva, la situation personnelle d'Anne lauvergeon parait s'éclaircir. En fait, selon nos informations, les jeux restent très ouverts. L'Elysée est toujours décidé à se séparer de "Atomic Anne". Le problème c'est que Fukushima a changé la donne de cette industrie dans le monde. Et les différents candidats retenus dans la short-list, qui ont été recontactés par le Château, montrent peu d'enthousiasme à devoir gérer un groupe, désormais sous tutelle d'EDF, et "plombé" par un "hiver nucléaire". L'autre évènement des jours à venir, sans doute autour du 15 mai, va résider dans le départ officiel de Jacques Veyrat du Groupe Louis-Dreyfus. Ce dernier devrait se replier sur sa riche holding personnelle dénommée Impala, qui pourrait reprendre certaines activités de trading et de gestion pour compte propre du groupe. Mais à cette heure, les modalités de cette séparation sont encore en discussion. Quant à Margarita Louis-Dreyfus, elle a décidé de remplacer David de Rothschild et Antoine Frérot, par deux personnes de son clan. Ce qui risque d'étouffer un peu ce groupe, même si le projet de cotation à Hong Kong de l'activité "commodities" est plus que jamais d'actualité.
précédents ÉDITORIAUX
précédents
ÉDITORIAUX

Éditorial / Yves de Kerdrel

Éditorial / DSK patine, Hollande avance et Sarkozy part en campagne

24/04/2011 - 07:50

Éditorial / Yves de Kerdrel

Éditorial / L'horizon s'éclaircit pour Sarkozy... mais pas pour DSK !

17/04/2011 - 08:00