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L'Espagne n'est pas l'Italie !
Le Sud de la zone euro traverse une zone de turbulences politiques pour le moins mouvementée. Après les derniers rebondissements en Italie, où la coalition populiste Cinq Etoiles et La Ligue a finalement trouvé hier un gouvernement qui convienne au Président de la République, le Parlement espagnol a de son côté voté ce matin la motion de censure proposée par le parti socialiste PSOE. Le Premier ministre Mariano Rajoy, au pouvoir depuis 2011 a donc été destitué, coulé par un immense scandale de corruption au sein de son parti. Une page de l'histoire politique espagnole se tourne, alors que le désormais ex-Premier ministre a permis à son pays de surmonter une crise économique des plus violentes, grâce à des réformes et un programme d'austérité sans précédent, qui ont aidé l'Espagne à se remettre sur le chemin de la croissance.
C'est d'ailleurs sans doute pour cette raison que les marché n'ont pas réagi à l'annonce de la destitution de Rajoy : en milieu d'après-midi le taux à dix ans des obligations espagnoles reculait de 5,14%, à 1,15%, tandis que le principal indice de la Bourse espagnole, l'Ibex prenait plus de 2%. Pas d'affolement des investisseurs donc puisque malgré les perturbations politiques qui s'annoncent, le pays possède des bases économiques solides. L'ex-Premier ministre est en effet parvenu à faire valider la semaine dernière un budget crédible, qui devrait ramener le déficit espagnol autour de 2,5% du PIB dès cette année. Le pays a par ailleurs affiché une croissance supérieure à 3% sur chacune des trois dernières années, caracolant en tête des pays de la zone euro. Le taux de chômage, principal point noir du pays devrait donc progressivement se réduire, soutenu par les bonnes perspectives économiques du pays. S'il est encore situé à 16%, il n'a cessé de régresser depuis janvier 2014, où il atteignait encore plus de 25%.
Des fondamentaux assainis donc par rapport à 2012 et qui, à la différence de l'Italie, devraient aider l'Espagne à surmonter d'éventuelles élections anticipées. Selon la plupart des analystes en effet, le nouveau chef du gouvernement Pedro Sanchez, à la tête du parti socialiste PSOE, ne devrait pas parvenir à former une majorité suffisamment stable pour rester à la tête du pays : "Son règne devrait être de courte durée. Car s'il a réussi sans difficulté à réunir une majorité autour de lui pour faire voter une motion de censure, réussir à rassembler suffisamment de députés pour gouverner est une autre affaire", explique ainsi Ioannis Sokos, stratégiste chez Nomura à Londres. L'économiste n'est pourtant pas préoccupé par le cas espagnol, du moins pour le moment : "Les sondages les plus récents montrent que le Ciudadanos, très europhile et anti-séparatiste, est en tête, suivi du parti populaire", affirme ainsi Ioannis Sokos. Sachant que les deux autres partis en tête des sondages (le PP et PSOE) sont également opposés à la cession de la Catalogne et la sortie de l'euro, deux sujets susceptibles de faire paniquer les marchés. "Enfin, Pedro Sanchez a affirmé qu'il respecterait le budget voté par l'ancien parlement", conclut le stratégiste.
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